Chronique de Monsieur MA et Monsieur GO + Stella Pire deuxième ! La première presque finie ayant été emportée par "deux petits de moins de 14 ans [...] probablement deux frères"** en même temps que nos 3 ordis, notre caméra vidéo, mon reflex numérique et (irremplaçable) mon petit disque dur qui contenait tout depuis mai 2009 …bref. Apres la sympathique mise en bouche avec Greg Fontaine au Lollipop Music Store puis le très bon concert de Poum Tchack & Natalia M King à la Cité de la Musique je convaincs l’ami McYavell de poursuivre la soirée à la Machine à Coudre …
Lorsque nous arrivons, Monsieur MA & Monsieur GO sont déjà en piste. Je suis vraiment agréablement surpris de voir que la salle est pleine ! De gens assis certes mais quand même pleine. Il règne dans la salle un silence religieux. A gauche Monsieur MA comme Massy aussi connu sous le nom de Tante Hortense dans son projet grand public mais néanmoins déjà assez original. A droite Monsieur GO comme Godeberge aussi entre autres projets au sein des Disques Bien, guitariste de Tante Hortense. Au centre Harmonie leur invention mise au point par leur équipe du CRNS (centre de recherche non subventionné) qui sera notre chanteuse et interlocutrice.
De part et d’autre de ce magneto à bandes, messieurs MA et GO jouent à être le plus détaché ; le plus froid ; le plus impassible, accompagnant leur chanteuse virtuelle de riffs faussement minimalistes, lui obéissant aveuglement. Harmonie qui a quand même par moment la voix de sa cousine Hortense enchainent parole surréalistes. On pense à un morceau comme La Terre mais poussé encore plus à l’extrême.
Synchronisation parfaite, chorégraphies délicieusement ringardes, enchainements millimétrés, … ce spectacle est extrêmement professionnel et adapté au lieu et à la soirée (cf les interventions de Harmonie sur l’aquarium à fumeurs ou à propos de Stella Pire). Je suis sidéré que la formule fonctionne aussi bien et aussi longtemps, mais il faut dire que les textes sont vraiment très bons et que les accompagnements suffisamment variés (accessoires and co) pour qu’on ne s’ennuie jamais. Leur tube Enculeurs de Maman est promis à un brillant avenir.
Tout comme Daniel j’aurais bien vu leur set se terminer non pas avec l’un d’eux qui coupe le sifflet à Harmonie mais plutôt à la bobine qui arrive en bout de course et tourne dans le vide avec la bande qui se détache …
Une bière plus loin, nous revoici dans la salle pour voir Stella Pire. Elle fait une entrée fracassante avec fumigènes (faut oser à la Machine !) boule multicolore et applaudissements enregistrés sur son synthé. Ah oui j’oubliais ! Elle est vêtue d’une tenue de bigoudène (jusque dans les sabots). Je crois d’ailleurs qu’il lui arrive d’accompagner Laurent Boudin à la harpe de temps en temps (ou alors c’est qu’il y a 2 bigoudènes traditionnalistes un peu allumées à Marseille).
Derrière son synthé entouré de loupes, lampe et autres ustensiles de cuisine elle va enchainer chansons de son propre répertoire et reprises du groupe blege Sttellla (d’où son nom). Chansons absurdes, truffées de jeux de mots chantés le plus sérieusement du monde sur des mélodies minimalistes ou doucement ringardes. Par moments on perd ses repères et on ne sait plus ce qui est un jeu de scène ou pas (notamment pendant les quelques bugs techniques).
Je ne resterai pas jusqu’au bout commençant à accuser le coup mais je serai bien content de finir la soirée sur cette improbable rencontre belgo-bretonne. Décidemment une fois de plus la Machine m’aura fait découvrir deux ovnis.