Critique de concert Nicole Willis and The Soul Investigators


Cela faisait un bon moment que j’avais envie de voir Nicole Willis and the Soul Investigators sur scène. Son troisième album solo "Keep Reaching Up" sorti il y a déjà 5 ans m’avait profondément marqué tellement il est inspiré, jouissif et parfait. Un disque soul funk qui est un chef d’oeuvre du genre et que j’écoute toujours régulièrement.
Alors quand j’ai appris sa venue au célèbre club du New Morning, je n’ai pas hésité une seconde. Je sais par contre, avant de vous parler de sa prestation, que son nom ne vous dit probablement rien mais pourtant la Dame a un beau parcours.
Nicole a accompagné le génial soulman Curtis Mayfield, elle a prêté sa voix aux Brand New Heavies ou au duo electro Leftfield et la chanteuse a vécu des années avec un grand bonhomme, musicien hors pair, le fameux Jimi Tenor.
Ce vendredi 29 juillet sur Paris, on attend encore les vraies chaleurs de l’été mais le soleil est malgré tout présent. A 20h30, il y a bien une centaine de personnes qui attendent devant et à 21h, les portes ouvrent enfin.
Le concert doit démarrer à 21h30, alors une fois rentré quelques minutes avant le début, 1ère bonne surprise, la salle est plus que correctement remplie, on doit bien être 300 sans problème. Une partie du public est assis confortablement sur les canapés et l’autre partie se trouve debout, notamment dans la fosse.
On trouve des fans et amoureux de la musique du groupe, quelques curieux et des habitués du lieu qui savent qu’ici, passent très souvent des artistes de qualité et pas forcément connus. Ici, il n’y a pas que du jazz et du blues, notez-le. L’ambiance est donc très conviviale et le public est plutôt d’un âge mur. Comme prévu, il est un peu plus de 21h30 et les Soul Investigators investissent la scène. Le 1er morceau sera instrumental comme les 2 suivants. Sur le 1er titre, nous aurons la présence du batteur, du clavier/orgue, du bassiste et du guitariste avant l’arrivée de la section cuivre et ses 3 membres pour le 2ème titre. Nicole, la reine de la soirée fera son apparition à la 4ème chanson qui sera donc la 1ère chantée. Un morceau que je ne connais pas "You Better Change" d’ailleurs, mais qui passe très bien. Je reconnais à peine Nicole avec ces cheveux courts et dreadlockés, sa jupe à fleur et colorée et son petit ventre qui nous fait penser qu’elle est enceinte. On est à mille lieues de la photo de Mireille Mathieu que l’on voit d’elle sur la pochette de "Keep Reaching Up", voir de ces clips de l’époque.
La suite avec "If This Ain’t Love", l’un des meilleurs morceaux de l’album Keep Reachin’ Up sur lequel Nicole Willis & the Soul Investigators avaient recréé à la perfection le son Motown. Cela nous fait tous monter un cran au dessus niveau plaisir.
Les titres s’enchainent bien, entre joli tour de chant et partie d’orgue efficace, on se s’ennuie pas une seconde malgré quelques flottements. C’est vrai que c’est un ton en dessous en live de ce que je ressens habituellement à l’écoute du disque dejà cité.
On a droit également à de nouveaux titres prévus sur leur prochaine galette notamment "I’ll Just Sit and Daydream", "Tell Me When (We Can Start Our love Thing Once Again", "It’s All Because of You"

22h25, tout ce beau monde quitte la scène après 50 minutes pour 25 longues minutes d’attente genre comme un véritable entracte.
Un peu surprenant vu la température qui commençait à monter alors on a pas le choix que de redescendre un peu. Assis près de la scène, on les voit revenir pour une deuxième partie de soirée qui sera au final plus délicieuse que la première. On alterne toujours les moments instrumentaux sans Nicole avec les parties chantées évidemment. Du groove à foison, on baigne dans le soul jazz funk de tout 1er plan. Le public répond présent en chantant et surtout en dansant avec des sourires sur un tas de visages. Sur scène, les 7 musiciens assurent, Nicole chante bien même si sa voix n’est pas aussi puissante et rocailleuse que je le souhaiterais. C’est sûr, ce n’est pas une performeuse mais le grain savoureux est quand même là.
J’espérais donc mieux de ce coté. A l’image du concert, ce n’était pas parfait, Nicole n’est pas une bête de scène genre Lisa des Bellrays mais tout était plutôt bien en place.
Celui qui a eu vraiment du coffre pour le coup, c’est ce grand blond de Finlandais qui jouait de l’orgue Hammond avec enthousiasme, talent et une énergie folle. Ce musicien aura éclairé et illuminé la soirée avec une mention ègalement à la petite blonde au sax ténor.
Nicole Willis a tout de même régalé son public de ses plus belles chansons ("My Four Leaf Glover", "Feeling Free", "No One’s Gonna Love You", ""Holdin’ On", "Perfect Kind of Love" ou encore "Keep Reachin’ Up" en rappel.
Il est bientôt minuit je crois, dehors, il fait vraiment plus frais et nous, on a passé une belle soirée même s’ils ne sont pas aussi forts que les musiciens noirs américains, c’était bien malgré tout.
Remerciements au New Morning et tout particulièrement Christine Badier
http://www.newmorning.com
Signature : lebonairle 09/08/2011
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