Critique de concert (mes) Eurockéennes 2010 2/3 : Omar Souleyman, Emilie Simon, Airbourne, General Elektriks, The Specials, The XX, The Hives, Ghinzu, Vitalic

Le vendredi, c'est par ici !

Chaque année, au moins un projet excitant est programmé à une heure indécente, pour qui doit faire la grasse-matinée, récupérer, partager un bon repas entre amis voire faire une sieste, et venir seulement ensuite sur le site des Eurocks. Et donc, raté à coup sûr. Cette fois-ci c'est tombé sur Le Prince Miiaou, 16 h 15 (ouch !), dont le disque Safety First est pourtant l'une des choses les plus étonnantes qu'une chanteuse ait produit en France au 21ième siècle... A rattraper sans fautes (la jolie Maud-Elisa n'a pas été chroniquée pour l'instant en live sur concertandco, si des fois un lecteur ponctuel peut en dire un mot...). On arrive pour les 5 dernières minutes de Broken Social Scene, où il n'y a pas foule dans l'herbe de la grande scène - ça a pourtant l'air pas trop mal, dans le style rock collectif.

Petit problème à résoudre ensuite, choisir entre tout ce qui passe à cette heure-là. On commence avec Omar Souleyman, dont la musique assez irritante en disque a en tout cas titillé notre curiosité. Un clavier et un exotique instrument à corde au manche effilé (un buzok ?), lui font une intro toute en douceur qui monte en puissance, avec l'arrivée du bonhomme, en costume traditionnel, annoncé par un speaker - c'est une légende dans son pays, la Syrie ! Il s'avère que quand le rythme passe en mode électro, l'ambiance décolle instantanément, avec ce chanteur portant impassible et à la voix très nasillarde, qui ne fait pas grand-chose, et ne chante d'ailleurs pas beaucoup non plus...

Mais c'est sans doute aussi grâce aux deux instrumentistes, très doués, qui font admirablement monter la sauce, et au public en forme en ce début de soirée. Si quelques minutes de ce traitement sont amusantes, on aurait pas tenu 1 h 15 sans comprendre de quoi il parle... Chapeau quand même à ce monsieur, qu'on imagine pas totalement extraverti dans sa vie de tous les jours, et qui vient malgré tout chanter devant des jeunes occidentaux bourrés à la bière, et des jeunes filles en soutien-gorge, dont certaines qu'il semble carrément émoustiller avec sa belle moustache et son look de roi du pétrole. Un concert dépaysant des deux côtés de la scène, à n'en pas douter.

Pas tout ça, mais on veut passer revoir une sirène et une découverte sur la scène Club Deville. On a passionnément écouté la délicieuse Emilie Simon dans ses premières phases : mécanique, végétale, on l'a même adoré en concert à plusieurs reprises. Son virage du dernier album vers la pop katebushienne nous laisse par contre tout à fait refroidi, et nostalgiques de son époque de bidouilles sonores bien plus inventives. Quelques chansons dont Fleur de Saison suffiront quand même à retrouver nos marques : elle est toujours aussi délicieuse (aujourd'hui en robe bleue à paillettes), elle a toujours son bras bionique à potentiomètres, et une voix plutôt fascinante.

Et un groupe rétréci mais doué : plus que 2 avec elle, en une ligne d'attaquants unique, qui au moins ne la couvre pas comme cette pauvre Charlotte la veille. Du coup même les chansons de son disque The Big Machine sonnent cool, d'ailleurs on dirait bien qu'elle fait un tabac sous son chapiteau : l'asiatique The cycle est par exemple assez chouette en concert. On ne la suivra quand même pas au delà de son Rainbow parce qu'on est en parfait désaccord avec cette phrase : "I wish it would rain". Non mais sans blagues ! Et aussi, parce que ça mollit un peu ensuite. On ne restera pas très longtemps non plus devant les alsaciens de Colt Silvers, qui font du rock sauce anglaise assez convenu et balisé.

