Accueil Chronique de concert (My) This Is Not A Love Song (TINALS) Festival 2017 : Bror Gunnar Jansson, Frank Carter & the Rattlesnakes, Slaves (+ Whitney, Kokoko, Laura Sauvage)
Jeudi 20 juillet 2017 : 11673 concerts, 24533 chroniques de concert, 5165 critiques d'album.

Chronique de Concert

(My) This Is Not A Love Song (TINALS) Festival 2017 : Bror Gunnar Jansson, Frank Carter & the Rattlesnakes, Slaves (+ Whitney, Kokoko, Laura Sauvage)

(My) This Is Not A Love Song (TINALS) Festival 2017 : Bror Gunnar Jansson, Frank Carter & the Rattlesnakes, Slaves (+ Whitney, Kokoko, Laura Sauvage) en concert

La Paloma, Nîmes 11 juin 2017

Critique écrite le 14 juin 2017 par Philippe


This Is Not A Love Song ! Ou plutôt TINALS, puisqu'on est désormais presque intimes, avec cette troisième édition pour nous (la deuxième en famille), où l'on est comme toujours venus en voisins et en parfaits touristes, désinvoltes et sandalés, pour une grosse demi-journée seulement, avec quand même la ferme intention de dépouiller notre premier compte Cashless ici - la dernière innovation hyper-pratique en festoche depuis l'an dernier, et qui manquait encore ici-bas ! Ce festival est donc vraiment définitivement "le place où être", même pour un petit saut dominical, d'autant qu'il est toujours gratuit pour les mômes, sur simple réservation. C'est aussi assez marrant, le dimanche, d'y croiser nombre de collègues marseillais.es et autres, en partie carbonisé.e.s par leur déjà 1 ou 2 jours dans les pattes...


Rien n'a changé ici ! Programmation au poil, jauge raisonnable, accueil sympa, cadre quasiment idyllique et créativité des sides attractions (y compris pour les kids - confection de collier de bonbons, instruments bricolo électro-zarbis, console de jeux où l'on joue avec une fourchette et une cuiller, etc etc), pour les grands un choix très correct de bières (Grim ambrée en pression ? super !) et une qualité constante de la nourriture (cette année il y a même des glaces - à cause de nos menaces amicales de l'an passé ?). On en a déjà fait des tartines sur de précédentes chroniques pour expliquer tout le bien qu'on pensait du plus grand des petits festivals, les liens sont en bas de page, si besoin ! Petite nouveauté, trois vraies scènes dehors - à vrai dire notre petit programme du jour ne nous amènera pas vraiment dedans, et notamment pas dans la "huuuuuge venue", en tout cas pour cette fois.


Par contre, le premier concert sera bien à l'extérieur ET à l'intérieur de la grosse bête ovoïde qu'est la Paloma, en son ouverture carrée et centrale du patio. Autrement dit l'endroit le plus frais et ombragé en ce milieu d'après-midi caniculaire, pour rejoindre Bror Gunnar Jansson, qu'on a quitté il y a quelques semaines à peine à Marseille ! Son concert avait été annoncé pour les enfants - et pas mal de minuscules semblent avoir profité de la gratuité de l'après-midi pour y amener spécialement leurs parents, à en voir la concentration de petits casques verts et autres têtes juvéniles couronnées de fleurs... Une charmante scène en bois a donc été installée, le bar et les gradins tendent aimablement les bras aux festivaliers assommés de chaleur et de soif... que nous sommes déjà, quitte à les inciter à la dissipation...


A vrai dire le Suédois, moins habillé que d'habitude - c'est à dire pieds nus et en marcel plutôt qu'en chaussettes et complet-veston - déroule une setlist assez semblable à notre souvenir (à l'exception de son tubesque Ain't No Grave, sauté cette fois hélas). Son blues habité, parfois hanté ... et parfois presque joyeux (par exemple sur un passage très Son House, joué à l'ukulele, la classe), est parfait pour ambiancer un patio foutrement agréable. La performance et la magnétisme naturel du gaillard s'avèrent suffisamment intéressantes pour scotcher les enfants placés devant lui, même s'il n'y a pas d'interactions particulières avec eux. On ne peut pas demander non plus à Buster Keaton de devenir soudainement Bozo le Clown... N'empêche que le gars Bror Gunnar, recroisé plus tard sur le site et avec qui on a papoté quelques instants, est tout à fait sympathique - Joshua et lui se claqueront même un "gimme five !" joyeux. Vive le blues suédois !


S'en suit pour nous un tour du site en bonne et due forme, pour visiter et valider toutes les activités déjà citées. Il y a toujours le sosie ventru d'Elvis qui marie joyeusement les gens au "Las Tinals", au nom de Saint John, Saint Paul, Saint Ringo et Saint George, ainsi que divers jeux de plein air en libre service. J'ose à peine citer les braves Whitney, observés quelques instants sur scène mais qui ont eu pour principale fonction, avec leur soul/pop agréable, d'ambiancer notre déambulation, et la découverte d'un stand de glaces inédit, une dégustation radassés dans des transats, puis un passage important au stand "makey makey" de bricolages électroïdes indéfinissables et marrants à la fois. On nous permettra de remercier en passant son animatrice, pour sa pédagogie et surtout sa grande patience avec les minots... Retour aux concerts, il est temps !


