Critique de concert Refused + The Bots + Sna Fu


Un évènement de taille avait lieu au Bataclan en ce début de semaine pluvieux : la venue du mythique groupe de hardcore suédois Refused. Après une quinzaine d’années de silence, la reformation du groupe n’était pas vraiment prévisible, surtout lorsque l’on repense à cette longue lettre que le chanteur Dennis Lyxzen adressait à l’époque à ses fans, insistant bien sûr le fait que les membres du groupe ne joueraient plus jamais ensemble. Les Suédois ont pourtant eux aussi cédé à l’appât du gain (une bonne tournée de festivals en commençant par le non moins connu Coachella, ce qu’ils n’ont certainement pas dû faire gratuitement), plutôt amusant quand on pense aux idéaux que le groupe anticapitaliste défendait à l’époque. Mais ne gâchons pas notre joie d’assister à un tel retour, et passons sur ces petits détails. Refused a atteint depuis sa séparation en 1998 après la sortie du fabuleux "The Shape Of Punk To Come" un statut de groupe culte dans la scène hardcore, il était donc normal qu’ils en fassent profiter ses plus jeunes (mais aussi anciens) fans.

Après les deux premières parties dispensables qui ont ouvert pour le quintet (Sna Fu, une pale copie de Refused et The Bots, jeune duo rock ‘n’ roll blues n’ayant absolument rien à faire là), le groupe débarque sur scène, peu avant 2 1heures. Le concert affiche complet ce soir et lorsque le set commence on comprend tout de suite l’effet d’une fosse de Bataclan blindée et remonté comme jamais.
La quasi totalité du dernier album des Scandinaves sera joué ce soir, à commencer par le morceau "The Shape Of Punk To Come". Premier constat, les Suédois ont bien préparé leur retour avec ce set hyper millimétré qui est très proche de la perfection, tant au niveau du son que de la prestance scénique. Le batteur et membre fondateur David Sandström tape fort et jamais à coté tandis que Magnus Höggren, bassiste, assure également parfaitement son rôle et complète une section rythmique du feu de dieu. Les deux guitaristes Jon Brännström et Kristofer Steen, occupant chacun un côté de la scène, encadrent le tout de leurs riffs incisifs.
D’excellents musiciens donc, mais plutôt statiques, ce qui n’est pas du tout un problème lorsque l’on a Dennis Lyxzen pour frontman dans son groupe. Le leader occupera brillamment la scène du Bataclan de la première à la dernière minute. Une prestation hors norme nourrie pas des sauts de droite à gauche, perché sur les retours empilés ou portés par la fosse. En nage dès le premier morceau, le chanteur/crieur apparaît ce soir comme un mélange de Bruce Lee, d’Iggy Pop et de Justin Timberlake (pardon). La quarantaine à peine entamée, le Suédois est en très grande forme ce soir, ses cris étant plus perçants que jamais mais toujours particulièrement justes.
Les quatre premières chansons s’enchaînent avant que Dennis ne s’adresse pour la première fois à la salle. Le chanteur ne parle jamais trop, et reste toujours intéressant, même lorsqu’il envoie gentiment chier un membre de la fosse qui lui demande de la fermer et de jouer. "Rather Be Dead" commence et l’euphorie reprend dans la salle, le public scande les chœurs pendant que Dennis hurle "Rather be dead, than alive by your opression, rather be dead, than alive by your design". Jouissif ! Les chansons du set passent à une vitesse folle et déjà la fin du concert approche, d’autres morceaux de "Songs to Fans" sont interprétés, comme "Coup d’Etat" ou "Hook, Line & Sinker". "Refused Are Fuckin’ Dead" fait bien entendu partie du set et fait son petit effet, Dennis remercie une fois de plus le public français et constate que l’attention autour du groupe n’a jamais été aussi grande (l’excellent documentaire qui leur était consacré quelques années plus tôt nous le confirme également).

Vient ensuite LE morceau que tout le monde attend, hymne de toute une génération punk : "New Noise", où comment rendre fou une salle de concert toute entière. Lyxzen assure désormais toutes les parties chant du morceau et s’en sort une fois de plus avec les honneurs (ça devient presque agaçant), il finit allongé au milieu de la scène, lessivé. Il ne se relèvera que pendant l’intro de l’indispensable et brillant "Tannhäuser / Derivè" qui clôturera ce concert d’anthologie. Vous l’aurez compris, Dennis et sa bande ont une fois de plus écrasé toute concurrence et prouvé, à ceux qui en doutaient, que la réputation de son groupe est amplement méritée ! Ce soir à Paris, le temps d’un concert, Refused Were Fuckin' Alive !
“Stay Curious. Stay Wild. Stay Hungry“
Photos : Emmanuel Wino, retrouvez toutes ses photos ici
Signature : stephane pinguetle 12/10/2012
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>> Réponse (le 12/10/2012 par Philippe) Après une déjà énormissime performance aux Eurocks l'été dernier (avec de la boue en plus !) : confirmation s'il en était besoin que Refused are not fuckind dead anymore... Les jeunes formations punk-rock peuvent commencer à trembler s'il leur prend l'envie de refaire un album... on peut presque l'espérer au vu de cette reformation franchement triomphale ! > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 12/10/2012 par Fantômas)

The Bots: excellent groupe (batteur de 15 ans et guitariste chanteur de 18 ans!) mais qui joue dans un autre registre: Blues-Punk-electro-metal! Certains pensent qu'ils n'avaient pas leur place ici (mon pote annonce "Je suis venu écouter du Hardcore merde!"), à mes yeux, ils ont beaucoup de point en commun avec les maîtres (si, si) du Hardcore: REFUSED. En tout cas, ce sont d'excellents musiciens, à suivre donc! Passons au plat de résistance. Le rideau tombe... une basse techno percute les tympans ( mon pote panique "C'est de l'electro Refused?!"), les hurlements grondent comme le tonnerre... Mon pote n'a pas le temps de finir sa question qu'il est embarqué dans une danse nommé "Pogo". Comme tout le monde le dit: c'était parfait. Certains se plaignent du prix, j'ai donné plus pour des .../...
> La suite
>> Réponse (le 05/12/2012 par yogui)



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