Critique de concert Mathieu Boogaerts

_s.jpg)
Découvrir de petites salles de concert dans des villes exotiques est une activité qui m'a toujours plu. J'ai ainsi décidé il y a quelque temps déjà, de profiter de toutes les occasions professionnelles qui me seraient données dans la lointaine Paris, pour aller voir au moins un concert dans n'importe quelle salle avec ma parisienne de frangine, à condition que ce soit une salle inconnue. Après le Nouveau Casino (Miossec) et le Couvent des Bernardins (Daniel Darc), deux très belles expériences chroniquées par ailleurs, voici venue une occasion de se rendre à La Java, Métro Belleville, pour y re-découvrir ce qu'a bien pu devenir Mathieu Boogaerts pendant les 10 ans où l'on a - fortuitement ! - un peu oublié de l'écouter...
_s.jpg)
Première découverte, La Java donc ! Nichée au fond d'une ruelle couverte, une jolie entrée tenue exclusivement par des dames (sympathiques), qui jettent un oeil très désinvolte à nos billest Digiticks avant de les jeter et nous laisser entrer sans fouille ni façons. La salle au sous-sol est juste magnifique : toute en longueur, les murs couverts de jolies fresques, les parquets recouverts de tapis : ça ne ressemble à rien de connu sauf peut-être, à l'intérieur d'une péniche ? Il y a bien une scène en timbre-poste au fond, qui garantit de ne pas pouvoir faire jouer plus de 4 musiciens en même temps ! Le plafond étant relativement bas, on comprend vite que la tradition veut qu'ici on regarde les concerts assis, pas trop mal en l'occurrence, sur les tapis. une autre tradition veut qu'on ne fasse pas marcher le sèche-mains des toilettes pendant le concert, pour éviter les interférences sonores.
_s.jpg)
Quand le concert commence, on comprend vite pourquoi : l'atmosphère s'avère si intimiste que Mathieu Boogaerts peut chanter a capella une partie du temps sans aucun problème. Une fois de plus je constate en passant la très grande qualité d'écoute du public parisien. Surtout quand il précise que la moitié d'entre eux est ce soir invitée (si vous avez déjà été dans un concert rempli de marseillais invités, vous m'avez compris...) ! Pas du tout au fait de son répertoire récent, je le découvre (tout comme ma soeur qui n'a jamais entendu parler du bonhomme) : pas de changements majeurs, c'est toujours de la petite chanson d'amour mélancolique et décalée, jouée avec force mimiques, entrecoupées de blagues avec le public : à quelque cheveux en moins près, le lutin n'a pas changé et passer du temps avec lui reste un grand plaisir !
_s.jpg)
Je note, interloqué, un type qui le filme avec un téléphone et dont la tête me dit furieusement quelque chose : après être allé le voir d'un peu plus près, j'avance l'hypothèse Michel Gondry à tout hasard même si la présence de ce génie du cinéma ici semble relativement incongrue. Pendant ce temps, dans son tour de chant de 11 chansons + 1 pause + 11 chansons + 1 rappel (le programme a été annoncé dès le départ), le chanteur a l'excellente idée de disséminer mes chansons préférées et déjà anciennes (titres approximatifs !) : Ca se sent, Du Ciment pour la Maison, Ondulé, Ah si j'avais un avion : il ne manque rien à mon best-of personnel !
_s.jpg)
Mais le reste est très bien aussi : au fil de chansons souvent reprises en chuchotis par l'assemblée (assez féminins, les chuchotis) comme un manifeste nouveau tube Keski va pas, il sera aussi question de cul décevant (puisque cette fois-là il voulait de l'amour) avec une certaine Marianne, d'une ex' découpée en morceaux sans malice, de diverses autres considérations et autres bébés éléphants, appuyées d'un jeu de guitare toujours modeste mais ultra-efficace, assez rock'n'roll à l'occasion. Fais Gaffe est par exemple ultra groovy et super. Autant dire qu'à ce rythme, le bar étant à portée de mains, on passe un excellent moment et les 22 chansons passent comme qui rigole.
_s.jpg)
Au rappel, mais oui on avait bien vu, est appelé un certain Michel à la batterie. Mathieu ne dira jamais son nom de famille, juste que c'est quelqu'un qu'il admire énormément (ça, et une allusion à une idée de mise en scène qu'il aurait "s'il devait réaliser un clip" d'une de ses chansons). Il n'empêche que ce batteur sans façons est bien LE Michel Gondry, celui des clips et des films dingos et émouvants comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind ! Lui non plus n'en fait pas des tonnes et se comporte comme un simple musicien invité, avant de retourner discuter au bar. Le concert se termine, à nouveau seul, sur la toujours touchante C'est grave comme c'est bien, quand on s'marie...
_s.jpg)
Et nous repartons divinement enchantés, pensez donc : une salle super accueillante et agréable (au fait, elle se place directement en top 1 dans notre classement provisoire des salles à jauge inférieure à 200 personnes à Paris !), un artiste généreux et drôle qui n'a pas changé un brin, un entrée à moins de 12 euros pour au moins 2 heures de spectacle distrayant et poétique. Mais que demande le peuple ?
PS : Désolé pour les photos vraiment, vraiment ratées ...
Signature : Philippele 05/10/2012
Envoyer un message à Philippe
Voir toutes les critiques de concert rédigées par Philippe
Photographe : Philippe
Envoyer un message à Philippe
Voir toutes les critiques de concert photographiées par Philippe
>> Réponse (le 06/10/2012 par Sami)


le 8 avril 2013 - Magic Mirrors - La Défense (par Julyzz)

le 05 Juin 2011 - Festival Paroles et Musiques - Éphémère - St-Etienne (par claire)

le 13 Novembre 2009 - Grenier à Sons - Cavaillon (par lionel degiovanni)

le 22 avril 2009 - Auditorium, Bourges (par Pierre Andrieu)
















