Critique de concert Naïas


Ce soir, c'est soirée de rentrée à l'Ostau dau Pais Marselhes, le centre culturel occitan de Marseille. La petite salle de la rue des 3 Mages déborde comme d'habitude sur le trottoir. Entre retour de vacances et réunion de famille, le public va et vient du comptoir à la rue tandis qu'au fond de la salle les garçons du Naïas s'accordent. L'ambiance est chaleureuse, la soirée s'annonce réussie avant même que la première notre retentisse.

Nielo Gaglione et son équipage sont ici chez eux, ce soir c'est la famille, le posse, la tribu, les collègues. Le Naïas a pris la route tout l'été, de Port-de-Bouc à Paris et de concerts en résidences le jeu, le chant et le discours se sont affinés, approfondis.

L'accord qui lie les cinq musiciens éclate ce soir en évidence.
Il ne s'agit pas d'une formation, d'un projet parmi d'autres. Non, ce à quoi nous avons la chance d'assister ce soir, c'est bien à la naissance d'un groupe, un vrai.

Et morceau après morceau, de la Grinta si prenante jusqu'au poignant Lo Polverone porté par la voix de Nielo Gaglione, c'est un univers qui se déploie. Tour à tour doux ou poignant, jamais neutre, jamais gratuit. Les chantiers, la dureté du monde, la tendresse et l'amitié, le voyage et l'exil, le monde de Naïas envahit l'Ostau et résonne longtemps.

La petitesse du lieu favorise le contact presque physique entre les musiciens et le public, proximité qui se prête à merveille à cette musique chaude et envoûtante. La basse impériale, jamais prise en défaut, de Noël Baille soutient les envolées de mandoles de Malik Zyad, et de Nielo Gaglione, quand la calebasse, pièce maîtresse des percussions de Matéo Goust souligne délicatement l'accordéon d'Yves Béraud.

Dans une telle ambiance, tout devient possible: faire taire une salle en murmurant, la faire frissonner en parlant de lutte et d'usines, la faire applaudir et rire lorsque une puis deux puis trois cordes de mandole claquent et que rien, mais alors rien, n'empêche Nielo de continuer à chanter, à jouer, à rire, à offrir.

Difficile de savoir jusqu'où le Naïas naviguera, le voyage est encore long et hasardeux mais il y a bien longtemps que l'on n'avait pas vu un groupe où le sens du collectif est à ce point mis en avant. Où la qualité de la recherche musicale s'appuie sur de vrais textes et une vraie vision.

Ne loupez pas leurs prochaines escales dans la région. Il serait dommage de se priver de cette dose de force, d'humanité,de vitalité et de tendresse.
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Signature : Brigitt La Sardine
le 04/10/2011
Photographe : pirlouiiiit
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le 25 mai 2011 - Maison du Chant - Marseille (par Brigitt La Sardine)
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