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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Marsatac 2011


Marsatac 2011 en concert


2 étoiles, concert pas terrible

Jaime

Grand amateur de ce festival marseillais depuis plusieurs années, j’étais ravi de participer à cette nouvelle édition. Après avoir renoncé à la 1ère soirée (je l’ai regretté, mais sans ce repos, je ne sais pas si j’aurais pu être dans de bonnes dispositions pour les 2 nuits suivantes), je me dirige donc vers la Friche de la Belle de Mai en ce vendredi soir, pass 3 jours en poche. Par chance, j’arrive à me garer à proximité. C’est blindé de monde devant l’entrée et je comprends pourquoi c’était annoncé complet. Je retrouve les amis avec qui j’ai l’habitude d’assister aux concerts marseillais et nous nous dirigeons directement vers la salle de la Cartonnerie.

Stupefflip ouvrent le bal. Le démarrage est trop long, le son n’est pas au top et c’est très statique. Après quelques morceaux, ça décolle enfin, mais pas forcément comme j’aurais aimé. J’ai beaucoup écouté le dernier album du CROU et en live, je n’y retrouve quasiment aucun morceau, à l’exception du ¼ d’heure déconne 80’s avec notamment Gaelle. Pour ce qui est du rap, c’est pile poil ce que je n’y aime pas, avec des paroles sans intérêt . Stupefflip, c’est pas n’importe quoi chantent ils, et bien je me le demande vraiment. Le public extrêmement jeune adore, les paroles étant on ne peut plus simples. Je jette l’éponge au bout de 40 minutes : les transitions sont trop longues, la mise en scène mauvaise, bref je m’emmerde. Le passage au live est raté selon moi, alors que sur disques, il y a de véritables pépites : vraiment dommage !

Nous passons donc au Cabaret Aléatoire où Pigeon John entame son set. Ce concert sera sans conteste mon préféré de la soirée. Tranquillement placé au milieu de la salle, je me laisse emporter par le flow de l’américain et ses rythmes très groovy. C’est très varié, les musiciens (bassiste et batteur) et samples passés en fond sont excellents. On bouge, dodeline de la tête et on a le sourire. En plus d’exceller en rap, soul, blues parfois, le monsieur se montre très sympathique et entraînant. Je ne vois pas le temps passer et pars juste avant la fin pour aller jeter une oreille à ce qui se passe ailleurs.

Direction la scène Seita où Under Kontrol termine son concert. Nous avons toutes les peines du monde à entrer, mais réussissons finalement à nous caler près de l’entrée. Les 4 beat boxers sont en grande forme et ce quart d’heure se révèlera très plaisant, la complémentarité et l’efficacité des rythmes étant impressionnantes. Dommage de ne pas avoir pu en voir un peu plus, mais c’est aussi ça les festivals.


Les allées sont maintenant plus que blindées de monde et ça en devient même agaçant. Nous verrons la fin du set du rapper américain Xzibit. C’est plutôt bien fait, même si les basses sont trop présentes à mon goût et si cela n’est pas véritablement ma tasse de thé. Nous attendons ensuite près d’1/4 heure, en jouant des coudes pour nous faire servir un malheureux verre. L’américain Theophilus London livre ensuite une prestation plaisante, mélange de rap old school, de hard rock black avec des influences africaines. Découverte intéressante pour moi, qui mérite de se pencher sur sa discographie.
Au Cabaret Aléatoire, nous assistons au final endiablé d’Anthony Joseph où ça groove à mort, avec notamment un saxophoniste très en forme. Ca joue très très bien et la soul est d’excellente qualité avec une énergie très positive. Je creuserai aussi cet artiste.

Dans les allées, c’est désormais très difficile de circuler, les gens étant entassés, par terre ou au milieu. Je ne m’élève contre aucun d’entre eux, mais commence à me demander combien de places ont été vendues. Le comble sera atteint avec le concert des autres marseillais de la soirée, Chinese Man. Il nous a fallu 3 tentatives pour enfin réussir à entrer dans la salle de la Cartonnerie, l’arène n’étant pas des plus modestes pourtant. Le son est plutôt bon, les enchaînements des DJs et des vidéos sont très réussis. Reste que je m’ennuie vite, la chose ressemblant plus à un exercice de styles qu’à un véritable concert. On a droit au morceau reggae, au morceau africain, au morceau soul, le tout entrecoupé d’intermèdes chinoisants. A part l’aspect visuel, je ne vois pas trop l’intérêt du live, le passage du CD suffisant simplement à mon avis.
Je prends donc la direction de la sortie, content de certaines découvertes, mais abasourdi par la quantité de monde croisée ce soir.



Le lendemain, on prend les mêmes et on recommence. Une demie heure sera par contre nécessaire pour se garer, on ne peut pas gagner à tous les coups. Le public est très clairsemé à l’entrée du site et on se prend donc à rêver à une soirée plus tranquille, l’événement n’étant d’ailleurs pas annoncé complet ce soir. A la Cartonnerie, Oh ! Tiger Mountain vient d’entamer sa prestation. J’en ai beaucoup entendu parler, mais n’avais jamais eu l’occasion de l’entendre. Ce que je vois me plait, le jeune homme étant très sympathique et doté d’une très belle voix. Ses chansons folk sont réussies et l’accompagnement aux percus également. J’ai passé un moment agréable et une représentation dans une salle à taille humaine sera sans doute encore plus appréciable.

