Critique de concert Nafas


De là était parti le souffle (Nafas en égyptien), un samedi de Fête du Panier. Le premier concert de ce trio dont on avait alors découvert le nom et sa signification avait captivé bien au-delà de l’assemblée de la salle voutée du Roll’Studio. La Rue des Muettes y ressemblait en effet peu à peu à une ruche au niveau de son n°17.

Depuis, les prestations du trio s’enchainent et déchainent l’enthousiasme, décrit plusieurs fois dans ces colonnes par des chroniqueurs différents et tous conquis, aux Portes Ouvertes Consolat ou au Floor par exemple.

C’est devant une salle à nouveau bondée que le souffle démarre doucement ce soir à travers les poumons de Fred Pichot. Il donne la première destination, orientale, par la trachée de son sax soprano. Improvisation inspirée consolidée par la basse de Sylvain Terminiello (splendide 5 cordes) puis par les percussions d’Ahmad Compaoré.
La basse emprunte quelquefois des accents Milleriens, son feeling dicte à Fred d’échanger son soprano contre le ténor et la tension monte, doucement dans cette pièce introductive qui dépasse allègrement le quart d’heure. Trop court…

La suite sera davantage mélodique avec les thèmes délivrés par le saxophone soprano de Fred Pichot (Carnation, Oriental Machine, Printemps) ou par sa flûte (Lateef et We Free Kings). La charpente est solide, une rythmique tantôt lancinante (Long Time Ago), tantôt puissantissime (Sky Mountain, Printemps). S’y déchainent alors Fred Pichot, à l’inspiration plus insensée encore au sax ténor, encore en forme olympique et l’intarissable Ahmad Compaoré, démolisseur de batterie au figuré comme au propre ce soir (un tom n’a pas résisté à sa fougue et est allé à terre à trois reprises) ou percussionniste aux expérimentations facétieuses, disposant les objets les plus divers sur ses peaux ou maltraitant de façon rédhibitoire des ballons de baudruche.

Sylvain Terminiello, en position centrale, est le trait d’union de l’entreprise, utilisant sa basse pour ramener épisodiquement ses partenaires à la raison, tâche ardue s’il en est.
La traditionnelle pause, prétexte à la dégustation de délicieux vins pétillants transalpins, n’aura pas lieu. "On trace" dit Ahmad, pas pour finir plus tôt, non, mais parce que l’inspiration est là et que leur trip ne peut être interrompu. Tant pis pour la recette du bar, notre soif devra de toute façon être étanchée à l’issue de ces émotions, une fois de plus nombreuses, intenses et jubilatoires.

Impro / Carnation / Long Time Ago / Lateef / Sky Mountain / Oriental Machine / Printemps/ Bones / Soudan / We Free King
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Signature : mcyavellle 09/04/2012
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