Les illustres crétins d'Airbourne ont beau avoir commis un album totalement régressif (AC/DC retombé en enfance), on leur sait gré d'avoir sauvé du désastre notre première soirée à Sonisphère il y a 15 jours : on sera ravi de les revoir ici, si possible en de meilleures conditions. Il doit bien y avoir moyen de les apprécier sans avoir les pieds dans 30 centimètres de boue quand même, non ? Ils ont en tout cas réussi l'exploit d'être classés "hard rock", catégorie rarement représentée aux Eurockéennes, pour cause de fréquente nullité artistique.

En effet ça part mieux, à part qu'après leur intro sur l'air de Terminator II, ils jouent trois fois trop fort leur Raise your flag, cheveux en l'air et guitares brandies à chaque occasion. Bouchons d'oreille ou acouphènes, you name it ! Ah les beaux bourricots que voilà, soulevant une poussière d'enfer dans le public déchaîné, qui slamme avec entrain et qui en profite pour martyriser un dauphin gonflable ! Déroulant leur catalogue de titres débiles et réjouissants, ils ne font pas dans la dentelle, mais au moins ça réveille et ça colle la banane à tout le monde ...

Et on a bien évidemment droit à l'ascension, déjà traditionnelle, de la structure de la grande scène par le chanteur qui monte y planter (sans baudrier) un solo à l'huile de vidange à au moins 10 mètres de haut, au risque de finir démembré sur un ampli de retour. Avant de descendre galoper dans la fosse, au risque de s'empaler sur sa Gibson Explorer fétiche en cas de chute. A l'instar de leurs idoles australiens, ils ont un ou deux titres blues en plomb fondu, mais aussi pas mal de riff biker super-efficaces comme Blonde, Bad & Beautiful ou Born to Kill, franchement heavy.

Et ils ont l'air de tellement s'amuser et tout donner sur scène qu'on peut bien leur pardonner leur manque total d'originalité. De toutes façons notre cerveau n'est plus irrigué à partir de No Way but the Hard way, et jusqu'au Running Wild final. Beau spectacle dans le genre, et belle performance de Joel O'Keeffe, leur affreux mais plutôt souriant leader, qui a juste oublié de s'éclater une boite de bière sur la tronche comme la dernière fois. Finalement ça ronronne moins qu'AC/DC et c'est dix fois moins cher... Des questions quelqu'un ?
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Depuis le dernier Marsatac, on connaît le potentiel torride en concert du funkyssime projet General Elektriks. Et en effet c'est parfait et chaud bouillant sous la tente, dès Take back the instant jouée dans un groove irrésistible. Le groupe est emmené par son cerveau Hervé Salters, l'homme à la cravate, qui semble descendre un slalom Grospiron tout en jouant intensément bien de son clavier vintage. Et dynamité par son bassiste/claviériste à déhanché quasiment pornographique, le très impressionnant Jessie Chaton toujours en vacances de Fancy et en tenue japonais moulante.
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Même leurs morceaux calmes ont le chic de faire s'agiter les filles (peu vêtues en cet après-midi ensoleillé), ce qui est bien agréable... Et eux au moins sont capables de reprendre Melody Nelson, remixé avec Grandmaster Flash, sans que Gainsbourg ne se retourne dans sa tombe : c'est juste énorme ! Du créteux en poste au vibraphone et à la batterie, jusqu'au guitariste plus effacé, tous sont au même niveau d'excellence : Little Lady, pépère sur disque, s'avère dansante et funky, tandis que Raid the Radio est un tube d'une sensualité à faire passer Rihanna pour une vieille radasse flapie - le chapiteau entier est en train de danser avec, devine-t-on, des pensées salaces...
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Il faut avouer que David Lynch Moments est carrément à s'en rouler par terre de joie, tandis que Jessie agite inconsidérément son petit cul rouge devant une foule hystérique et pratiquement en rut - c'est le premier moment de folie aujourd'hui ! Qui se conclut dans un pétaradant jam final, parti d'une chanson ancienne. Grosse claque, grosse classe. Ils sont promis à un bel avenir et on se jure donc de chroniquer leur dernier disque, Good City for Dreamers, dans les meilleurs délais... (ici !)

