Critique de concert Musique Rebelle - Round 9 + Rocca

Commençons par un coup de gueule : ce rendez-vous automnal de Musique Rebelle fut pour la première fois – et espérons-le, la dernière – relégué en deuxième partie de soirée. Inviter Rocca en première partie ne fut pas très judicieux quand on connaît la richesse des sessions concoctées par Ahmad Compaoré. Elles se suffisent à elles-mêmes.
De plus, cela eut un coût. Pour mémoire, les cinq heures de diversité du Round 7, c’était cadeau (seulement l’adhésion à La Boîte à Musique à acquitter) et celles du Round 8 une somme dérisoire comparée aux 16 euros de ce soir.
Conséquence 1 : le premier coup de baguette d’Ahmad n’eut lieu qu’à minuit.
Conséquence 2 : les afficionados de Rocca ne compensaient pas en nombre – loin de là – les Rebellomaniaques rebutés par le prix et/ou l’heure tardive.
Rocca
Le fait que le set de Rocca ait été de qualité ne me fera pas changer d’avis.
Un rebelle lui aussi ! A l’aise dans ses baskets, accompagné de DJ Clyde aux platines et d’un congaïste, il déversa puissamment son flow revendicatif avec des "bâtards" et des "Jackie Chan" dedans.
Lui aussi avait l’air déçu de l’affluence. Alors, il improvisa quelques paroles de circonstance : "en comité réduit mais prêt à faire du bruit, en comité réduit, on est tous des V.I.P." Une cinquantaine de ses supporters absolus était massée devant la scène et s’égosilla sur "Life Style".
Mais ça ne suffisait pas. Plus tard, le Franco-Colombien lâcha "quand je joue ça à Paris ou à Lyon, c’est le feu dans la salle !" et alla même jusqu’à ajouter au milieu des paroles d’un morceau "qu’est-ce qui se passe ce soir ?"…
Son come back est pourtant réussi. Un beau moment d’émotion lorsqu’il présente "Les Jeunes De L’Univers" sur la musique de "Chanter Pour Ceux", "un texte de 97 que j’ai écrit quand mon petit frère était en prison". A chacun de ses "je représente" retentissait l’écho du public "nous représentons". Ce fut une des flammèches que le pyromane Rocca parvint à allumer.
Musique Rebelle Round 9
Rémi Faure (artiste multifacettes et gérant de la Papèterie technique) : "Même si je deviens vieux et con, même si je perds mes cheveux et mes dents, je ne deviendrai jamais sourd".
La voix de Martin Luther King résonne : "I have a dream…"
Deux phrases pour illustrer la passion de la musique et la propension au rêve qui animent Ahmad, le musicien en liberté.
Alors, nous aussi, faisons un rêve : qu’une pléiade de musiciens parmi les meilleurs de la région partagent tous ensemble la même scène pour jouer des compositions originales et quelques reprises. Ce rêve est réalité depuis quatre ans. Ca s’appelle Musique Rebelle, c’est mijoté par Ahmad Compaoré, c’est semestriel et c’est devenu carrément culte.
Faisons un rêve : que soient bannies les barrières dues à l’appartenance à un style de musique ou un continent. Ce rêve-ci se réalise à maintes reprises :
- Avec la merveilleuse voix de Sibongilé M’Bambo que viennent rejoindre le slam d’Amahada Smis, le jazz échappé des saxophones de Fred Pichot et Fabien Genais et le chant traditionnel occitan de Manu Théron. Ca s’appelle For Lions, c’est écrit sur une musique traditionnelle du Burkina Faso, le "pays des hommes intègres". L’Afrique occidentale y devient Afrique occitane ;
- Avec la touche lyrique (voix d’Adila Carles, somptueux violon de Laure Bonomo) apportée à Summertime, standard du jazz s’il en est, sublimement ponctué par la trompette de Christophe LeLoiL ;
- Avec le flamenco intuitif, plaintif et envoûtant de Julian Demoraga que rejoint le groove des basses et des cuivres ;
- Avec le retour de Rocca et de son percussionniste pour une impro teintée de slam colombien ;
- Avec les musiques improvisées chères à Ahmad Compaoré lorsqu’il endosse le rôle de chef d’un orchestre de musiciens rebelles quoiqu’attentifs à son code.
- Et davantage d’éclectisme encore avec Gari du Massilia Sound System, Jean-Marie Guyard des Black Brothers…
