Mina May tout d’abord. Un groupe toulonnais qui commence à faire parler de lui. De retour d’un périple au Québec, ils sont sur un nuage actuellement : leur présélection au Printemps de Bourges les émoustille quelque peu et ils peaufinent le set qu’ils délivreront à Cannes le 12 décembre et qui sera décisif pour la sélection définitive.
Le premier constat est qu’ils ont su créer une ambiance pop rock psychédélique drapée de mystère qui leur est propre.
Ainsi dans Into Your Mouth avec lequels ils débutent. C’est ce morceau, entendu sur leur espace, qui a attisé ma curiosité à leur égard. Un titre très proche du répertoire du groupe Archive avec leurs deux claviers, le prenant crescendo et la fin répétitive où ils épellent en boucle les 13 lettres du titre.
Certaines de leurs compositions sonnent beaucoup plus rock comme Main Title. Multi instrumentistes – je crois me souvenir qu’ils sont tous passés derrière les claviers à un moment ou à un autre – ils préfèrent alors les guitares. L’énergie déployée notamment par une batterie pêchue et le format (guère plus de deux minutes) confinent au punk.
Rebelote avec A Scanner Darkly à ranger dans la première catégorie et Evil Song dans la seconde. Au cours de la soirée, ils parviennent à me faire penser à Tom Verlaine, à Placebo (de la meilleure époque) mais la voix de Flashing Teeth semble éprouvée, en tout cas loin de la qualité rencontrée sur les enregistrements. A revoir prochainement, ne serait-ce que pour la qualité de leurs compos, Into Your Mouth et Love Song en tête.
C’est pourtant leur seule reprise que j’ai préférée : By This River de Brian Eno, où claviers, basse et guitare s’unissent pour façonner un climat empreint de nostalgie.
La salle s’est rapidement clairsemée par la suite. J’en connais même qui se sont souvenus brusquement qu’ils "travaillaient demain" à la lecture de la classification "folk canadien" du second groupe. Bande de sectaires, va !
Ils ont eu bien tort. L’ambiance créée par Mark Berube & The Patriotic Few est tout aussi mystérieuse et leur musique ne sent pas l’orignal séché.
Mark Berube, genre de Sherlock Holmes sans pipe derrière son clavier, est accompagné lui aussi d’un bon batteur, d’Antoni de Mina May à la basse (ils ont sympathisé lors du séjour du groupe toulonnais à Montréal) et surtout d’une violoncelliste. C’est fou comme cet instrument peut vous bonifier une composition.
Certaines valent le détour, le très entraînant Looking For Another, le tendre Say It Ain’t So (rien à voir avec le tube de Weezer).
Si Mark Berube est toujours au lead vocal, ses trois compères chantent également, et plutôt bien. Le final de Minus 17 avec les quatre voix qui se superposent est une merveille.
Mark Berube : piano, chant / Patrick Dugas : batterie, chant / Kristina Koropecki : violoncelle, chant / Antoni : basse, chant