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Samedi 26 mai 2012 : 9523 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert (mon) Marsatac 2009 : Aftershock, Bumcello, Molecule, Poly Rythmo invite Franz Ferdinand, General Elektriks, Raekwon, Delinquent Habits, Oddateee


(mon) Marsatac 2009 : Aftershock, Bumcello, Molecule, Poly Rythmo invite Franz Ferdinand, General Elektriks, Raekwon, Delinquent Habits, Oddateee en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime


Passage annuel à Marsatac, déguisé en Fiesta des Suds, pour une soirée où je dois reconnaître humblement ne pas connaître grand-monde (entendez, sur scène) - les textes sur les artistes seront donc singulièrement plus courts que d'habitude (qui a dit "tant mieux" ?). Un poil échaudé par les chroniques de la soirée précédente en ce qui concerne la qualité du son, j'arrive en m'attendant au pire et du coup, je ne remarquerai rien de spécialement déplaisant à ce niveau. Soit ils ont changé quelques réglages, soit ça joue moins fort que Rachid Taha bourré avec tous ses potes ... Gros problème d'aération, par contre, dans la salle dite "scène Pharo" où l'on crève de chaud pendant les concerts chargés en public et où une politique souple sur la clope (c'est louable !) fait qu'on respire assez mal.


Enfin, on en rigolait à la Machine à Coudre avant fumoir, alors on n'en fera pas une histoire ailleurs, d'autant que ça rappelle ce bon vieux temps ou la France n'était pas une dictature pré-fasciste (non, je ne parle pas que de la clope bien sûr - après tout à 2 km à vol d'oiseau du Dock où nous sommes, on a enfermé ce matin des "singes" de la "jungle" de Calais, rue de la Honte, au CRA du Canet... mais je m'égare, pardon). D'autres fumées odorantes nous rappelleront agréablement les festivals de plein-air sur l'autre scène, notamment pendant les concerts de hip hop. L'aménagement du site, il faut le reconnaître, est assez plaisant et la circulation plutôt fluide même au coeur du pic de population qui commence vers 23 h. Un truc amusant : dans une moitié on est à la Fiesta (salle fermée et bars autour, inchangés), et dans l'autre un grand chapiteau avec plancher dehors, les promenades et les stand autour recréent assez bien une ambiance... Marsatac-sur-J4.


Au fait, dernier passage politique obligé, pissons encore une fois tous en choeur à la raie de la Ville de Marseille qui nous a privé d'une dernière édition de Marsatac sur notre J4 bien aimé, au nom d'un musée/galerie marchande qui devait initialement ouvrir en 2005 (promesse de campagne de l'UMP aux Régionales !), qui va défoncer la gueule de l'entrée de Marseille et dont, jusqu'à preuve du contraire, aucune pierre n'a encore été posée à ce jour. Prétexte bien utile pour la clique municipale de dégager cette manifestation bruyante de jeunes cons hors de sa vue (initialement, Marsatac a failli se retrouver encore beaucoup plus loin !). Et il faudrait ensuite qu'on la remercie de nous mettre des navettes gratuites ! Allez donc vous jeter aux Goudes... Espérons juste que les festivaliers qui n'ont pas, ou "mal" voté en 2008, font le lien entre leur désinvolture et cette punition collective, une parmi tant d'autres à Marseille...


Bref, parlons un peu musique quand même ! Le projet Aftershock, résidence d'une semaine de 12 artistes européens autour de Nitin Sawnhey, qui en assure la présentation, donne un résultat agréable, quoiqu'un peu décousu comme toujours dans ces cas-là. Au moins entend-on bien (puisqu'il semble que Mix-up Beyrouth ait été massacré hier). Difficile de faire jouer ensemble 12 artistes venus d'horizons différents, même si on pris la précaution utile de ne pas recruter 6 quitaristes ou 8 percussionnistes ... Les photos à la main pour les reconnaître, on s'amuse à les identifier au fil de leurs chansons - certains passent quand même la plupart du concert assis à ne rien faire !


On retient quelques chansons chouettes (par exemple avec notre outsider Anything Maria qui, je le sais de source sûre, notez-le bien, va gagner le Printemps de Bourges !), une jolie balade voix / boite à musique à rubans (Hannah Peel et Robert Totiranti), Nicolas Cante qui ... n'est pas là alors qu'on l'a croisé à l'entrée, les miaulements surprenants et agréables de, je crois, Alessandra Patrucco, les percussions toujours créatives et précieuses de Gildas Etevenard, de bonnes voix de hip-hop qui fonctionnent en duo bilingue (Abraxxxxas / Samira) et font décoller l'ambiance, et pour finir quelques titres percutants de folk, rock et rap joués tous ensemble. Un moment agréable et plutôt original donc, chaleureusement applaudi par une salle hélas pas vraiment pleine en cette heure précoce.