Les ayant vus il y a 2 ans chez Manu Katché, je veux entendre les lillois de Skip the use. Arrivés avant le début du show, nous avons la chance d’avoir une place au (très) chaud. D’abord réservé sur l’aspect très gros son à l’américaine, je me laisse rapidement convaincre. Mat Bastard est d’une énergie phénoménale. Certes son look boxer dépassant au ¾ de son slim est ridicule, mais qu’est ce qu’il envoie le bougre ! Ses musiciens sont au diapason et on en prend plein la tronche. L’heure passée en leur compagnie nous videra de quelques litres de sueur, mais nous fera ressortir avec une banane immense. Même leur reprise de Song 2 de Blur passera comme une lettre à la poste et dieu sait que c’est le type de chansons hyper casse gueule. Bref, une grosse claque qui fait bien plaisir.
Dehors, on constate que bien des festivaliers n’ont pas réussi à entrer dans la fournaise, car la foule semble de plus en plus compacte.

Nous nous dirigeons donc vers Cascadeur, le phénomène hype branchouille des Inroks. Je n’avais jamais rien trouvé de notable à ce chanteur masqué et sa prestation ne m’a malheureusement pas fait changer d’avis. Certes, il y a de jolies mélodies, un peu à la Polnareff, certaines montées sont plutôt jolies, mais dans l’ensemble c’est plutôt plat. La voix ne me plait pas plus que ça, je la trouve même parfois fausse. Encore un artiste très bien dans une ambiance lounge, mais qui ne passe pas dans une salle si énorme où les gens ont envie de bouger.

Les punks de The death set bougent eux, on ne peut pas leur enlever. Mais mon Dieu que c’est stéréotypé, vu et revu et sans intérêt ! Le benet à la casquette me fait penser aux sketches des Inconnus et on a constamment l’impression que c’est la même chanson. La galoche roulée entre les musiciens achève de ma désintéresser du combo.

Peu importe, la grosse affiche de la soirée va entrer sur scène ! Très bien placés pour Death in Vegas, nous les attendons donc de pied ferme. Le premier morceau est long à démarrer, mais devient vite agréable. Les 3 suivants s’avèreront on ne peut plus chiants. C’est linéaire, les basses sont horribles, la voix du chanteur est on ne peut moins mélodieuse, bref c’est plat, hyper surfait et on décide de s’en aller.

Devant l’impossibilité de rentrer dans les 2 autres salles et encore assommés par la déception du dernier semblant de concert vu, nous décidons de jeter l’éponge. Marsatac nous a tués et écœurés, nous rendons les armes.
Je n’ai rien contre les festivals, en ayant fait une palanquée et pas des plus petits. Ce qui s’est avéré insupportable c’est le sentiment d’être pris pour une vache à lait. J’ai payé 54 € en prévente pour un pass 3 jours. Certes, c’est à peine le prix d’un concert d’un grand groupe international. Cela dit, en sortant de ces 2 derniers soirs (tant pis pour moi pour le 1er), mes amis et moi avons eu l’impression d’avoir vu un peu de tout et surtout beaucoup de rien. C’est le jeu des festivals que de devoir jongler entre les performances, voyant rarement un concert dans son intégralité et le format étant souvent raccourci. Mais honnêtement, comment peut on faire entrer 10 000 personnes dans cet espace ? Comment assurer ne serait ce qu’à la moitié de ces gens une visibilité voire une simple entrée dans les salles où ont lieu les concerts ? Si le but est de faire discuter bière à la main, le plus de gens possible dehors, c’est réussi. Mais pour moi, vieux con, c’est plus de goûter à toutes sortes de musiques et groupes. Et là, à part sentir les aisselles et les dos des festivaliers, je n’ai pas eu mon compte. C’était justement ce caractère local, convivial et à taille humaine du festival qui me plaisait. L’endroit est bien trop petit pour que chacun puisse profiter des concerts, les salles étant inadaptées : la Seita étant inaccessible la quasi totalité des 2 soirées, le Cabaret se révélant bondé en 2 temps 3 mouvements et la Cartonnerie étant même trop juste pour Chinese Man. De mon point de vue, quand on ne peut pas assurer une qualité minimale, on arrête les frais. J’ai l’impression que le but était de faire entrer le plus de monde possible à la Friche et c’est bien dommage. Pour accueillir 10 000 personnes, il vaut mieux prévoir des scènes ouvertes où même si on est loin, on peut apercevoir/entendre le spectacle. Les éditions précédentes au Dock ou au J4 étaient bien mieux adaptées. Je me doute que les organisateurs font avec les moyens du bord, mais ils doivent aussi entendre que la qualité musicale et l’adéquation du cadre sont importantes pour les festivaliers. Et clairement, pour le prix, ces aspects étaient très moyens voire mauvais cette année.


 


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