Critique de concert Mix Up Beyrouth (Festival de Marseille / Marsatac)

Difficile d'écrire une chronique de ce fabuleux concert. Le plus simple est sans doute de commencer par un historique, de parler des rencontres, rencontres musicales avec deux artistes que j'ai décidés de suivre du plus près possible depuis que je les ai découverts.
Chronologiquement, de ceux qui étaient présents ce 11 juillet 2009 à la Friche de la Belle de Mai, celui que j'ai rencontré en premier fût Rodolphe Burger. C'était avec Katonoma dans les années 90. C'était très certainement avec la chanson Cupid présente sur leur premier album (qui porte le nom de cette chanson), chanson au lyrisme époustouflant qui sera reprise pour ce Mix up Beyrouth. Voir Katonoma sur scène, c'était s'exposer à prendre une grande claque rock dans les oreilles, et depuis ce premier album, la classe des textes, des compositions et des choix artistiques de Rodolphe Burger n'ont jamais altéré ni la qualité de sa production, ni la joie de le retrouver sur scène.

Depuis, que ce soit avec son groupe (comme l'année dernière au Cargo à Arles) ou avec une dizaine de musiciens (comme en 2005 au théâtre de cavaillon avec, entre autre, Johan Guillon de Ez3keil, Lionel Pierres, Dgiz et son comparse Olivier Cadiot), tous les concerts de (ou avec) Rodolphe Burger auxquels j'ai assisté ont fait partie de ceux que je n'aurais voulu manqué pour rien au monde. Comme sur scène, Rodolphe Burger a souvent, sur ses disques (et ils sont nombreux), emprunté les itinéraires alternatifs, collaborant avec Doctor L., Erik Truffaz, James Blood Ulmer, Fred Poulet ou Alain Bashung (entre autres). Comme pour ses concerts, il a depuis le tout début, mêlé la musique de ses albums de mélodies et rythmes atypiques.Hôtel Robinson, enregistré avec des mix de voix d'habitants de l'île de Batz, ou Welshe : On N'est Pas Indiens, C'est Dommage qui allie des titres de Burger ou des chansons folkloriques vosgiennes avec des samples et des témoignages d'habitants de la vallée de la Liepvrette, ou le plus récent Before Bach avec Erik Marchand et Mehdi Haddab en sont de sublimes illustrations. Ajoutons à tout ça un son et un jeu de guitare inimitables, et des textes remarquables, et on obtient un des plus grands artiste de la scène actuelle.

La rencontre avec l'univers de Nevchehirlian est plus récente. La première fois, c'était pour écouter le slam rock et sensible de Vibrion. La seconde, il participait à un concert à priori improbable, mais qui restera dans ma mémoire à jamais. Un concert organisé par le Museon Arlaten d'Arles, dont le thème était… le vélo de Jeanne Calment ! Un concert pour lequel Fred Nevchehirlian collaborait sur scène avec Guylaine Renaud et Antoine Chao, fusionnant samples, chants folkloriques provençaux, guitare électrique et slam. L'album de Nevchehirlian qui est paru en Mai de cette année résulte lui aussi d'un mélange. Celui du rock, du slam et de rythmes africain. Ces concerts, gorgés d'énergie et imprégnés de ces influences hybrides lui donnent une place privilégiée dans les artistes actuels.

Des musiciens libanais invité par Fred Nevchehirlian pour la résidence d'une semaine à Marseille, et ce concert consécutif unique à la Friche de la Belle de Mai, je ne savais, par contre, rien, et ce sera donc ce soir-là, ma première rencontre avec eux. Mais vu les antécédents que je viens d'évoquer pour la paire Nevchehirlian / Burger, autant dire que je venais à ce Mix Up Beyrouth plein d'attente et d'espoir.

La scène est installée dehors, devant le hall où se trouve le Cabaret Aléatoire. Il fait chaud, et l'espace disponible est juste suffisant pour accueillir le public nombreux et mélangé venu à la Friche de la Belle de Mai (mélangé en âge, et origines, il n'y a pas uniquement le public habitué des salles de concerts, et c'est tant mieux).

Après une restitution de l'atelier Des milliers de sons (associations MADE) par les enfants qui y ont participé, avec l'équipe artistique de Piano et Compagnie (Nathalie Negro), et Frédéric Nevchehirlian, Youmna Saba et Fadi Tabbal entrent sur scène pour interpréter quelques-unes de leurs chansons. La voix de Youmna Saba est un enchantement, les mélodies très orientales mais aussi très "folk américain", et dés ce premier set joué sobrement avec deux guitares sèches (et un Buzuk), on est de pleins pieds dans le Mix Up pour lequel nous sommes tous venus.