Après le come-back (réussi) de Madness l'été dernier à Rock en Seine, numéros 2 dans leur catégorie, on trépigne de voir celui du meilleur groupe du genre à tout jamais, The Specials ! Et ce même si aller contempler le joli minois de Hindi Zahra nous aurait bien titillé aussi... Mis à part le chanteur à l'allure droopyesque et peut-être un peu alcoolisée (le seul qui fait son âge), le groupe de 10 presque-papys est plutôt en forme, de sa section blanche en polos Fred Perry impeccables à sa section noire, qu'elle soit chevelue et sautillante ou tirée à quatre épingles.

On ne connaît pas tout le répertoire mais les plus énormes hits seront bien joués, pour un public bondissant et ravi : la sautillante Do the Dog, les ska historique de Rat Race et Too Much too young, la très entraînante A message to you Rudy (dédiée aux quelques rude boys rasés du public) et enfin les tubes indépassables, formidables Gangsters et Monkey Man. Rhaaaaaa ! On est toutefois partis avant Ghost Town, laissant notre camarade cameraman se pavaner, aujourd'hui, sur la grande scène avec tout le groupe - Il fera moins le malin tout à l'heure, aux prises avec le chanteur des Hives.

C'est le moment du concert qu'on attendait le plus de la journée, en tant qu'immense révélation de l'année écoulée : The XX. Immense et surtout surprenante, au point qu'on a passé pas mal de temps à écouter leur premier album en se demandant ce qu'on pouvait bien trouver à son minimalisme forcené, mais quasiment irrésistible. Sans doute un sens de la simplicité si rare qu'il touche au génie - comme ça arrive parfois en littérature. Leur Intro et Crystalised font gronder le public de bonheur (d'autres gens semblent donc aussi avoir été très touchés par leur album éponyme). Mais il s'avère assez vite que les titres sont joués vraiment comme sur l'album par le peu expressif trio tout en noir, et du coup inadaptés à un festival de plein air. Le brouhaha de l'attention qui se détourne commence à s'entendre sur la très jolie Shelter et la lymphatique VCR...

Les morceaux lents sont encore plus lents, et même les titres plus animées (Basic Space, Islands) ne suffisent pas à nous sortir d'une dépression naissante. On se rend compte qu'on s'emmerde, définitivement, avec le titre Infinity (sur le refrain duquel on peut pratiquement chanter Wicked Game de Chris Isaac de la même voix atone, faites le test !) Pour le moins, on peut dire qu'ils ont été mal placés aujourd'hui, dans une affolante série de concerts plus speed et jouissifs les uns que les autres. Et/Ou qu'ils ne sont vraiment pas un groupe de scène. Tant pis pour eux, on les plante là.

Parce que ça fait bien trop longtemps qu'on a pas re-re-re-vus The Hives (trois ans déjà qu'ils ont joué ici-même !), dont le show punk'n'roll nordique et déjanté est comme chacun sait l'une des choses les plus réjouissantes qui soient en live... Et dont l'arrivée est saluée par une pluie d'averse unique qui, heureusement, ne durera que le temps de nous rafraîchir un bon coup et de rincer le public de la poussière accumulée. Tant mieux pour tou(te)s ces jeunes idiot(e)s qui sont évidemment venus en t-shirt, inconscient(e)s du danger...

Costumés ce soir en matelots, avec un guitariste remplaçant, devant leur nom inscrit en lettres à peine mégalomanes, ils vont délivrer un très cool best-of de leurs oeuvres, balisé de quelques nouveautés d'un nouvel album (enfin !) à paraître... On commence avec Main Offender, où Howlin Pelle Allmqvist, le (sic) "sexy swedish motherfucker", toujours aussi crétin et drôle, en fait déjà des caisses. Avant de sortir une reprise de son chapeau (Civilisation is dying, punk et énorme). Il ne cessera pas de haranguer le public de tout le show...

