Critique de concert Noel Gallagher's High Flying Birds + The Electric Soft Parade


Fervente grand messe digne d'un stade de foot en ébullition pour l'ex Oasis Noel Gallagher dans un Casino de Paris rempli de fans anglais pas farouches au moment de chanter les refrains de leur idole Brit Pop... En ce 6 décembre, c'est Noël avant l'heure pour les amoureux de pop rock à la Beatles, Who, Paul Weller et Neil Young : le grand frère Gallagher a concocté un set d'1 heure 30 présentant les bonnes chansons de son premier album solo et les tubes intemporels de son ancien combo dissous à Paris, suite à une bagarre avec son frère Liam lors du festival Rock en Seine 2009.

Aujourd'hui, tout roule comme sur des roulettes, l'idiot de la famille, Liam, est resté à la maison, Noel est en forme (il fera preuve de sa légendaire gouaille pour se foutre gentiment de la gueule de son hyper enthousiaste public), il est accompagné par un excellent groupe de scène et il est en voix. What else ? L'auteur de l'album Noel Gallagher's High Flying Birds a même pris soin de prendre en première partie un très bon groupe : The Electric Soft Parade, ravi d'être là et auteur d'un set plutôt bon, malgré un son moyen et un ou deux morceaux pas inoubliables. Puis, c'est la pause pour le changement de matériel sur scène et là, Noel a encore vu les choses en grand puisque son éclairagiste fait le DJ et enchaine une belle série de tubes signés Hendrix, Beatles (Ticket To Ride), Bowie (The Man Who Sold The World) et consorts.

Ensuite, les lumières s'éteignent dans une clameur évoquant le stade de Manchester City - le club de foot cher au coeur de Noël - au moment d'un but de l'équipe locale, le fond de scène s'éclaire avec des leds formant le logo de Noel Gallagher's High Flying Birds, le bouillant public scande de puissants " Noel ! Noel ! ", le groupe arrive sur les planches et la star de la soirée lâche un sobre " bonsoir " en français. Galvanisée par l'accueil, la troupe attaque avec deux plages d'Oasis, le lourd de sens (It's Good) To Be Free et Mucky Fingers, dans une atmosphère de joie indescriptible. Belle entrée en matière ! Le son est bon, l'ambiance est incroyable et les titres sont arrangés comme il faut, avec deux guitares complémentaires, une basse, une batterie et un duo orgue/synthés impeccables... Toutes les conditions sont réunies pour passer un moment divin ; et d'ailleurs les premières fois de la soirée où la quasi intégralité du Casino de Paris reprend en chœur un refrain écrit par Mr Gallagher (sur les parfaits Dream On et If I Had A Gun, des extraits de son album solo, qui sort grandi du passage en mode live), des frissons parcourent tout notre corps, ce qui ne nous était pas arrivé depuis un bon bout de temps lors d'un concert...

Noel – jamais avare d'un bon mot ou d'une réplique assassine – et ses hommes de mains enchainent les morceaux manquants en version électrique, avant de proposer en acoustique Wonderwall (rythme et mélodie un peu changés, on pense à la super cover déstructurée de Cat Power) et Supersonic... C'est l'hystérie collective dans l'assistance, ces tubes ultimes rappelant à chaque spectateur un moment intense de leur vie ("I'm feeling Supersonic,
Give me gin and tonic !"). Le set se déroule sans accroc, permettant de planer très haut avec des mélodies pop rock psyché signées Noel G. et envoyées avec un gros volume sonore. Certes, il y a bien une ou deux compositions où le niveau baisse légèrement, mais globalement on n'est pas loin d'être au paradis. Car en plus de proposer un excellent concert, l'ex Oasis soigne sa réputation de drolatique connard à langue de pute : à un spectateur demandant un morceau précis, il répond en substance, avec un accent à couper au couteau et en fronçant ses conséquents sourcils : " Tu as un lecteur Cd ? Ecoute ça chez toi, là c'est moi qui décide... C'est pour ça que vous êtes dans le public et que je suis sur scène... "
Pour le rappel, absolument exceptionnel, Noel a choisi de nous jouer des perles d'Oasis : Little By Little et The Importance of Being Idle, avant de conclure par l'immense et attendu hit Don't Look Back In Anger (un brillant mix entre les accords de Let it Be et Imagine), qui déclenche une nouvelle séance de frissons, les paroles étant chantées (juste !) par l'intégralité du public, en état de jubilation notoire. Magistrale conclusion d'un concert vraiment épatant et jouissif !
Photos du concert par Robert Gil. Retrouvez plus de photos sur son site www.photosconcerts.com/noel-gallagher%27s-high-flying-birds-paris-casino
Liens : www.noelgallagher.com, www.facebook.com/noelgallaghermusic, http://twitter.com/#!/noelgallagher...
Signature : pierre andrieule 08/12/2011
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