Puis, toute la troupe de Mix Up Beyrouth monte sur scène. De gauche à droite : Fred Nevchehirlian (guitare et chant), Fadi Tabbal (guitare et samples), Abed Kobeissy (Buzuk), Youmna Saba (Chant), Rodolphe Burger (guitare, chant et samples),Julien Perraudeau (basse), Ziad Saad de Pop Will Save Us (clavier, guitare et chant) et Rayess Bek (chant et samples) investissent les lieux. Le premier morceau est un remarquable mélange des univers des huit artistes présents, laissant la place à la voix de chacun, tour à tour, permettant à la fusion franco-libanaise de se mettre en place en douceur, nous rappelant que tout est sur un même plan, là, que tout est simple, exposé, que tout est ouvert avenant.

On passe d'une chanson de Nevchehirlian arrangée à la sauce libanaise à une autre de Burger matinée du rap de Rayess Bek pour aller vers un titre de Youmna Saba sur lequel Rodolphe Burger imprime son phrasé de guitare implacable, puis revenir à un morceau de Burger accompagné de la voix de Youmna Saba. L'heure de concert qui se passe ainsi pourrait laisser croire que ces musiciens là jouent ensemble depuis des années, qu'ils connaissent chacun intégralement le répertoire de l'autre, tellement cette interprétation bariolée semble naturelle. Il n'en est sans doute rien, ces musiciens sont juste d'excellents artistes, capables de s'ouvrir à des univers apparemment éloignés, mais unis par le langage de la musique. Le public décolle littéralement sur un titre tubesque chanté par Ziad Saad qui s'empare d'une guitare folk et lance un "si vous voulez bouger, c'est maintenant ou jamais" qui tient ses promesses. Ce sera d'ailleurs le seul titre du rappel, pour la joie d'un public qui aurait malgré tout pu écouter ce Mix up Beyrouth une bonne heure de plus !

En bref et pour résumer, ce fut une soirée qui a tenu ses promesses : un parfait mélange brillement réussi, avec le petit plus pour les gens présents ce soir là, d'avoir le sentiment d'assister à un truc unique… D'avoir fait de magnifiques rencontres. Et on se met à rêver que cette petite troupe nous fasses d'autres dates et un album tant qu'ils sont ensemble ?
Mix Up Collage de Stéphane Degros - www.stephanedegros.blogspot.com :

Chronologiquement, de ceux qui étaient présents ce 11 juillet 2009 à la Friche de la Belle de Mai, celui que j'ai rencontré en premier fût Rodolphe Burger. C'était avec Katonoma dans les années 90. C'était très certainement avec la chanson Cupid présente sur leur premier album (qui porte le nom de cette chanson), chanson au lyrisme époustouflant qui sera reprise pour ce Mix up Beyrouth. Voir Katonoma sur scène, c'était s'exposer à prendre une grande claque rock dans les oreilles, et depuis ce premier album, la classe des textes, des compositions et des choix artistiques de Rodolphe Burger n'ont jamais altéré ni la qualité de sa production, ni la joie de le retrouver sur scène.

Depuis, que ce soit avec son groupe (comme l'année dernière au Cargo à Arles) ou avec une dizaine de musiciens (comme en 2005 au théâtre de cavaillon avec, entre autre, Johan Guillon de Ez3keil, Lionel Pierres, Dgiz et son comparse Olivier Cadiot), tous les concerts de (ou avec) Rodolphe Burger auxquels j'ai assisté ont fait partie de ceux que je n'aurais voulu manqué pour rien au monde. Comme sur scène, Rodolphe Burger a souvent, sur ses disques (et ils sont nombreux), emprunté les itinéraires alternatifs, collaborant avec Doctor L., Erik Truffaz, James Blood Ulmer, Fred Poulet ou Alain Bashung (entre autres). Comme pour ses concerts, il a depuis le tout début, mêlé la musique de ses albums de mélodies et rythmes atypiques.Hôtel Robinson, enregistré avec des mix de voix d'habitants de l'île de Batz, ou Welshe : On N'est Pas Indiens, C'est Dommage qui allie des titres de Burger ou des chansons folkloriques vosgiennes avec des samples et des témoignages d'habitants de la vallée de la Liepvrette, ou le plus récent Before Bach avec Erik Marchand et Mehdi Haddab en sont de sublimes illustrations. Ajoutons à tout ça un son et un jeu de guitare inimitables, et des textes remarquables, et on obtient un des plus grands artiste de la scène actuelle.

La rencontre avec l'univers de Nevchehirlian est plus récente. La première fois, c'était pour écouter le slam rock et sensible de Vibrion. La seconde, il participait à un concert à priori improbable, mais qui restera dans ma mémoire à jamais. Un concert organisé par le Museon Arlaten d'Arles, dont le thème était… le vélo de Jeanne Calment ! Un concert pour lequel Fred Nevchehirlian collaborait sur scène avec Guylaine Renaud et Antoine Chao, fusionnant samples, chants folkloriques provençaux, guitare électrique et slam. L'album de Nevchehirlian qui est paru en Mai de cette année résulte lui aussi d'un mélange. Celui du rock, du slam et de rythmes africain. Ces concerts, gorgés d'énergie et imprégnés de ces influences hybrides lui donnent une place privilégiée dans les artistes actuels.

