En voilà qui n'ont pas peur des risques. Car jouer de la Pop en France et en Français, c'est quand même pas le défi le plus simple à relever. Et quand on passe en bande sonore avant le concert les Smiths, qu'on installe un univers nostalgique avec de très belles projections de petits films super 8 sur 5 écrans, que la formule du groupe sur scène se résume à deux guitares électro accoustique et un petit xylaphone, on se dit que ceux là sont vraiment fous... ou naïfs.

A la sortie du concert, on se dit qu'ils ne sont ni l'un et encore moins l'autre. Simplement parce que la musique de Nicholson s'inscrit plus dans la tradition française qu'anglo-saxonne.
D'abord une évidence. N'est pas Johnny Marr qui veut. Les mélodies de Nicholson sont certes ciselés et variés, mais elles n'arrivent pas à atteindre la simplicité du genre. On n'y peut rien, oserai-je dire. Quand on avait déjà Halliday, ils avaient les Beatles. Aujourd'hui, leur Souchon, c'est quand même Morrissey ! Donc les chansons de Nicholson sont plaisantes, on se dandine lentement, mais pas une seule n'accroche vraiment l'oreille, une ritournelle que l'on retient en sortant du concert... A part peut-être le Père Nöel est une ordure moderne, quand les deux guitaristes ont la bonne idée d'abandonner la formule accords-solo et d'arrêter le chant pour un phrasé à la Miossec

Côté texte, par contre, on peut leur tirer un coup de chapeau. Pas de miaulerie sur les peines de coeur ou les méchants travers de la société, ficelles trop souvent entendues. Nicolas, chanteur et parolier à priori, s'amuse plutôt avec les ressources phoniques de la langue française, jeu et de mots sémantiques et sonores. Une jonglerie qui a la bonne idée de nous faire ressentir que l'on est entre gens intelligent.
Voilà. Une petite heure de concert passé un peu trop comme une lettre à la poste. On aurait aimé plus de ruptures.
Photos July
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