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Mercredi 30 mai 2012 : 9435 concerts, 20898 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert Neptune




4 étoiles, bon concert

Jaime



Il y a quelque temps déjà, un lieu alternatif a vu le jour à Clermont-Ferrand : le Raymond Bar (palme d'or du meilleur nom !). On peut désormais assister à des concerts, des débats et des rencontres se situant à des années-lumière de la beaufitude crasse que vient rechercher la clientèle du Gormens’ café (l’usine à bière capitaliste sise dans la rue Pré la reine, c’est à dire à deux pas). C’est dans ce lieu autogéré ultra roots et peu cosy (en un mot, parfait pour du punk rock), que se déroulait le concert du groupe américain Neptune, programmé par l’inénarrable et fin connaisseur en bruit, Tom Reck.



Si dès le premier morceau, on bénit l’inventeur des bouchons d’oreilles, on se félicite également d’avoir eu la bonne idée de se déplacer au Raymond bar : le quartet hardcore punk tribal produit un raffut de tous les diables, aussi jouissif qu’original. Au premier abord, on remarque avec stupeur que les musiciens ont construit eux-mêmes leurs instruments : une basse en tôle en forme de hallebarde menaçante, une guitare en fer presque aussi carrée que celle de Bo Diddley, un bidon servant de tambour tandis que des scies circulaires font office de cymbales, et enfin, une batterie minimaliste semblant également faite maison... Quand tout ce petit monde joue de concert, ça fait mal, très mal ; la basse souvent très NoMeansNo et les rythmiques survoltées permettent à des riffs de guitare punk blues crade et au chant distordu de surfer sur un bruit aux vertus ultra remuantes. Sonné et abasourdi par une démonstration aussi puissante soniquement que visuellement, tout cela nous évoque un groupe d'art punk tribal essayant de jouer (très fort) du blues à la Tom Waits… La voix trafiquée et les chœurs vociférés au travers de micros placés dans des masques à gaz (!) par le batteur et le percussionniste/métallurgiste rappellent en effet le travail vocal du grand Tom. Le bassiste n’est pas en reste au niveau sons vrillants : il utilise une baguette de batterie (comme Thurston Moore sur sa guitare) pour extirper des sons dissonants et extraterrestres de son instrument de prédilection, sauvagement malmené.



Chaque titre de Neptune est plus percutant que le précédent, et l’on resterait bien encore une heure à se faire martyriser les tympans par ces fous furieux… Mais toutes les bonnes choses ont une fin ; à peine 45 minutes après le début de sa furieuse démonstration, le groupe met fin à sa prestation - il est vrai très intense ! Exténués par la débauche d’énergie fournie (et les mains en sang pour certains), les métallo punks de Neptune ot gagné le droit de goûter un repos bien mérité...


A lire également : des chroniques des prestations discutées (et discutables) de l'organisateur de cette soirée, au Bam bar et à la Coopé.

Site internet : www.neptunetheband.com.

(Photo Ludovic Lefrançois)


 


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