Au risque d'effacer un peu trop le reste de son groupe, aux noms pourtant délicats et à la prestance parfaite : Dr Mad Destruction, Chris Dangerous, etc. Leur dernier album à ce jour, moins punk-rock et jamais vu en live, recèle quelques perles : si Try it Again est bien sympa, Tick Tick Boom est carrément géniale, plus deux-trois autres non identifiées. Mais ça ne nous rendra jamais aussi dingues que leurs hits historiques come Hate to Say I told You So, assurément l'une des plus grandes chansons de rock-n-roll du 21ième siècle - sans parler de Die, Allright !, une pure tuerie...

Beaucoup de groupes auraient d'ailleurs bien aimé faire une seule chanson aussi bien torchée que certaines de leurs faces B : Walk Idiot Walk, ou la trépidante Two timing touch & Broken Bones, jouée au rappel ! Curieusement, le concert ne se finit par sur leur arme fatale A.K.A. Idiot, qui a pourtant retourné de joie l'ensemble du public et a failli nous faire mourir d'apoplexie. On a droit en bonus à un titre très Ramones dans l'esprit : Return The Favor ! Et on n'a plus qu'à courir boire un ou deux litres de bières pour se remettre d'une prestation aussi marrante, jaggeresque et fabuleusement jouissive que d'habitude !

Leur show de 2009 ayant tourné court, les belges de Ghinzu tiennent leur promesse et reviennent finir le travail en 2010 : excellente idée, messieurs, votre pop-rock fait largement autorité depuis quelques années parmi les étoiles-filantes-à-un-(you)tube du style ! Cette fois-ci ce sera sans pannes à déplorer qu'ils vont dérouler leurs titres les plus percutants du dernier album : Cold Love et Take it Easy, et du précédent la magnifique Dragster Wave et sa fin hargneuse, ou encore leur tube Do You Read Me (on y note que le guitariste est habillé en une fille tout droit sortie des Ting Tings). Efficace mais peut-être un peu trop entendue à force, leur musique permet d'aller faire un petit tour. On revient quand leur concert bien carré se finit par où ils commençaient il y a quelques années, avec la mini-symphonie Blow. Du beau boulot, même si pondre un 4ème album serait aussi une bonne idée...

Petit coup de pompe pour finir, puisqu'on a revu Vitalic à Rock en Seine il y a peu et que son show certes très bien fichu et méchamment dansant, n'a beaucoup changé depuis... Occupés à rechercher une banane perdue (du genre de celles où on met de l'argent et des papiers), on passera seulement revoir ses deux panneaux lumineux, pendant qu'il joue ses chansons "inédites" et tuantes : Anatoles et The 30000 Ft Club, et ses chefs d'oeuvre, Pony Part I et La Rock 01. Nos heureux amis qui ne l'ont jamais vu profiteront seuls de Flashmob et autres My Friend Dario, pendant qu'on goûte un dépaysant, euh, magret tandoori (!)... N'ayant quand même pas particulièrement de charisme sur scène, Mr Arbez gagne sûrement à ne pas être vu trop souvent. Cette deuxième et énorme journée, aussi excitante que prévue, finit donc en pente douce : tout le monde au dodo !

En bonus, notre photo floue : 2 vieux skin-heads et un brillant cameraman... Devinez lequel est notre ami ?
(Photos par Andy Trax, illustrations par Philippe, quelques vidéos par ici)
Le dimanche, c'est par là !
Chaque année, au moins un projet excitant est programmé à une heure indécente, pour qui doit faire la grasse-matinée, récupérer, partager un bon repas entre amis voire faire une sieste, et venir seulement ensuite sur le site des Eurocks. Et donc, raté à coup sûr. Cette fois-ci c'est tombé sur Le Prince Miiaou, 16 h 15 (ouch !), dont le disque Safety First est pourtant l'une des choses les plus étonnantes qu'une chanteuse ait produit en France au 21ième siècle... A rattraper sans fautes (la jolie Maud-Elisa n'a pas été chroniquée pour l'instant en live sur concertandco, si des fois un lecteur ponctuel peut en dire un mot...). On arrive pour les 5 dernières minutes de Broken Social Scene, où il n'y a pas foule dans l'herbe de la grande scène - ça a pourtant l'air pas trop mal, dans le style rock collectif.

