Critique de concert Norah Jones + Django Django + James Blake (Festival We Love Green 2012)


En ce week-end du 14 au 16 septembre 2012, deux événements musicaux majeurs se déroulent en région parisienne... Dans la catégorie " cocos ", on a la Fête de l'Huma (26 euros le pass 3 jours) à La Courneuve avec ce qu'il reste de New Order et les horribles Shaka Ponk, devant une foule qu'on attend gigantesque. Et dans la catégorie " bobos ", on a le festival écolo We Love Green (109 euros le pass 3 jours ou 44 euros par soir), dans le très beau Parc de Bagatelle à Paris, 16ème arrondissement de Paris, à deux pas de Neuilly-sur-Seine (aka Sarkoland), avec une assistance limitée et select. La qualité d'écoute permise par ce dernier lieu très intimiste et agréable (déjà apprécié l'année dernière pour Peter Doherty, Metronomy et Of Montreal), la programmation de Norah Jones et la peur d'un raz de marée humain à La Courneuve - 100 000 personnes attendues - nous font préférer We Love Green, malgré la potentielle présence de terrifiants sosies de Jean Sarkozy.
Django Django
Après avoir pris soin d'éviter consciencieusement la prestation de Kindness, dont le show désespérant au Printemps de Bourges nous a vacciné à vie, on découvre pour la deuxième année consécutive que l’ambiance est au défilé de mode bobos, écolos et jeunes cadres sup en goguette avec enfants. C'est bon enfant, justement, mais un peu faux, démonstratif et surfait. Et puis la bière est très chère (7 euros la pinte + 1 euro de consigne, système de jetons vendus uniquement par tranches de 10 euros, ce qui pousse à la consommation). Cela dit, le cadre est divin, l'herbe est verte et grasse, les arbres sont omniprésents, les oiseaux virevoltent en liberté et la scène, comme le site d'ailleurs, sont très joliment décorés (petits tipis bars, scène transparente permettant de voir la nature)... Cerise sur le gâteau bio, le groupe Django Django donne un concert dont il a le secret : rafraîchissant, enlevé et superbement psychédélique. L'électro pop planante et groovy des Anglais à têtes de geeks fait mouche à tous les coups : les tubes (Wor, Default, Waveforms... ) s'enchainent comme à la parade. Merci messieurs !

Norah Jones
Une introduction parfaite pour le concert de Norah Jones, une artiste que l'on trouvait un peu trop lisse et consensuelle jusqu'à sa rencontre avec Danger Mouse, Danielle Daniele Luppi et Jack White sur le très marquant album Rome... Après ce disque magistral, le désir de collaborer à nouveau avec le génie Brian Burton aka Danger Mouse et une douloureuse séparation ont poussé la belle Norah à composer avec son nouvel ami l'album Little Broken Hearts, qui comporte pas mal de belles réussites dans le style pop folk soul psyché. Tout cela rend évidemment très impatient de découvrir le phénomène Norah Jones en live... Dès les premiers morceaux joués devant le conséquent public de We Love Green, on constate avec joie et émoi que la voix de Miss Jones est vraiment ultra sensuelle, voire orgasmique, et que ses musiciens sont de véritables pointures (batterie, basse, orgue, piano, guitare électrique). Le répertoire étant de qualité et arrangé à la sauce psyché pop groovy, avec deux ou trois passages un peu plus jazz, on ne peut que tomber sous le charme. Comme la majorité du public, en pâmoison totale devant la très professionnelle star américaine. Il faut dire que le show présenté est très classe, l'endroit choisi permettant en outre une qualité d'écoute et une proximité que ne peuvent offrir les Zéniths où l’artiste se produit habituellement. Même si elle est assez timide et sourit de manière un peu forcée dans sa jolie robe verte (de circonstance, vu le nom du festival !), Norah Jones est bel et bien là sur scène, à quelques mètres de nous et son aura rayonne incontestablement. La magie opère sur les spectateurs, on en a même vu quelques uns complètement extatiques...

Sur une heure quinze de show jouissif, il n'y a rien à jeter ! Même les titres très anciens comme Come Away With Me prennent de l'intensité et de l'épaisseur dans leur leur relecture 2012. Et puis il y a cette reprise bienvenue de Tom Waits, The long way home, l'interprétation du tube Black extrait du projet Rome et, surtout, les tubes récents dont l'épatant Miriam (une très troublante ballade au texte osé et à l'atmosphère proche d'Unchained Melody des Righteous Brothers) et Little Broken Hearts, le hit single remuant et langoureux par excellence... En se partageant équitablement entre son orgue, son piano et ses guitares, Norah Jones offre un set varié, passionnant et très versatile. Après avoir navigué en très, très bonne compagnie sur des flots pop, folk soul rock, blues et jazz, la soirée se termine avec une " Texas Song " d'obédience Country. Avec une voix aussi sublime, un caractère aussi bien trempé et des amis du calibre du Phil Spector des années 2000, Mr Mouse, Norah Jones peut s'attaquer à tous les styles en provoquant immanquablement des frissons dans les rangs de son public...
James Blake
On a déjà fait le plein d'émotions fortes, il se fait tard, la fraicheur du mois de septembre commence à tomber et le changement de plateau est un peu long (il n'y a qu'une seule scène... )... Du coup quand James Blake arrive sur scène, l'on se dit qu'il a intérêt à être très convaincant s'il veut que l'on reste. Las, le chanteur, songwriter et électronicien propose des chansons électro pop post dubstep (bla bla bla) ultra maniérées, très lancinantes et lardées de très énervants effets vocoder sur la voix. C'est plutôt original, assez osé (il y a même des passages a capella !), très minimaliste mais ça ne fonctionne pas sur nous, on trouve tout cela rapidement ennuyeux et assez prétentieux. On quitte donc les lieux avec plein d'étoiles et de mélodies dans la tête, grâce à Mademoiselle Norah Jones...
Liens : www.welovegreen.fr, www.facebook.com/welovegreenfestival...
Signature : pierre andrieule 20/09/2012
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