Des musiciens libanais invité par Fred Nevchehirlian pour la résidence d'une semaine à Marseille, et ce concert consécutif unique à la Friche de la Belle de Mai, je ne savais, par contre, rien, et ce sera donc ce soir-là, ma première rencontre avec eux. Mais vu les antécédents que je viens d'évoquer pour la paire Nevchehirlian / Burger, autant dire que je venais à ce Mix Up Beyrouth plein d'attente et d'espoir.

La scène est installée dehors, devant le hall où se trouve le Cabaret Aléatoire. Il fait chaud, et l'espace disponible est juste suffisant pour accueillir le public nombreux et mélangé venu à la Friche de la Belle de Mai (mélangé en âge, et origines, il n'y a pas uniquement le public habitué des salles de concerts, et c'est tant mieux).

Après une restitution de l'atelier Des milliers de sons (associations MADE) par les enfants qui y ont participé, avec l'équipe artistique de Piano et Compagnie (Nathalie Negro), et Frédéric Nevchehirlian, Youmna Saba et Fadi Tabbal entrent sur scène pour interpréter quelques-unes de leurs chansons. La voix de Youmna Saba est un enchantement, les mélodies très orientales mais aussi très "folk américain", et dés ce premier set joué sobrement avec deux guitares sèches (et un Buzuk), on est de pleins pieds dans le Mix Up pour lequel nous sommes tous venus.

Puis, toute la troupe de Mix Up Beyrouth monte sur scène. De gauche à droite : Fred Nevchehirlian (guitare et chant), Fadi Tabbal (guitare et samples), Abed Kobeissy (Buzuk), Youmna Saba (Chant), Rodolphe Burger (guitare, chant et samples),Julien Perraudeau (basse), Ziad Saad de Pop Will Save Us (clavier, guitare et chant) et Rayess Bek (chant et samples) investissent les lieux. Le premier morceau est un remarquable mélange des univers des huit artistes présents, laissant la place à la voix de chacun, tour à tour, permettant à la fusion franco-libanaise de se mettre en place en douceur, nous rappelant que tout est sur un même plan, là, que tout est simple, exposé, que tout est ouvert avenant.

On passe d'une chanson de Nevchehirlian arrangée à la sauce libanaise à une autre de Burger matinée du rap de Rayess Bek pour aller vers un titre de Youmna Saba sur lequel Rodolphe Burger imprime son phrasé de guitare implacable, puis revenir à un morceau de Burger accompagné de la voix de Youmna Saba. L'heure de concert qui se passe ainsi pourrait laisser croire que ces musiciens là jouent ensemble depuis des années, qu'ils connaissent chacun intégralement le répertoire de l'autre, tellement cette interprétation bariolée semble naturelle. Il n'en est sans doute rien, ces musiciens sont juste d'excellents artistes, capables de s'ouvrir à des univers apparemment éloignés, mais unis par le langage de la musique. Le public décolle littéralement sur un titre tubesque chanté par Ziad Saad qui s'empare d'une guitare folk et lance un "si vous voulez bouger, c'est maintenant ou jamais" qui tient ses promesses. Ce sera d'ailleurs le seul titre du rappel, pour la joie d'un public qui aurait malgré tout pu écouter ce Mix up Beyrouth une bonne heure de plus !

En bref et pour résumer, ce fut une soirée qui a tenu ses promesses : un parfait mélange brillement réussi, avec le petit plus pour les gens présents ce soir là, d'avoir le sentiment d'assister à un truc unique… D'avoir fait de magnifiques rencontres. Et on se met à rêver que cette petite troupe nous fasses d'autres dates et un album tant qu'ils sont ensemble ?
Mix Up Collage de Stéphane Degros - www.stephanedegros.blogspot.com :

Signature : chlorophille 15/07/2009
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Photographe : chlorophil
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le 01 octobre 2011 - Friche Belle de Mai, Marseille (par Pirlouiiiit)

le 1er octobre 2011 - La Friche Belle-de-Mai, Marseille (par Philippe)

le 1er octobre 2011 - Friche Belle de Mai - Marseille (par Julien)


le 6 juillet 2010 - Salle Vallier, Marseille (par stéphane sarpaux)


le 06 juillet 2009 - Théâtre du Gymnase, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 6 juillet 2010 - Salle Vallier, Marseille (par stéphane sarpaux)


le 06 juillet 2009 - Théâtre du Gymnase, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 29 juin 2009 - La Cartonnerie (Friche Belle De Mai) - Marseille (par Mcyavell)


le 18 juin 2009 - Theatre du Merlan, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 Juin 2009 - Esplanade Bargemon - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)


le 20 septembre 2009 - Cours Foch - Aubagne (par Mcyavell)
Friche Belle de Mai - Marseille


le 01 octobre 2011 - Friche Belle de Mai, Marseille (par Pirlouiiiit)
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