Petit problème à résoudre ensuite, choisir entre tout ce qui passe à cette heure-là. On commence avec Omar Souleyman, dont la musique assez irritante en disque a en tout cas titillé notre curiosité. Un clavier et un exotique instrument à corde au manche effilé (un buzok ?), lui font une intro toute en douceur qui monte en puissance, avec l'arrivée du bonhomme, en costume traditionnel, annoncé par un speaker - c'est une légende dans son pays, la Syrie ! Il s'avère que quand le rythme passe en mode électro, l'ambiance décolle instantanément, avec ce chanteur portant impassible et à la voix très nasillarde, qui ne fait pas grand-chose, et ne chante d'ailleurs pas beaucoup non plus...

Mais c'est sans doute aussi grâce aux deux instrumentistes, très doués, qui font admirablement monter la sauce, et au public en forme en ce début de soirée. Si quelques minutes de ce traitement sont amusantes, on aurait pas tenu 1 h 15 sans comprendre de quoi il parle... Chapeau quand même à ce monsieur, qu'on imagine pas totalement extraverti dans sa vie de tous les jours, et qui vient malgré tout chanter devant des jeunes occidentaux bourrés à la bière, et des jeunes filles en soutien-gorge, dont certaines qu'il semble carrément émoustiller avec sa belle moustache et son look de roi du pétrole. Un concert dépaysant des deux côtés de la scène, à n'en pas douter.

Pas tout ça, mais on veut passer revoir une sirène et une découverte sur la scène Club Deville. On a passionnément écouté la délicieuse Emilie Simon dans ses premières phases : mécanique, végétale, on l'a même adoré en concert à plusieurs reprises. Son virage du dernier album vers la pop katebushienne nous laisse par contre tout à fait refroidi, et nostalgiques de son époque de bidouilles sonores bien plus inventives. Quelques chansons dont Fleur de Saison suffiront quand même à retrouver nos marques : elle est toujours aussi délicieuse (aujourd'hui en robe bleue à paillettes), elle a toujours son bras bionique à potentiomètres, et une voix plutôt fascinante.

Et un groupe rétréci mais doué : plus que 2 avec elle, en une ligne d'attaquants unique, qui au moins ne la couvre pas comme cette pauvre Charlotte la veille. Du coup même les chansons de son disque The Big Machine sonnent cool, d'ailleurs on dirait bien qu'elle fait un tabac sous son chapiteau : l'asiatique The cycle est par exemple assez chouette en concert. On ne la suivra quand même pas au delà de son Rainbow parce qu'on est en parfait désaccord avec cette phrase : "I wish it would rain". Non mais sans blagues ! Et aussi, parce que ça mollit un peu ensuite. On ne restera pas très longtemps non plus devant les alsaciens de Colt Silvers, qui font du rock sauce anglaise assez convenu et balisé.

Les illustres crétins d'Airbourne ont beau avoir commis un album totalement régressif (AC/DC retombé en enfance), on leur sait gré d'avoir sauvé du désastre notre première soirée à Sonisphère il y a 15 jours : on sera ravi de les revoir ici, si possible en de meilleures conditions. Il doit bien y avoir moyen de les apprécier sans avoir les pieds dans 30 centimètres de boue quand même, non ? Ils ont en tout cas réussi l'exploit d'être classés "hard rock", catégorie rarement représentée aux Eurockéennes, pour cause de fréquente nullité artistique.

En effet ça part mieux, à part qu'après leur intro sur l'air de Terminator II, ils jouent trois fois trop fort leur Raise your flag, cheveux en l'air et guitares brandies à chaque occasion. Bouchons d'oreille ou acouphènes, you name it ! Ah les beaux bourricots que voilà, soulevant une poussière d'enfer dans le public déchaîné, qui slamme avec entrain et qui en profite pour martyriser un dauphin gonflable ! Déroulant leur catalogue de titres débiles et réjouissants, ils ne font pas dans la dentelle, mais au moins ça réveille et ça colle la banane à tout le monde ...