On a raté un gros morceau des toujours percutants Bumcello, déjà vus et qui méritent d'être suivis avec attention dans leurs délires improvisés... on en profitera mieux une autre fois. On a quand même le temps de les voir accompagner un chanteur black, puis un barbu qui chante d'une voix orientale aigûe assez classe, et d'assister à quelques pitreries de Cyril Atef (affublé aujourd'hui du fameux masque de chat jaune qu'on voit fleurir partout à Marseille), et de Vincent Segal, toujours classe avec son "violoncelle-Gibson SG". On sent quand même une implication limitée dans un concert qui n'est pas à leur format (a minima, dans les deux heures et enfermés en salle, pour emporter leur public en transe).


Petit passage à la scène SFR à côté (bien isolée par des conteneurs), toujours aussi moche (esthétiquement), pour un duo habillés en cuisiniers qui envoient un bon vieux boum boum vrillant et efficace. La mini-scène a le mérite de fluidifier le trafic et d'être ouvertes à de (peut-être) futurs grands artistes. On a d'ailleurs applaudi Anything Maria dans les mêmes conditions à Paris il y a peu... Molecule part plutôt bien, gros dub entre machine et batterie, que je pourrais éventuellement aimer. D'autant que pour le coup le son est très bon dans la salle, pour un truc qui semblerait pourtant difficile à sonoriser. Mais bien évidemment ça vire au reggae plan-plan ("ouyé-eh !", cf vidéo infra) avec 2 chanteurs, un peu trop sollicitants à mon goût ("faites du bruiiiit !"...), pas mon genre, je ne m'attarde pas. En tout cas on peut sonoriser correctement cette salle même avec de grosses basses, CQFD.


Le mariage entre Poly Rythmo, orchestres béninois certifié 40 ans d'âge, et les deux jeunes gens échappés de Franz Ferdinand, tombera pour sa part un peu à plat. Cela reste un bon concert de musique afro, mais aussi bon sans les deux p'tits blancos qu'avec, puisqu'ils sont largement noyés dans la masse des 10 autres ! Les 2 reprises de Franz Ferdinand, amusantes à l'oreille, n'ont pourtant aucun intérêt à part faire vibrer un peu ceux qui n'ont jamais vu le groupe. Take me out serait même un peu massacrée et la bande au complet s'avère incapable, simplement de la faire sonner différemment... et un peu comme ce qu'on a lu sur le Clash et Mick Jones hier, on comprend quand même pourquoi c'est Alex Kapranos qui chante dans le groupe ! Voilà des gens qui sont peut-être de grands potes, mais n'ont rien à se dire musicalement parlant. Dommage.


Tout le contraire du fumant combo General Elektriks, qui va livrer dans une salle "Pharo" chauffée à blanc, un splendide concert de funk/soul chaud, sale et humide, groovy à souhait, dansant à crever dans une ambiance de sauna brésilien. Difficile de rester dans la salle toute la prestation (le fameux problème d'aération/respiration signalé plus haut est terrible à cet instant !), on fait donc des allers-retours dehors, mais il faut reconnaître que ça déchire. On constate avec surprise la présence du grand, mince, afro et splendide Jessie Chaton de Fancy, qui nous gratifiera tout le concert de déhanchements fessiers somptueux, et de coups de pieds hauts donnés entre deux soli de clavier ou de basse.


Objectivement, le grand zigue capte presque toute la lumière du groupe, ce qui est injuste puisqu'il ne fait que les accompagner et qu'ils seraient excellents même sans lui, capables pour leur part de mettre une ambiance énorme sans avoir à haranguer qui que ce soit, simplement par l'efficacité de leurs compos qui nous emportent irrésistiblement dans un espace-temps situé il y a quelque trente ans. Le chanteur est au contraire d'une discrétion exemplaire, en plus d'être virtuose au clavier, n'essayant aucunement de voler la vedette aux autres. Ils remportent un triomphe mérité pour ce qui restera comme le moment le plus hot, à tous les points de vue, de la soirée : dans le genre, on avait pas vu un truc pareil depuis Gnarls Barkley aux Eurocks... A découvrir sur disque, et à revoir, sans fautes !


