Autant être franc, la soirée ne commence pas sous les meilleurs auspices avec une première partie indigne de la programmation de la Fiesta qui tutoie régulièrement l'excellence. En arrivant je pensais que ce serait Poum Tchack (ils joueront en fin de soirée dans un Cabaret Rouge plein à craquer, trop plein pour votre chroniqueur qui n'arrivera pas y accèder, dommage ça avait l'air chouette) et puis non, changement de programme ce sont les improbables Yvan Marc et Ceux Qui Jouent Assis qui se chargent de faire patienter les amateurs du quatuor Stéphanois. Habituellement je suis indulgent avec les premières parties, ils débutent et tout, mais là c'est vraiment pas ma tasse de thé, de la chanson néo-réaliste-pouet-pouet édifiante, parsemée de blagues qui tombent aussi plat que les mélodies. En voyant les réactions enthousiastes du public (étudiant et familial, le groupe ratisse large apparament) et de mon entourage ("Rroh t'es chiant Sami c'est pas si mauvais musicalement") il ne me reste qu'à mécraser en attendant que ça finisse, en se sentant un peu largué sur le coup.
Musique apaisante pendant le changement de plateau, un truc asiatique je pense, avec en fond sonore la fanfare d'à coté qui fait qu'on va se rapprocher du centre de la salle pour apprécier le set de Mickey 3d. Groupe dont je ne connaissais que les singles, avec un a priori positif (leur "La France a peur" prémonitoire de leurs débuts, joué ce soir avec de belles lumières bleu-blanc-rouge et un cabotinage marrant du batteur "Bouh hou ayez confiannnnce"). Et aussi un bémol, celui d'avoir involontairement remis les affreux Indochine sur le devant de la scène (ils feront "J'ai demandé à la lune" façon grunge jouissif vers la fin). Mais dans l'ensemble leur chanson rock est de qualité, réussissant à méler discours politique et mélodies féderatrices sans tomber dans la lourdeur qui plombe tellement de groupes d'ici.
Tout ça avec une présence scènique indéniable, pas mal d'humour (mention à "Le grand Jacques" ou le presque dancefloor "Les enfants") et un ton grave et juste qui accompagne des textes poignants comme ceux de "Ma grand-mère" et "Mimoun, fils de Harki".
C'est ça le "plus" de Mickael Furnon et ses complices : taper là où ça fait mal sans en faire trop. Ca se traduit par une chanson "sans lumière et sans son" dédiée aux Intermittents, ou en jouant leur tube ("Respire") en plein milieu, ou en oubliant volontairement leur titre qui passe en ce moment en radio ("Yalil la fin des haricots", dommage soit dit en passant, l'est bien ce single).
Et quand l'atmosphère se fait plus lourde, ils finissent avec des reprises rock 'n' roll de "Saw Her Standing There" des Beatles et plus surprenant "Fresh" de Kool and The Gang. Ils ont l'air contents que l'assistance, d'autant qu'il y avait match comme ils le feront remarquer, et obtiennent un succès bien mérité après nous avoir fait passer un très bon moment, sans prétention aucune.
Signature : Sami le 31/10/2003 |
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