Et on a bien évidemment droit à l'ascension, déjà traditionnelle, de la structure de la grande scène par le chanteur qui monte y planter (sans baudrier) un solo à l'huile de vidange à au moins 10 mètres de haut, au risque de finir démembré sur un ampli de retour. Avant de descendre galoper dans la fosse, au risque de s'empaler sur sa Gibson Explorer fétiche en cas de chute. A l'instar de leurs idoles australiens, ils ont un ou deux titres blues en plomb fondu, mais aussi pas mal de riff biker super-efficaces comme Blonde, Bad & Beautiful ou Born to Kill, franchement heavy.

Et ils ont l'air de tellement s'amuser et tout donner sur scène qu'on peut bien leur pardonner leur manque total d'originalité. De toutes façons notre cerveau n'est plus irrigué à partir de No Way but the Hard way, et jusqu'au Running Wild final. Beau spectacle dans le genre, et belle performance de Joel O'Keeffe, leur affreux mais plutôt souriant leader, qui a juste oublié de s'éclater une boite de bière sur la tronche comme la dernière fois. Finalement ça ronronne moins qu'AC/DC et c'est dix fois moins cher... Des questions quelqu'un ?
Depuis le dernier Marsatac, on connaît le potentiel torride en concert du funkyssime projet General Elektriks. Et en effet c'est parfait et chaud bouillant sous la tente, dès Take back the instant jouée dans un groove irrésistible. Le groupe est emmené par son cerveau Hervé Salters, l'homme à la cravate, qui semble descendre un slalom Grospiron tout en jouant intensément bien de son clavier vintage. Et dynamité par son bassiste/claviériste à déhanché quasiment pornographique, le très impressionnant Jessie Chaton toujours en vacances de Fancy et en tenue japonais moulante.
Même leurs morceaux calmes ont le chic de faire s'agiter les filles (peu vêtues en cet après-midi ensoleillé), ce qui est bien agréable... Et eux au moins sont capables de reprendre Melody Nelson, remixé avec Grandmaster Flash, sans que Gainsbourg ne se retourne dans sa tombe : c'est juste énorme ! Du créteux en poste au vibraphone et à la batterie, jusqu'au guitariste plus effacé, tous sont au même niveau d'excellence : Little Lady, pépère sur disque, s'avère dansante et funky, tandis que Raid the Radio est un tube d'une sensualité à faire passer Rihanna pour une vieille radasse flapie - le chapiteau entier est en train de danser avec, devine-t-on, des pensées salaces...
Il faut avouer que David Lynch Moments est carrément à s'en rouler par terre de joie, tandis que Jessie agite inconsidérément son petit cul rouge devant une foule hystérique et pratiquement en rut - c'est le premier moment de folie aujourd'hui ! Qui se conclut dans un pétaradant jam final, parti d'une chanson ancienne. Grosse claque, grosse classe. Ils sont promis à un bel avenir et on se jure donc de chroniquer leur dernier disque, Good City for Dreamers, dans les meilleurs délais... (ici !)

Après le come-back (réussi) de Madness l'été dernier à Rock en Seine, numéros 2 dans leur catégorie, on trépigne de voir celui du meilleur groupe du genre à tout jamais, The Specials ! Et ce même si aller contempler le joli minois de Hindi Zahra nous aurait bien titillé aussi... Mis à part le chanteur à l'allure droopyesque et peut-être un peu alcoolisée (le seul qui fait son âge), le groupe de 10 presque-papys est plutôt en forme, de sa section blanche en polos Fred Perry impeccables à sa section noire, qu'elle soit chevelue et sautillante ou tirée à quatre épingles.

On ne connaît pas tout le répertoire mais les plus énormes hits seront bien joués, pour un public bondissant et ravi : la sautillante Do the Dog, les ska historique de Rat Race et Too Much too young, la très entraînante A message to you Rudy (dédiée aux quelques rude boys rasés du public) et enfin les tubes indépassables, formidables Gangsters et Monkey Man. Rhaaaaaa ! On est toutefois partis avant Ghost Town, laissant notre camarade cameraman se pavaner, aujourd'hui, sur la grande scène avec tout le groupe - Il fera moins le malin tout à l'heure, aux prises avec le chanteur des Hives.