Quelques instants suffiront par exemple à classer le pataud Raekwon, ses 80 bouteilles de flotte et ses deux potes, en gros rappeurs US pas doués, bruyants et à la diction à chier (si j'osais : comme tous ceux du Wu-Tang à part éventuellement RZA...), n'ayant manifestement pas fait ses balances et probablement pas de set-list non plus, incapable de tenir un rythme ou un titre plus de trente secondes. De là à le renommer phonétiquement "Wraekon" comme je l'ai fait sans faire exprès dans une conversation, il n'y a qu'un pas - beurk !


Tout le contraire des très saignants Delinquent Habits (remplaçants au pied levé les Mighty Underdogs), combo historique de chicano rap de South Central L.A. (jamais entendu parler, merci wikipedia !), physiquement grosso modo les mêmes en négatif (gros aussi, mais latinos en t-shirt blanc). Mais qui sont eux inexplicablement passionnants dès la première note, diction prenante, ambiance survoltée, la grande classe, sans pour autant trop comprendre de quoi ils parlent, on les écoute jusqu'à la dernière note en oscillant de la tête. Ne serait-ce que parce que vu leur gueule et leurs tatouages, on a pas du tout l'intention de les contrarier... Un peu comme leur voisin de palier Ice-T et ses potes à masque de tueurs. En tout cas ça le fait, grave, et on a pas besoin de se forcer pour crier quand ils nous demandent de l'aide, gaspillant nos dernières forces. Après ce concert, on tournera donc un peu en rond, fatigué et dessoifé...


Mais alors qu'on pensait pouvoir rentrer à la maison, on commet une grossière erreur, entrer jeter un coup d'oeil dans la salle quasi-déserte. Deuxième claque hip-hop d'affilée, un petit bonhome appelé Oddateee, aka Ricardo Galindez, petit latino, rappe sa vie au quartier du Bronx, dans un son tonitruant, industriel et énorme (par moments acompagné d'une guitare qu'on entend à peine), son sur lequel on reconnaît la production de Dälek, et il est tout à fait captivant lui-aussi, fut-ce au début devant 30 spectateurs...


Le piège fonctionne d'ailleurs puisque la salle se remplit au fur et à mesure (le Mystic Punk Penguin, passé par là, ne repartira jamais non plus) devant ce petit bonhomme qui gigote dans tous les sens et nous prend aux tripes et ailleurs (on pense aussi à Busdriver, passé il y a quelques années). De toutes façons un type de l'écurie Jarring Effects ne saurait être inintéressant ! A l'issue du concert, l'impression d'avoir fait 50 tours dans un shaker... finalement pas si loin de l'intensité proprement bouleversante du grand Saul Williams l'an passé !


Au sortir de là, par contre, on est cuit à point, désolé pour la suite qui promettait pourtant encore - pas tout ça mais j'avais encore quelques kilomètres de vélo à faire. Je me perdrai d'ailleurs comme une merde dans le 3ème arrondissement, où j'ai pourtant vécu dans mes années étudiantes - à croire que je suis devenu un vilain bobo de la Plaine ? Mais c'est une autre histoire... Au final, pour une soirée dont on attendait pas grand chose, on a vu des trucs sympas et, évidemment, rencontré la terre entière et notamment, à peu près l'ensemble du staff de Liveinmarseille. Marsatac reste The place to be en chaque fin d'été, on continuera donc à suivre l'association Orane, au moins à y passer une soirée, confiant dans leur programmation même quand elle nous est à peu près inconnue...


Ajoutons pour finir que la déco était assez sympa, quoi que ce soit manifestement la même qu'aux Eurockéennes (cf les graminées lumineuses GE), que le pad thaï était délicieux, et que Marsatac a compris (contrairement à Latinissimo l'an passé) le principe de tickets boissons faciles à acheter et à utiliser (tickets à 1 €). A l'autre bout de la chaîne, si l'on peut dire, d'agréables toilettes sèches (mieux installées et plus jolies qu'à Rock en Seine par exemple), initiative à re-saluer. Un carton rouge quand même : toujours pas de gobelets consignés quand on se prétend éco-responsable et sachant que ça reste le principal déchet ? L'an dernier, on manquait d'expérience sur le sujet, mais depuis l'ensemble des grands festivals s'y est mis, alors Marsatac n'a plus d'excuses !


