|
|
Arrivé tôt ce soir encore, pour ne pas manquer la création Aftershock, né de la rencontre de 12 artistes européens (4 de Gènes, 4 de Manchester et 4 de Marseille (sans Nicolas Cante au final)) autour Nitin Sawnhey. On pouvait craindre quelque chose d'assez artificiel et au final de très beaux moments en émergent. Rencontre de flow marseillo-mancunien avec Abraxxxxas et un hip-hopeux UK, une demoiselle aux miaulement/feulement complètement bloquant, une violoniste / vieilliste à la voix d'or qui rencontrera celle de notre Anything Maria, et même quand les douze musiciens jouent ensemble, cela n'entrera jamais en cacophonie. Nitin Sawnhey a mené tout ce beau monde avec finesse et intelligence, évitant la multiplication des instruments au profit de petites pièces qui s'imbriquaient avec harmonie.
La création Poly Rythmo et les musiciens de Franz Ferdinand tombera à plat elle par contre. En fait les Poly Rythmo seront bien plus sympathique seuls, le gratteux et le batteur des FF n'apportant rien, desservant le reste du groupe d'ailleurs. Quelques faiblesses de sons aussi lors de ce set, on n'entendra quasiment pas la trompette, dommage. Une bonne idée à la base, mais au final rien d'intéressant n'est sorti de la rencontre. Au plaisir donc de revoir ces deux groupes dans des sets à part.
Après avoir passé pas mal de temps à jouer mon rôle de "directeur de la publication" du site, j'ai manqué quelques sets et me précipite dans la salle pour la deuxième moitié de General Electrik qui dynamitent le public avec un set des plus efficace. Bon, quand on a un guest aussi classieuse que Jessie de Fancy, on gagne en groove sexy plusieurs divisions. Mais soyons honnêtes, bien que je sois un fan inconditionnel de Fancy sur scène, le groupe assure déjà à la basse. Un espèce de funk futuriste revue à la sauce Bowie 80's, qui chauffera à blanc le public.
On ressort pour le chapiteau voir un groupe écouté 15 ans plus tôt et dont j'ignorais qu'ils existaient encore les Delinquent Habits. Les mexicains de South Central vont assurer sévère. Contrairement à Raekwon juste avant qui a assuré le très minimum syndical, les deux latinos vont se dépenser sans compter, appuyé par un DJ qui va balancer la purée mariachi. Old school à fond, leur hip-hop va ravir un public qui ne demandait que ça. Depuis quelques temps, vu les expériences malheureuses à Marseille, on pensait que les rappeurs US venaient ici faire du cachet sans trop se fatiguer, là on a eut la démonstration du contraire. Ça jump, ça court, ça fait smiler le public, et surtout ça balance un putain de flow, soutenu par les cuivres du DJ. Une leçon de maître, donnée dans la bonne humeur en plus.
Crevé par leur set, on fait un petit détour par la salle voir si quelque chose va nous retenir par les oreilles avant de prendre la navette retour. Et on bien fait ! Oddateee sera la claque de ce festival. Un protégé de Dalëk, signé sur Jarring effects, ça ne pouvait être que gage de qualité. Contrairement à son aîné, son flow de portoricain du Bronx est bien plus classique, mais putain d'efficace. Il lance des boucles plombées, limite indus, et mitraille à la KRS One des lyrics qu'on devine conscients. Parfois rejoint par un gratteux bruitiste (enfin ça aussi on le devine, la gratte est souvent inaudible), son set se révèle totalement obsédant. Scotchés, on en peut qu'hurler entre les titres. La claque.
Sonné, crevé, on se dirige vers la navette (je vous ai dit que c'est une putain de bonne idée), pour garder des forces pour le lendemain, et notamment Art Brut, groupe Pinguinesque s'il en est.
Mince, je n'ai pas utilisé de terme polémique, ni fait d'attaque cinglantes dans cette chronique, elle sera donc sûrement moins lue...
| Réagir à cette critique
|