Sous ses airs de petite frappe bagarreuse tout droit sortie de l'équipe B des Peaky Blinders, Frank Carter est en fait l'un des artistes les plus aimables du circuit rock ! Et il porte un putain de costume noir en plein soleil ! Comme aux Eurocks avec Gallows il y a quelques années, il passera en fait ses intertitres à remercier, applaudir le "fooking nice poblic" et tout le staff, vanter le festival, s'avérant furieusement attachant et excellent entertainer. Si leur rock bruyant, tirant sur le punk et parfois sur le metal (Paradise, dédicacée aux victimes du terrorisme), n'est pas forcément de ceux qu'on réécouterait trop souvent à la maison, si la voix du chanteur reste un peu limitée, Frank Carter & the Rattlesnakes livrent en tout cas un show réjouissant, plein de breaks et de harangues très efficaces pour exciter le public...


Et surtout, un show participatif où tout un chacun doit se baisser, crier, clapper ses hands, et où les plus motivés peuvent aussi porter le chanteur (qui est déjà debout sur le public au 2e titre !), puis le guitariste, voire faire à sa demande un circle pit en courant autour de la tour-son... idéal pour celles et ceux qui ont un excédent de bière à faire descendre. Pour finir le petit rouquin s'excuse de ne pas pouvoir jouer plus longtemps, au risque de se consumer, lui et sa peau d'irlandoche rose, tout comme un vampire... Avant de dédicacer le dernier morceau à la personne que nous haïssons le plus au monde - en nous suggérant Theresa May et Donald Trump, si jamais on a besoin d'idées. "This is not a love song", indeed... mais what a cool gig ! Notre enfant en a d'ailleurs apprécié le premier tiers et supporté le deuxième, dans l'espoir (déçu cette fois) de se faire filmer par la caméra-grue comme l'an passé. Damned, on était pourtant pile en dessous... Mais savoir se faire voir, c'est un métier !


On reconstitue notre petit groupe autour de la fin des Kokoko, sur la nouvelle scène Bamboo, qui alignent des costumes Devo-style et des instruments bricolés main (par exemple une sorte d'orgue en bouteilles d'eau plus ou moins pleines, joli son !), pour une musique dansante voire pétaradante, afro-électro, dans une ambiance survoltée par un frontman joyeux. A revoir à l'occasion... ils sont de la même matrice que les Staff Benda Bilili ! Tout comme cette brave canadienne Laura Sauvage serait à réécouter éventuellement, elle qui avec son groupe essaye avec un certain succès d'imiter Courtney Barnett (en jouant moins fort, heureusement). L'avantage des groupes venus du froid étant que le soleil les met de fort bonne humeur. Alors que nous, horribles blasés régionaux, nous en sommes déjà à pester contre cette canicule, avant même le début de l'été...


C'est le moment des Slaves, le climax attendu de l'aprème, notre p....n de révélation sur scène, puis sur disque de 2015, et qui continue son petit bonhomme de chemin. Assez rapidement, les deux petits lads marrants en arrivent à l'énorme Sockets, dont Joshua adore le clip, puis la basique et jouissive Fuck the Hi-Hat. Eux aussi sont super sympas et viennent faire des mamours à la sécurité, comme Franck Carter avant eux... Et leur petit chanteur bavard se baladera un moment dans le public pour parler de baston entre filles, entre deux footings effectués en jouant de sa batterie. Il peut être serein : ce n'est pas dur de cartonner avec des titres jouissivement basiques comme Spit it Out ! Leur premier tube Cheer Up, London ! a une résonance particulière pour nous : si le titre, joué dans le rouge mais toujours jouissif, déplore le tirage de gueule habituel des Londoniens, nous avons aussi pu apprécier sur place la semaine dernière leur flegme, efficace résistance naturelle face à une attaque terroriste...


Lies est évidemment dédicacée, encore, à l'affreuse Theresa May (on serait anglais, on lui en voudrait aussi pour ses mensonges, à cette vieille radasse, charismatique comme un reste de fish'n'chips ayant trois jours de poubelle). Evidemment le peuple anglais aime l'Europe et nous aime, et nous l'aimons fraternellement en retour, une évidence qu'on rappellera juste en passant, tout comme l'ont fait les Slaves pendant leur show (ça devient presque une tradition, même les pisse-froid de Massive Attack nous ont déclaré leur flamme à Paris l'été dernier !)... Après un petit ventre mou vers la fin du concert, les Esclaves (peu dociles quand même) concluent néanmoins idéalement avec The Hunter, incontestablement un de leurs meilleurs titres. "You Keep It ! We don't want it !" ... Parlons-nous à nouveau du Brexit ? Le gimmick hurlé et le riff jouissif sont en tout cas le genre de truc qu'on emporte agréablement dans sa tête pour la fin de la journée !


Le soleil ayant percuté l'horizon, avec un kid surexcité, tout crasseux et hilare (alors qu'il est théoriquement déjà au lit) et avec une grosse heure de voiture à faire, c'est hélas déjà l'heure de repartir pour nous - tant pis pour Baroness et Black Angels, pour l'initiation du petit au metal et au rock psychédélique texan, on verra une prochaine fois... A signaler un petit miracle dû à Saint Elvis sur le retour, un diner accueillant (et plutôt bien imité y compris dans l'assiette !), trouvé totalement par hasard sur une aire d'autoroute (Memphis Coffe / RN 113 / Les Cantarelles), ce qui concluera parfaitement cette belle journée. Thank you & see you again, TINALS !

Flashback : comment on a déjà flâné tout aussi efficacement ici en 2016, et en 2015...



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