C'est le moment du concert qu'on attendait le plus de la journée, en tant qu'immense révélation de l'année écoulée : The XX. Immense et surtout surprenante, au point qu'on a passé pas mal de temps à écouter leur premier album en se demandant ce qu'on pouvait bien trouver à son minimalisme forcené, mais quasiment irrésistible. Sans doute un sens de la simplicité si rare qu'il touche au génie - comme ça arrive parfois en littérature. Leur Intro et Crystalised font gronder le public de bonheur (d'autres gens semblent donc aussi avoir été très touchés par leur album éponyme). Mais il s'avère assez vite que les titres sont joués vraiment comme sur l'album par le peu expressif trio tout en noir, et du coup inadaptés à un festival de plein air. Le brouhaha de l'attention qui se détourne commence à s'entendre sur la très jolie Shelter et la lymphatique VCR...

Les morceaux lents sont encore plus lents, et même les titres plus animées (Basic Space, Islands) ne suffisent pas à nous sortir d'une dépression naissante. On se rend compte qu'on s'emmerde, définitivement, avec le titre Infinity (sur le refrain duquel on peut pratiquement chanter Wicked Game de Chris Isaac de la même voix atone, faites le test !) Pour le moins, on peut dire qu'ils ont été mal placés aujourd'hui, dans une affolante série de concerts plus speed et jouissifs les uns que les autres. Et/Ou qu'ils ne sont vraiment pas un groupe de scène. Tant pis pour eux, on les plante là.
Parce que ça fait bien trop longtemps qu'on a pas re-re-re-vus The Hives (trois ans déjà qu'ils ont joué ici-même !), dont le show punk'n'roll nordique et déjanté est comme chacun sait l'une des choses les plus réjouissantes qui soient en live... Et dont l'arrivée est saluée par une pluie d'averse unique qui, heureusement, ne durera que le temps de nous rafraîchir un bon coup et de rincer le public de la poussière accumulée. Tant mieux pour tou(te)s ces jeunes idiot(e)s qui sont évidemment venus en t-shirt, inconscient(e)s du danger...

Costumés ce soir en matelots, avec un guitariste remplaçant, devant leur nom inscrit en lettres à peine mégalomanes, ils vont délivrer un très cool best-of de leurs oeuvres, balisé de quelques nouveautés d'un nouvel album (enfin !) à paraître... On commence avec Main Offender, où Howlin Pelle Allmqvist, le (sic) "sexy swedish motherfucker", toujours aussi crétin et drôle, en fait déjà des caisses. Avant de sortir une reprise de son chapeau (Civilisation is dying, punk et énorme). Il ne cessera pas de haranguer le public de tout le show...

Au risque d'effacer un peu trop le reste de son groupe, aux noms pourtant délicats et à la prestance parfaite : Dr Mad Destruction, Chris Dangerous, etc. Leur dernier album à ce jour, moins punk-rock et jamais vu en live, recèle quelques perles : si Try it Again est bien sympa, Tick Tick Boom est carrément géniale, plus deux-trois autres non identifiées. Mais ça ne nous rendra jamais aussi dingues que leurs hits historiques come Hate to Say I told You So, assurément l'une des plus grandes chansons de rock-n-roll du 21ième siècle - sans parler de Die, Allright !, une pure tuerie...

