Critique de concert Méandres (festival Jazz sur la Ville 2011)


Festival Jazz Sur La Ville, soirée de clôture à la Meson qui programme Méandres, groupe qui est affilié au Nu Jazz et au Hip Hop. Une prestation du groupe m’avait déjà fait forte impression il y a quelques mois à Lollipop. Je m’impatiente de les écouter à nouveau. Ce soir, Méandres invite un flûtiste.

Fabien GENAIS: saxophone
Wim WELKER: guitare
Emmanuel CREMER: violoncelle
Simon BALLEYGUIER: sousaphone, chant
Damien RAVNICH: batterie
Cyril Benhamou : flûte traversière

Comme dans de nombreux concerts (mais pas tous) donnés lors de Jazz Sur La Ville, nous avons le privilège d’écouter d’authentiques compositions. Et comme lors de nombreuses soirées précédentes, ces compositions sont fortement personnalisées.
Avec Méandres, il s’agit d’un Nu Jazz tendance urbaine qui se teinte fortement de Hip Hop grâce au chant de Simon BALLEYGUIER, et s’échappe régulièrement vers la musique classique contemporaine, sous l’archet d’ Emmanuel CREMER.

L’association orchestrée par Fabien GENAIS est audacieuse, séduisante, parfaitement maîtrisée et aboutie. La création hybride qui en émerge balance, sans jamais choisir définitivement son camp, entre l’Europe et les U.S.A, elle est puissante, charmante et mystérieuse.

Set List :
Songe
Ame
Slide Motion
Conga Slam
Balkan
Strange Dub
Sentinelles
Clint
Viennoiserie
Et Toi ?

Au fil des morceaux, en analyste obsessionnel compulsif que je suis, et dans le souci de mieux la comprendre, la situer, la comparer, je tente de caractériser la musique de Méandres : des phrases à l’unisson rythmique et en accord dissonants, souvent à deux (flûte & saxophone) parfois à trois ou quatre (violoncelle & guitare en plus).

L’effet de ralentissement ou de cassure de la régularité avec l’usage fréquent de triolets et des changements occasionnels de tempo ; des temps forts lourdement appuyés (sur les passages Hip Hop surtout). Riffs des vents et cordes répétés à l’identique sur lesquels se pose soit le chant Hip Hop qui s’appuie sur une même note pour la plupart des syllabes chantées, soit une improvisation, un chorus, tantôt le violoncelle, tantôt le saxophone, la flûte ou la guitare. La partie basse assurée, c’est original, tantôt par le sousaphone, tantôt par le violoncelle.

Puis je réalise que ces caractéristiques se retrouvent dans de nombreuses formations, Nu Jazz et Hip Hop. L’essence du groupe, son empreinte est ailleurs, mais où ? Avancer dans mes investigations silencieuses ne mènera à rien. Je me perds dans les méandres de ma perception, les replis de mon cerveau; ma quête est vaine, et je réalise encore, comme souvent que certaines choses ne peuvent qu’être jouées, interprétées et perçues musicalement.

La transposition vers le vocabulaire et les mots est insignifiante, stérile. C’est sans doute une bonne chose que la musique demeure inaliénable, irréductible tout en continuant de tant nous parler. Mais l’envie de l’interprétation est tenace et me relance : c’est peut-être que dans la musique de Méandres, à travers le dialogue surprenant de ses instrumentistes, se profile un reflet déformant du chaos urbain, du désordre dans lequel nous vivons, et sous lequel se dissimule un ordre qui reste caché, secret, illisible mais que l’on sait présent.

A côté de moi, deux mamies dodelinent nonchalamment. Des visages différents autour, l’âge, l’allure… et tous qui semblent fortement imprégnés, en immersion totale. Il doit y avoir tout de même une relation, une accointance entre le Hip Hop et la nature humaine, sous toutes les latitudes, pour que face à cette musique, des gens si différents se laissent aller si naturellement, s’abandonnent si volontiers, de concert.

Je me connais : j’essaierai encore de pénétrer les arcanes de la création, de dérouler un fil d’Ariane invisible dans les méandres labyrinthiques de ce quintet / sextet passionnant, de dévoiler le secret des Dieux. Vanitas !

Accepter notre monde comme une approximation brutale, attendre, voir venir et se laisser porter ou tenter de déchiffrer, de comprendre pour avoir l’illusion de maîtriser, et au risque de s’y perdre. Voilà le choix cornélien que nous propose Méandres, au fil de ses sinuosités, avec l’élégance de ne pas forcer la réponse.
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Signature : mardalle 17/10/2011
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>> Réponse (le 17/10/2011 par Pirlouiiiit)

> La suite

le 9 octobre 2011 - La Mesón - Marseille (par Mardal)

le 2 Février 2011 - Lollipop - Marseille (par Mardal)
La Meson - Marseille


le 13 Avril 2012 - La Meson, Marseille (par Sami)


le 24 mars 2012 - La Meson - Marseille (par Mardal)


le 18 février 2012 - la Meson, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 13 janvier 2012 - la Meson - Marseille (par Pirlouiiiit)
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