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Lundi 28 mai 2012 : 9038 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert Mike Watt & the Missing men + Papier Tigre


Mike Watt & the Missing men + Papier Tigre  en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

Etant donné que JCG ne fera sans doute jamais voter la création d’une station de métro à la Belle-de-Mai, direction l’Embobineuse à vélo et sous la pluie. J’arrive alors que la première première partie vient de terminer. Apparemment c’était le projet solo d’un membre d’Overmars et Kabuki Buddah. D’après une madame dans le hall " c’était juste mignon "…bon je sais ce n’est pas digne d’un journaliste…mais justement je ne suis ni digne ni journaliste…

Les choses sérieuses débutent avec le trio noisy nantais de Papier Tigre.
Je les avais découvert il y a quelques années aux Trans de Rennes. J’avais beaucoup aimé et ce soir je vais encore plus aimer. Leur musique passe beaucoup mieux dans une salle underground du style de l’Embob.
Ils sont trois : deux guitares dont une à priori baryton vu les sons graves qu’elles sort, un batteur qui mouline autant que la dernière fois, et un des deux guitaristes assurent les parties de chant/hurlement.
Les morceaux sont déstructurés au possible, on passe de breaks de la mort en breaks de l’espace. Par moment les rythmes ou les gimmicks de guitare ont des échos un peu world, preuve que le groupe n’a pas dû écouter que du punk.
Bon on a un peu de mal à taper du pied tant les morceaux partent dans tous les sens et sans prévenir. Puis le (environ) 4e morceau avec une guitare truffée d’harmoniques finit par permettre de danser. Du coup le concert devient vraiment prenant. Je me demande juste si ils sont pas tous les trois nés avec un métronome dans le cul tant leurs mises en place pourtant compliquées respirent la maîtrise totale.
Bref assez bluffant et comme le son est bien réglé (comme toujours à l’Embob) et que leurs morceaux tiennent la route : on vit une entrée en matière qui met carrément de bonne humeur !

Pendant la pause la musique d’ambiance est jazz avec (dixit Mike Watt qui a dû la choisir ) : John Coltrane.

Ca repose un peu avant les assauts bruitistes de Mike Watt and the Missing men.
Ce concert ne s’inscrit pas dans le cadre du festival Chuuuut, pourtant nul doute qu’il aurait pu en être la tête d’affiche. Car Mike Watt, mis à part d’avoir connu sur le tard une part de gloire grâce à sa participation à la reformation de Iggy and the Stooges, est aussi et peut-être surtout le bassiste de feu les mythiques Minutemen dont j’avais connu l’existence (comme beaucoup) pendant les années grunge puisque pas mal de groupes les cités comme une influence majeure à l’époque.
Le Mike, avec ses éternels cheveux blancs (il n’a " que " 53 ans), ne paye pas de mine avec son jean fatigué et sa chemise de bûcheron. En plus d’avoir une bonne bouille du terroir virginien Mike Watt a une manière simple et directe de parler qui le rend instantanément sympathique.
Au niveau musical : waouh ça part là aussi dans tous les sens mais cette fois-ci autant au niveau des rythmes et des structures qu’au niveau des styles…Qui est capable de définir avec certitude le style de leur musique ? C’est un peu punk certes mais dans un délire un peu arty qui est sans arrêt contre balancé par des passages plus " populaires " teintés de blues ou de pop.

Mike Watt, en plus d’être un bassiste gigantesque au style inimitable a une voix grave plutôt sexy.
Au niveau technique c’est encore un niveau au-dessus de Papier Tigre : assez incroyable qu’ils soient autant ensemble alors que guitare, basse et batterie partent chacun dans une direction tordue. Bon malgré tout c’est pas une musique que pour connaisseurs épris de technique (dont je ne suis pas), non ça fait bouger les fesses, ça fait sourire, ça fait transpirer, bref ça rend assez heureux.
Je retiendrai pour ma part le bluesy jazzy poisseux et Lynchien (David) Pinned to the table-Man.
Parfois au milieu de toute cette orgie musicale sans temps mort il y a donc quelques instants de répits et là la guitare est seulement effleurée/pincée du bout des doigts.

Pour le rappel Mike Watt présente ses deux acolytes californiens le guitariste (Tom Watson) et le batteur (Raul Morales). Le batteur en profite pour partir sur une rythmique marteau piqueur et le guitariste pour piquer le micro de Mike Watt. Ce final devient carrément hypnotique et l’ambiance dans l’embob, bien remplie, monte encore de quelques crans. Conclusion : Concert de la semaine, du mois, de l’année,…

Je pars en remarquant le Jésus volant de l’entrée et je me dis que ça fait vraiment plaisir de pouvoir voir à Marseille des concerts aussi pointus dans cette salle sans nul autre pareil.


 


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