Critique de concert Mark Knopfler


Nous sommes accueillis devant les arènes de Nîmes par un petit jeune, qui en sait à peu près autant que nous sur la sécurité de la soirée. Bien sympathique pourtant, il nous accompagnera jusqu’à l’entrée, nous demandant au passage qui est le gars qui joue ce soir. Avouons que Mark Knopfler ne fait plus autant parler de lui qu’il y a une vingtaine d’années, lorsque son groupe, Dire Straits faisait partie des formations les plus en vue. J’ai moi même écouté assidûment leurs dernières productions, ainsi que les premiers enregistrements solo de la tête d’affiche de la soirée. Ma photographe de choc a elle grandi avec les albums précédents. Nous connaissons donc la richesse des styles susceptibles de nous êtres présentés.

Du fait du trajet, du temps nécessaire pour se garer et de la difficulté à obtenir nos places, nous manquerons malheureusement la première partie de la soirée. C’est donc confortablement assis que je contemple des sièges à perte de vue, dans ce qui constituait la fosse lors de ma précédente excursion dans les arènes pour Nine Inch Nails. Le décor est donc le même, mais l’ambiance n’a absolument rien à voir, le parterre étant en immense majorité composé de quadras, quincas voire plus si affinités.

La formation fournie avec pléthore d’instrumentistes fait donc son entrée sur scène alors que le vent souffle fort. L’ambiance celte de la soirée est donc posée avec le titre d’ouverture du dernier album du guitar hero anglais, intitulé Border Reiver. La flûte et le violon battent leur plein, de même que la guitare acoustique. Des morceaux un peu plus connus et que je qualifierais de country –pardonnez moi si je mets une étiquette trop réductrice- suivent parmi lesquels What it is où l’on entend vraiment bien LE son de Monsieur Knopfler. Ce son claquant, tout en hammer-ons et en notes étouffées fait vraiment plaisir à entendre. Même diminué, en raison d’un mal de dos qui le garde assis, le guitariste vedette de la soirée délivre déjà les jolis soli qui ont fait sa légende. Sa voix rocailleuse de vieux bluesman blanc fait également des merveilles. On peut fermer les yeux, aucun doute n’est possible c’est bien notre homme, reconnaissable entre mille.

Le public, sans doute composé d’amateurs de belle musique n’est pas bien démonstratif, c’est peu de le dire. Il se réveille régulièrement à chaque fois qu’un titre de Dire Straits est joué. Cela en est même parfois un peu ridicule et on en viendrait à avoir de la peine pour Knopfler qui bien qu’ayant sorti plusieurs albums de qualité sous son seul nom, n’arrive visiblement à faire remuer les foules qu’avec les titres enregistrés il y a plus de 25 ans. Et pourtant la qualité musicale de l’ensemble est excellente, chacun tirant son épingle du jeu avec notamment une basse tout en finesse et une batterie plus présente. Les autres instruments apportent tous leur touche, rendant l’ensemble à la fois entraînant et émouvant. Piper to the end, qui clôturera le concert, en est certainement le meilleur exemple. Mais rien n’y fait, le style country/blues/celte fait beaucoup moins recette que le rock FM des années 80.

Les magnifiques Romeo & Juliet et l’immense Telegraph Road reçoivent donc tous les honneurs qu’ils méritent, tout comme l’incontournable Sultans of Swing. Les parties musicales sont à tomber et les soli de véritables moments de bravoure, tous en nuances et en toucher. Ce son est décidément inimitable, qu’il joue sur Strat ou Les Paul, notre homme garde son style si particulier. Cela dit, les autres morceaux du super groupe des années 80 joués ce soir, n’ont pas la même résonance à mes oreilles. Brother in Arms ne m’a jamais emballé et son interprétation réussie avec un solo magistral ne changera que très peu mon avis à son sujet. Il est par ailleurs difficile de trouver un meilleur représentant du rock fade et aseptisé des années 80 que So Far Away.

Cela étant dit, nous ressortons cette si belle enceinte frigorifiés, le vent s’en étant donné à cœur joie, mais avec un grand sourire. Nous avons assisté à une très bonne représentation mélangeant des styles variés, ayant tous pour point commun un guitariste majeur constamment impressionnant de justesse et d’émotion. La qualité de la musique, toujours mélodieuse, qui nous a été servie, était tout simplement excellente. Il est toutefois dommage que le son ait parfois été un poil trop élevé, notamment pour certaines notes aiguës quelque peu agressives, et que le public ne se soit manifesté que par brefs épisodes.
Setlist :
Border Reiver
What It Is
Sailing to Philadelphia
Prairie Wedding
Hill Farmer's Blues
Romeo & Juliet
Sultans of Swing
Done With Bonaparte
Marbletown
Speedway at Nazareth
Telegraph Road
Rappel 1
Brothers in Arms
So Far Away
Rappel 2
Piper to the End
Signature : cabaskle 04/08/2010
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Photographe : syrah
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