
"Les Femmes s'en Mêlent" sont l'avenir de l'homme...
Après une soirée du 31 mars trop riche en testostérone (où seul Julien Pras a su faire preuve de finesse entre le rock couillu et trop emphathique d'Eiffel et la relève dans la catégorie "traumatisés par Noir Désir", Alec), l'étape clermontoise du Festival Les Femmes s'en Mêlent avec Jessie Evans, Tender Forever et Men a confirmé en ce 1er avril tout le bien que l'on pense du festival itinérant 100% féminin, défricheur, aventureux et riche en très belles découvertes... Tant et si bien qu'on aurait presque envie de déclarer en se situant dans la droite lignée d'Aragon et de Jean Ferrat (R. I. P. ) : "Les Femmes s'en Mêlent" sont l'avenir de l'homme qui veut écouter de la musique stimulante et non réchauffée"... Chronique de trois concerts positivement réjouissants :

Jessie Evans, La très grande Classe !
Dès le début de sa prestation particulièrement enflammée, l'élastique, contorsionniste et sexy Jessie Evans cherche à faire entrer le public réuni dans le club de la Coopé dans une folle sarabande avec son mélange électro pop très hot/afro beat propice à la transe/jazz vivant/world music aux yeux écarquillés... Entre deux séances de danses complètement folles, quelques descentes dans la salle pour chauffer les spectateurs, un passage sur le bar, des solos de saxophone et des parties vocales sauves font écho à une bande son électronique et à des rythmes de batterie délivrés par un gentleman batteur, sapé comme un prince et jouant comme un roi. Performeuse d'un genre nouveau, Miss Evans réussit à se mettre l'assistance dans la poche en un clin d'œil et à faire bouger les corps en moins de temps qu'il ne faut pur l'écrire. Le set hyper remuant, très original et extrêmement dépaysant de la belle Jessie Evans est un véritable must. Cette jeune femme et son acolyte arrivent à propulser dans un univers troublant avec très peu de moyens (un micro, un sax, une batterie, le tout dans un décorum de club des années 50) et beaucoup d'énergie. La très grande Classe !

Tender Forever, Un cocktail électro/pop/folk de la plus haute tenue.
La Française exilée aux Etats-Unis - à Portland, Oregon, plus précisément -, Tender Forever n'a pas fait le déplacement pour rien ! Juste après la tornade Jessie Evans, la très drôle Melanie Valera se lance dans un concert absolument renversant : au menu, des pop songs matinées d'électro joués au synthés puis des folk songs interprétées à la guitare sèche, le tout entrecoupé de discours en forme de mini sketchs truffés d'un humour ravageur et pas si innocent que ça. Tiraillées entre son amour pour le R&B de Beyonce (elle propose une série de photos montages où elle figure dans des positions acrobatiques avec la meuf de Jay Z), sa "passion" pour le titre Believe de Cher (qu'elle reprend en acoustique de manière franchement décalée), la pop 'n folk revêche et le hip hop girl power, Tender Forever propose une musique versatile, osée et souvent accrocheuse au final... Signée sur l'excellent label K Records, Mélanie V. raconte la vie, les amours et les déboires d'une femme qui aime les femmes et qui n'en fait pas tout un plat... Si le passage dans les aéroports français devant les hôtesses de l'air voulant dire forcément "Bonjour madame !" ou "Bonjour monsieur !" provoque à l'androgyne musicienne des sueurs froides et un simple "Bienvenue !" au final, le show entraine, lui, des bouffés de joie et l'apparition d'émotions contrastées. Entre douce mélancolie, discrètes revendications, envie de faire bouger son monde et très beaux moments de communion avec le public - quand elle vient chanter dans la salle -, Tender Forever offre en live un cocktail de la plus haute tenue... Un cocktail scénique très puissant, qui donne envie de se pencher sur sa discographie.

Men, A l'exact point de friction entre le rock 'n roll basique, le disco punk et l'électro boum boum...
En vacances prolongées de son excellent groupe Le Tigre, la moustachue (!) et très masculine JD Samson conclue la soirée avec un set concis et bien envoyé de son nouveau projet, Men, malgré un public désertant peu à peu la salle (quelle mauvaise idé !). Malgré un léger retard au démarrage, un peu mou et commun, le trio mixte - deux filles et un mec (habillé en fille), de multiples possibilités - hausse son niveau de jeu au fur et à mesure que l'heure des rappels approche. Jouée avec boites à rythmes, syntés et guitares, l'électro pop matinée de punk de Men est faite pour tortiller du cul en levant les mains, ou pour se lancer dans un concours d'air guitar comme un crétin bienheureux. A l'exact point de friction entre le rock 'n roll basique, le disco punk et l'électro boum boum, les derniers morceaux proposés par Men sont hyper accrocheurs, donnant carrément envie de se mettre la tête à l'envers. Dommage que l'ambiance reste aussi morne, malgré quelques petites poussées de fièvre très localisées. A revoir en fin de soirée dans un lieu plus chaud ! A l'heure du bilan, la collection 2010 des Femmes s'en Mêlent avec Jessie Evans, Tender Forever et Men restera comme un excellent cru.
Liens : www.lfsm.net, www.myspace.com/jessieevansmusic, www.myspace.com/tenderforever, www.krecs.com/tenderforever/ra, www.myspace.com/men.
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