Faisons un rêve : que soient intégrées à la musique des performances artistiques provenant des domaines les plus divers. Ce rêve-là est exaucé comme nulle part ailleurs à travers :
- les adroits jonglages footballistiques d’Andrew Argent, dans une alcôve d’abord, dans un exigu espace au cœur des musiciens ensuite ;
- la percutante et belle danse flamenca délivrée par Sarah Moha sur l’impro vocale de Julian Demoraga ;
- les vidéos d’Ivan Chabanaud qui au-delà d’illustrer fort à propos certains titres (For Lions) créent une originale ambiance visuelle ;
- l’énergie de la danse hip hop des trois membres de All Styles Crew sur du Herbie Hancock craché par la platine de DJ Oncle Bo puis sur Don’t Stop ‘Til You Get Enough de Michael Jackson joué par les Rebelles.
Difficile d’être exhaustif avec tant de richesses. Citons encore les présences inspirées de Stéphane Mondésir aux claviers, de Wim Welker à la guitare, des bassistes Sylvain Terminiello et Denis Chauvet, de Kouly Barry aux percussions, de DJ Chica Underground et DJ Kayalik, de Julien Bayle au laptop, d’Ambo à la voix et de Mathias Mopty à la batterie lorsque Ahmad quitte ses peaux pour diriger.
Le fil conducteur de ce Round 9 était le retour aux sources de la musique noire. Celui du printemps prochain devrait être un hommage à la femme. Encore un vaste programme…
Alors, faisons un rêve : Que cette session de printemps de Musique Rebelle débute à 21 heures précises. Sans première partie. Comme elle le mérite…
De plus, cela eut un coût. Pour mémoire, les cinq heures de diversité du Round 7, c’était cadeau (seulement l’adhésion à La Boîte à Musique à acquitter) et celles du Round 8 une somme dérisoire comparée aux 16 euros de ce soir.
Conséquence 1 : le premier coup de baguette d’Ahmad n’eut lieu qu’à minuit.
Conséquence 2 : les afficionados de Rocca ne compensaient pas en nombre – loin de là – les Rebellomaniaques rebutés par le prix et/ou l’heure tardive.
Le fait que le set de Rocca ait été de qualité ne me fera pas changer d’avis.
Un rebelle lui aussi ! A l’aise dans ses baskets, accompagné de DJ Clyde aux platines et d’un congaïste, il déversa puissamment son flow revendicatif avec des "bâtards" et des "Jackie Chan" dedans.
Lui aussi avait l’air déçu de l’affluence. Alors, il improvisa quelques paroles de circonstance : "en comité réduit mais prêt à faire du bruit, en comité réduit, on est tous des V.I.P." Une cinquantaine de ses supporters absolus était massée devant la scène et s’égosilla sur "Life Style".
Mais ça ne suffisait pas. Plus tard, le Franco-Colombien lâcha "quand je joue ça à Paris ou à Lyon, c’est le feu dans la salle !" et alla même jusqu’à ajouter au milieu des paroles d’un morceau "qu’est-ce qui se passe ce soir ?"…
Son come back est pourtant réussi. Un beau moment d’émotion lorsqu’il présente "Les Jeunes De L’Univers" sur la musique de "Chanter Pour Ceux", "un texte de 97 que j’ai écrit quand mon petit frère était en prison". A chacun de ses "je représente" retentissait l’écho du public "nous représentons". Ce fut une des flammèches que le pyromane Rocca parvint à allumer.
Rémi Faure (artiste multifacettes et gérant de la Papèterie technique) : "Même si je deviens vieux et con, même si je perds mes cheveux et mes dents, je ne deviendrai jamais sourd".
La voix de Martin Luther King résonne : "I have a dream…"
Deux phrases pour illustrer la passion de la musique et la propension au rêve qui animent Ahmad, le musicien en liberté.
Alors, nous aussi, faisons un rêve : qu’une pléiade de musiciens parmi les meilleurs de la région partagent tous ensemble la même scène pour jouer des compositions originales et quelques reprises. Ce rêve est réalité depuis quatre ans. Ca s’appelle Musique Rebelle, c’est mijoté par Ahmad Compaoré, c’est semestriel et c’est devenu carrément culte.
Faisons un rêve : que soient bannies les barrières dues à l’appartenance à un style de musique ou un continent. Ce rêve-ci se réalise à maintes reprises :