Beaucoup de groupes auraient d'ailleurs bien aimé faire une seule chanson aussi bien torchée que certaines de leurs faces B : Walk Idiot Walk, ou la trépidante Two timing touch & Broken Bones, jouée au rappel ! Curieusement, le concert ne se finit par sur leur arme fatale A.K.A. Idiot, qui a pourtant retourné de joie l'ensemble du public et a failli nous faire mourir d'apoplexie. On a droit en bonus à un titre très Ramones dans l'esprit : Return The Favor ! Et on n'a plus qu'à courir boire un ou deux litres de bières pour se remettre d'une prestation aussi marrante, jaggeresque et fabuleusement jouissive que d'habitude !
Leur show de 2009 ayant tourné court, les belges de Ghinzu tiennent leur promesse et reviennent finir le travail en 2010 : excellente idée, messieurs, votre pop-rock fait largement autorité depuis quelques années parmi les étoiles-filantes-à-un-(you)tube du style ! Cette fois-ci ce sera sans pannes à déplorer qu'ils vont dérouler leurs titres les plus percutants du dernier album : Cold Love et Take it Easy, et du précédent la magnifique Dragster Wave et sa fin hargneuse, ou encore leur tube Do You Read Me (on y note que le guitariste est habillé en une fille tout droit sortie des Ting Tings). Efficace mais peut-être un peu trop entendue à force, leur musique permet d'aller faire un petit tour. On revient quand leur concert bien carré se finit par où ils commençaient il y a quelques années, avec la mini-symphonie Blow. Du beau boulot, même si pondre un 4ème album serait aussi une bonne idée...
Petit coup de pompe pour finir, puisqu'on a revu Vitalic à Rock en Seine il y a peu et que son show certes très bien fichu et méchamment dansant, n'a beaucoup changé depuis... Occupés à rechercher une banane perdue (du genre de celles où on met de l'argent et des papiers), on passera seulement revoir ses deux panneaux lumineux, pendant qu'il joue ses chansons "inédites" et tuantes : Anatoles et The 30000 Ft Club, et ses chefs d'oeuvre, Pony Part I et La Rock 01. Nos heureux amis qui ne l'ont jamais vu profiteront seuls de Flashmob et autres My Friend Dario, pendant qu'on goûte un dépaysant, euh, magret tandoori (!)... N'ayant quand même pas particulièrement de charisme sur scène, Mr Arbez gagne sûrement à ne pas être vu trop souvent. Cette deuxième et énorme journée, aussi excitante que prévue, finit donc en pente douce : tout le monde au dodo !
En bonus, notre photo floue : 2 vieux skin-heads et un brillant cameraman... Devinez lequel est notre ami ?
(Photos par Andy Trax, illustrations par Philippe, quelques vidéos par ici)
Le dimanche, c'est par là !
Signature : Philippele 06/07/2010
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Photographe : andy trax
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le 01 Juillet 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)


le 01/07/2012 - Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert (par Philippe)

le 30 Juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)


le 30 juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert, (par Philippe)

le 29 Juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)


le 16 mai 2012 - La Gaîté Lyrique, Paris (par Pierre Andrieu)


le 10 juin 2011 - Place Poulain Corbion, Saint Brieuc (par Philippe)

le 19 Juillet 2008 - Les Vallettes - Angoulème (par Mystic Punk Pinguin)

le 19 juillet 2008 - Garden Nef Party Festival - Angoulème (par piou)
le 13 Avril 2011 - Bikini - Ramonville (par Stephanie K)

le 3 Avril 2010 - Festival Garorock - Marmande (par Audrey H)

le 27 Avril 2013 - Le W et le Palais d'Auron, Bourges (par Pierre Andrieu)


le 28 août 2009 - Saint-Cloud, Parc de Saint-Cloud (par Philippe)

le 07 février 2009 - Docks Des Suds (Marseille) (par Croc-blanc)

le 14 avril 2010 - Le Phénix, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 11 Novembre 2011 - Espace Ughetti - Luynes (par Ysabel)

le 10 novembre 2011 - Espace Culturel Andre Malraux - Six Fours (par mylo)


le 10, 11 et 12 août 20 - Fort de Saint-Père, Saint-Malo (par Clement Chevrier)
le 11 août 2012 - Fort de Saint-Père, Saint-Malo (par Alexandre Costuche)

le 1er juillet 2010 - Werchter (par Cabask)

le 12 Août 2010. - Terrasse du palais des festivals - Cannes (par Sami)

le 2 juillet 2010 - Werchter (par Cabask)

le 8 juillet 2011 - Snowhall Parc, Amnéville (par Abigail Darktrisha)

le 19,20 juin 2010 - Hellfest - Clisson (par Rama)

le 19 juin 2010 - Clisson (par Boby)
Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert


le 01 Juillet 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)


le 01/07/2012 - Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert (par Philippe)

le 30 Juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)


le 30 juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert, (par Philippe)

le 29 Juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)