Merci par contre pour la promesse enfin tenue du garage à vélo surveillé, et un grand bravo aux bénévoles du Collectif Vélos en Ville qui ont surveillé nos vélos sur un parking tristounet jusqu'au bout de la nuit. Un jour peut-être dans un monde meilleur, ce parking sera près de l'entrée et surveillé par des personnes du staff payées pour ça, tout comme d'autres seront payés pour ramasser les déchets, au lieu des courageux bénévoles d'Aremacs...


Cela étant, en plus de ces petits points de détail encore perfectibles (NB voir également la réaction de "Groumph" !), le plus grand challenge qui attend Marsatac, à moins que ce foutu musée/galerie marchande cubique et moche - comme tout ce qu'a pondu son architecte - ne sombre une bonne fois à la mer et qu'on retourne au J4... C'est de retrouver un endroit agréable, en plein air, accessible et si possible avec vue sur la mer, pour préserver son excellent état d'esprit.

Longue vie à Marsatac donc, on ne leur souhaite même plus de stabilité tant le nomadisme, à force, fait partie de leur identité ...!

Illustrations par Philippe, quelques vidéos souvenir par ici ! !

Du même auteur, également sur Concertandco, une soirée à Marsatac 2008, 2007, 2006 et 2005...


 


>> Réponse (le 26/09/2009 par Cabask)
Je partage globalement ton avis sur ce que j'ai eu l'occasion de voir hier soir, avec : - Bumcello très bien mais effectivement avec le frein à main et surtout un public encore peu nombreux et pas suffisamment chaud - Poly Rythmo géniaux et tout s'est gâté avec les "musiciens" de Franz Ferdinand : le son est devenu dégueu, le batteur visiblement défoncé était à l'envers pendant Take me out et avait l'air perdu le reste du temps... Bref, un beau gâchis - General Elektics vraiment top avec une chaleur à crever - Deliquent Habits vraiment prenants avec un flow de folie et un discours qui sort des classiques du genre et qui fait plaisir à entendre - DJ Krush sympa, mais juste pas le genre de trucs à mettre en festival à cette heure là. A la rigueur allongé dans un fauteuil, mais là on .../...

 

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>> Réponse (le 27/09/2009 par Groumf) J'aurais un rajout à faire sur le site ... Pas d'estrade pour les pmr (personne à mobilités reduites ). Obligatoire mais il est vrai que sur Marseille c'est assez souple ... Peut être que Marsatac considère que son public est sur deux pattes et jamais à roulette (sauf les velo ). Dommage. De même dommage que pour pouvoir placer une scène SFR, des gens se soient permis de couper un arbre ... bizarre pour un festival ecolo (voir les 8 reglements de l'eco festival ) NdPh : Bravo pour ta vigilance, j'ai relevé ce problème de l'accueil handicapé dans mes chroniques 2005 et 2006 et... oublié depuis ! Je crois que c'est tout simplement parce que ces soirs-là j'en avais croisé et pas depuis : peut-être sont-ils découragés et ne viennent plus. Comme quoi c'est utile de relire ses anciennes .../...

 

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>> Réponse (le 30/09/2009 par PyrO) Marseille - Docks des Suds - 25, 26 et 27 sept
Beau rapport et chouettes photos sur le festival. Vous pouvez trouver des posts complémentaire à lire sur chaque soirée de ce beau festival agrémentés de photos sur le site (www.mygoodzik.com)...alors bonne lecture ! NdPh Très gros boulot en effet sur ce blog, 3 jours avec photos assumés par le seul PyrO... Seul bémol, il est trop gentil (cf la remarque sur mes photos ;-)...). Mais à lire sans fautes en complément de concertandco ! Cf les liens ci-après : Day one : http://mygoodzik.blogspot.com/2009/09/marsatac-imagine-day-one.html Day two : http://mygoodzik.blogspot.com/2009/09/marsatac-day-two-attaque-martienne-de.html Day three : http://mygoodzik.blogspot.com/2009/09/marsatac-day-three-marsatac-ou-londe-de.html   > Réagir à cette critique

Oddateee 


  5 étoiles
Oddateee
le 19 Avril 2011 - Enthropy - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
 

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Razhel & Dj JS-1 + Under Kontrol + Oddatee + ASM
le 5 novembre 2010 - Cabaret aléatoire - Marseille (par Camicam)
 

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Rahzel & Dj JS-1 + Oddateee
le 4 Novembre 2010 - Akwaba Chateauneuf de Gadagne (par bertrand)
 

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Oddateee
le 3 Mai 2010 - Embobineuse - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
 

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Lydia Lunch & Philippe Petit + Odattee + Dalek
le 30 Octobre 2009 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
 

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