- Avec la merveilleuse voix de Sibongilé M’Bambo que viennent rejoindre le slam d’Amahada Smis, le jazz échappé des saxophones de Fred Pichot et Fabien Genais et le chant traditionnel occitan de Manu Théron. Ca s’appelle For Lions, c’est écrit sur une musique traditionnelle du Burkina Faso, le "pays des hommes intègres". L’Afrique occidentale y devient Afrique occitane ;
- Avec la touche lyrique (voix d’Adila Carles, somptueux violon de Laure Bonomo) apportée à Summertime, standard du jazz s’il en est, sublimement ponctué par la trompette de Christophe LeLoiL ;
- Avec le flamenco intuitif, plaintif et envoûtant de Julian Demoraga que rejoint le groove des basses et des cuivres ;
- Avec le retour de Rocca et de son percussionniste pour une impro teintée de slam colombien ;
- Avec les musiques improvisées chères à Ahmad Compaoré lorsqu’il endosse le rôle de chef d’un orchestre de musiciens rebelles quoiqu’attentifs à son code.
- Et davantage d’éclectisme encore avec Gari du Massilia Sound System, Jean-Marie Guyard des Black Brothers…
Faisons un rêve : que soient intégrées à la musique des performances artistiques provenant des domaines les plus divers. Ce rêve-là est exaucé comme nulle part ailleurs à travers :
- les adroits jonglages footballistiques d’Andrew Argent, dans une alcôve d’abord, dans un exigu espace au cœur des musiciens ensuite ;
- la percutante et belle danse flamenca délivrée par Sarah Moha sur l’impro vocale de Julian Demoraga ;
- les vidéos d’Ivan Chabanaud qui au-delà d’illustrer fort à propos certains titres (For Lions) créent une originale ambiance visuelle ;
- l’énergie de la danse hip hop des trois membres de All Styles Crew sur du Herbie Hancock craché par la platine de DJ Oncle Bo puis sur Don’t Stop ‘Til You Get Enough de Michael Jackson joué par les Rebelles.
Difficile d’être exhaustif avec tant de richesses. Citons encore les présences inspirées de Stéphane Mondésir aux claviers, de Wim Welker à la guitare, des bassistes Sylvain Terminiello et Denis Chauvet, de Kouly Barry aux percussions, de DJ Chica Underground et DJ Kayalik, de Julien Bayle au laptop, d’Ambo à la voix et de Mathias Mopty à la batterie lorsque Ahmad quitte ses peaux pour diriger.
Le fil conducteur de ce Round 9 était le retour aux sources de la musique noire. Celui du printemps prochain devrait être un hommage à la femme. Encore un vaste programme…
Alors, faisons un rêve : Que cette session de printemps de Musique Rebelle débute à 21 heures précises. Sans première partie. Comme elle le mérite…
Signature : mcyavellle 05/01/2011
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Photographe : bertrand 13rugissant
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le 15 octobre 2010 - Dock des Suds, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 18 février 2012 - la Meson, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 08 octobre 2011 - rue Consolat - Marseille (par Pirlouiiiit)
le Décembre 2010 - Marseille (par Mcyavell)


le 17 avril 2010 - Cabaret Aléatoire, Friche Belle de Mai, Marseille (par McYavell)


le 24 mars 2012 - La Meson - Marseille (par Mardal)


le 10 avril 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)


le 14 octobre 2010 - BMVR Alcazar - Marseille (par Mcyavell)


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le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)


le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)

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le 17 avril 2010 - Cabaret Aléatoire, Friche Belle de Mai, Marseille (par McYavell)


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le 18 février 2012 - la Meson, Marseille (par Pirlouiiiit)


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le 10 avril 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)
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