It ain’t no jazz
It ain’t no jazz at all
No saxophone
No trumpet
Our DJ’s on control
Joli condensé dans ces paroles de ce qu’est Nojazz : tout le contraire de ce qu’ils annoncent.
Je ne connaissais rien de ce groupe voilà une semaine. Leur nom m’intrigue. Un tour sur leur espace pour voir si je me déplace ce vendredi au Paradox. Ca a bien failli être non : trop de sonorités latinos à mon goût et la présence de HKB Finn qui fait parfois glisser leur musique vers le hip hop. Sur l’autre plateau de la balance, un saxophone et une trompette à mi-chemin entre jazz classique et funk, un beat d’enfer et une pochette de disque attractive. Et puis zut ! demain, je vais bien voir Johnny, alors c’est décidé, mon weekend expérimental commence ce soir.
Deux dates au Paradox (ce soir et demain) sont l’occasion pour eux de présenter leur nouvel album Zooland en avant-première. Des plombs qui sautent et une salle qui tarde à se remplir causent quelques retards.
Leur tenue de scène est d’un mauvais goût savamment travaillé (combinaison de cycliste moulante pour Philippe ‘Balatman’ Balatier (claviers), couleur orange flashy pour les cuivres : chemise et casquette pour Sylvain Gontard (trompette) et maillot de foot (d’une équipe pas reconnue) pour Philippe ‘Slam’ Sellam (saxophone), tenue de hockeyeur pour Pascal ‘Bilbo’ Reva (batterie).
Mes craintes ne se dissipent pas tout de suite, certaines plages sonnant samba. Mais l’énorme présence du saxo et de la trompette me fait oublier l’enrobage.
La pièce Higher State est un bel échantillon de la musique qui nous est proposée : une intro on ne peut plus jazz à la contrebasse (balancée par Balatman depuis son ordi), un superbe thème joué conjointement par le saxo alto et la trompette, la batterie qui s’emballe, les cuivres qui se libèrent et soudain HKB Finn surgit tel un diable de sa boîte et tire la couverture vers le hip hop avant que le saxo ne reprenne la situation en main.
D’autres fois, on se croit succinctement à Bahia ou à Yaoundé. L’électro-jazz reprend toujours le dessus grâce à l’omniprésence des deux oranges et du cycliste.
Tout cela est servi avec une bonne humeur et une énergie communicatives et le Paradox se transforme progressivement en dance floor. Un pré-ado certainement de la famille d’un musicien avait montré la voie en exerçant ses talents de danseur au pied de la scène.
Mon moment préféré a été un titre de leur album précédent, hommage à Charles Mingus, seule occasion pour le saxo soprano qui végétait au fond de la scène de quitter son support.
Entre le retard, deux parties d’une bonne heure chacune et la pause, le Paradox était encore animé à 1 heure 1/4. Rebelote samedi. Pas pour moi, j’expérimente Johnny…