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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Festival B-Side : Nation All Dust + Poni Hoax + Motormark + Girlz in the Garage


Festival B-Side : Nation All Dust + Poni Hoax + Motormark + Girlz in the Garage en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime


Samedi soir, concert 'In the Hangar' au Cabaret Aléatoire. Cette salle décidément bien agréable (son et aménagement classieux, accueil détendu) même si elle est rarement pleine, du fait d'une programmation audacieuse - et plus encore, en cette période ou le spectateur moyen se rue à sa bien-aimée Fiesta des Suds se faire tondre comme mouton de Crau et esquicher comme sardine en boîte. Affiche alléchante avec une révélation récente sur leur magnifique premier CD, les français de Poni Hoax, mais aussi MotorMark (pas passionnant à écouter, mais à voir sur scène a priori). Plus un DJ et un groupe de rock. Soirée à très belle prog' sur le papier quoi !



J'arrive trop tôt malgré des efforts conséquents pour être en retard (un restau avant, et avec dessert !) et tombe vers 22 h 40 sur Marine Schütz qui passe de bons titres d'électro-rock ... à une salle à peu près vide sauf autour du bar. Quelques conversations et bières plus tard, on commence avec Nation All Dust, régionaux déjà plusieurs fois vus, que j'aime bien même s'ils ne sont pas tout à fait captivants. En tout cas ils développent un gros son très carré, avec des compositions affutées comme leur chanteur (ce type doit peser 50 kilos tout mouillé et encore, avec sa guitare). Y'a pas à dire, ils sont quand même en place. Ca sonne un peu comme des Strokes sous amphètes, avec des passages noisy en murs de sons de guitare, avec en plus un batteur est impeccable.


A d'autres moments je me dis qu'on est pas loin de Helmet, et autres groupes crypto violents : des riffs si secs et des beats si violents qu'on ne sait plus très bien si c'est toujours du rock ou plutôt du power metal... Le chanteur répètera sans cesse la même chose entre les chansons, genre "rien n'est vrai, tout est possible" (on ne sait pas pourquoi mais lui, il se comprend). Une chanson un peu plus calme, puis une fin tout aussi violente que le reste où il viendra se jeter dans un public épars et ruiner sa belle chemise, et les voilà partis. Pendant ce temps le duo Motormark, pas fier, papote dehors (où il fait très bon vivre).


Bien content je suis, quand je réalise que Poni Hoax ne jouera pas à 3 heures du matin mais en prochaine position ! Après une entrée sur scène assez désinvolte, juste le temps de réaliser qu'on nous a menti (bordel de Zeus, mais où est passée la robe en latex, forcément en latex, et la fille qui allait dedans, de cette créature à la voix outrageusement sexuelle qui chantait sur ce fabuleux single ?) et voilà déjà la terrible Budapest.


Je remarque assez vite que le chanteur, un peu chargé, ne fera pas preuve de sa subtilité vocale de studio, loin s'en faut. Mais même gueulée par lui, rien à faire, la chanson reste sacrément excitante (j'en filme d'ailleurs une petite moitié), et puis le son est bon, alors ... on arrête de bouder son plaisir et on danse ! Puis une chanson inconnue (ils en feront plusieurs, damned, un EP m'aurait-il échappé ?) et voilà la très bonne She sells Anger, où l'on remarque qu'il y a deux synthés (après enquête, l'un d'eux serait le cerveau du groupe, il y en a donc un !).


Quand il ne montre pas son cul et ne blatifère pas des âneries, le batteur est assez surpuissant, ses attaques électro-rock donnent une bougeotte irrésistible : ainsi sur She's on the Radio aussi (qui sonne moins Editors et plus Hatepinks que sur disque !!). Plus imparable encore, Involutive Star au son punk/funk énorme (figurez-vous que le guitariste est lui aussi métronomique).


L'émeute est proche, des filles sont montées de force sur scène (pour y danser quoi, enfin, ne sur-interprétez pas mes propos quand même...), le tout se finit assez hystériquement ! En fait, s'il n'en a ni le look ni la musique, ce groupe sacrément en place dégage une énergie punk pure, bien portée par son chanteur à l'allure défoncée mais capable de brailler tel un Robert Smith branché sur gégène, en tout cas en rythme et dans le ton, et tout en gérant sa consommation effrénée de clopes, respect.


Dernière tuerie annoncée, L.A. Murder motel dont les deux dernières minutes me rendent littéralement hystérique (mais que bouffe donc ce batteur et comment son pull est-il climatisé ?) Au final sa malheureuse batterie est éparpillée à coups de pieds, une jeune fille est enlevée dans le public, la bande de Poni Hoax se barre et le chroniqueur se retrouve comme un con, heureux et frustré tout à la fois de ce groupe qu'il a tant attendu et qui a joué bien peu de temps à son goût.


Quoi qu'il en soit les musiciens viendront vite goûter la tiédeur de l'octobre massaliote. Je félicite le guitariste, très sympa, je déplore qu'il y ait peu de monde mais il me rassure : la veille à Lyon, ils ont joué devant 20 personnes (on est probablement dix fois plus quand même, ici !)... c'est tout le problème de Lyon, au stade comme au concert : excellente prestation, mais ... pas de public (petite vengeance qui fait du bien après une déculottée hier soir). Il me dit aussi que le chanteur surjoue un peu l'attitude foncedé (en effet, il ne serait pas si bon, dans le cas contraire).


Peu après, MotorMark commence avec la seule chanson dont je connais le titre : la pétaradante We Are The Public. Duo électro-punk From Scotland composé d'une petite blonde décolorée et énervée, et d'un grand guitariste dont le T-shirt Cramps laisse deviner les influences et les intentions. Ah, et puis une énorme boîte à rythme bien sûr... Gros beats technos, guitare saturée et braillements hystériques : tout cela est complètement débile et régressif, dansant à crever, donc parfaitement plaisant et jouissif : on s'énerve, on rit et on agite la tête comme à un concert de Motör...head.


Ouais y'a pas à dire, Motormark c'est un peu comme Allison Goldfrapp jammant avec Ron Asheton sur un beat de Prodigy - ça dépote. D'ailleurs la minette joue aussi du Korg, par moments même, de la guitare. On repense au harpies de Le Tigre qui nous avaient mis le feu au slip sur leur chouette album comme sur scène, d'autant que même le guitariste chante (enfin crie) plutôt bien !


Tout excité, un aficionado des concerts punk de la Machine à Coudre (dont je tairai le nom comme convenu avec lui, si je reçois vite son chèque) montera danser langoureusement et frotter son cuir contre celui de la petite bombinette écossaise. Et pour finir, les masques tombent : plus d'instruments, plus que deux gueulards mâle et femelle sautillant sur de l'électro-tech basique, et même là ça le fait encore. Preuve est fait que c'est bien un groupe de scène, très excitant et cool - ne pas s'en priver, surtout !


Cette excellents soirée touchera à sa fin pour moi, qui abandonne le DJ Vicarious Bliss à son sort vers 2 h 30 bien sonnées. Une chose est sûre, déjà trois bons concerts pour 13 euros, d'accord j'étais invité Live in Marseille, mais c'est quand même pas cher, comparé à l'arnaque de la soirée : la bière en bouteille rouge alu à 5 euros. T'as qu'à pas acheter n'importe quelle connerie qui brille aussi, conò ! En tout cas merci à la Friche pour cette belle soirée, une de plus, et à bientôt !

Et enfin quelques vidéos (pas si mal, ma foi) par ici !

Photos Poni Hoax et Motormark Pirlouiiiit


 


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