Critique de concert Oriental Fusion feat. Rachid Taha, Manu Théron, Philippe Forcioli, Raymond & Bastien Boni, ... (Carte Blanche à Hakim Hamadouche)


J'y pensais depuis hier à cette date, excité comme un enfant à l'idée d'assister à un truc unique, il faut bien le reconnaître parce que parmi les invités de Hakim Hamadouche pour sa carte blanche, il y avait Rachid Taha. Comme quoi je suis tout aussi sensible au côté people que la plupart des gens, même si la seule fois où j'ai vu Rachid Taha j'avais gardé une impression mitigée (me souvenant surtout de trucs sans rapport avec la musique).

La Meson annonce archi complet sur son répondeur, j'arrive donc tôt (avant 20h pour un concert annoncé à 20h30 et qui commencera en fait à 20h50 le temps de faire rentrer tout le monde) histoire d'être bien placé et de ne pas avoir à essayer de passer devant tout le monde après **. Il y a déjà du monde, je rentre, me cale comme d'habitude devant au milieu et je regarde la Meson se remplir ... beaucoup de musiciens certains qui seront sur scène ensuite (Manu Théron, Rachid Taha, ....) d'autres qui resteront dans le public (Naïas, Kabbalah, Djamel Taouacht, Temenik Electric, ...)

Et puis Gilles annonce le début du concert, introduisant au passage les invités à venir et surtout le ciment de la soirée Hakim Hamadouche. Hakim cela fait des années que je le croise ça et là ; dans la rue parfois, dans le public d'autres fois (de Karpienia, de Barre Phillips) et bien sûr sur scène comme musicien de Rachid Taha ou comme invité surprise de Patti Smith ou plus récemment Tricky). Hakim Hamadouche c'est surtout l'un des trois auteurs (avec Ahmad Compaoré et Edmond Hosdikian) de Oriental Fusion, ce groupe "jazz" que j'ai connu alors qu'ils étaient déjà séparés et qui a marqué les esprits au point que certaines personnes étaient descendues de Paris juste pour le concert de ce soir !

Cela faisait un moment que cette reformation était sur toutes les lèvres. Notamment depuis que Ahmad et Edmond rejouaient ensemble (comme au Roll'Studio) ou que Hakim et Ahmad avaient fait un concert (avec d'autres invités dont Manu Théron) au Nomad café. Bref voici pour mon historique local concernant ce groupe et ce grand bonhomme. Hakim justement arrive en premier, avec ce regard toujours aussi souriant et il s'installe avec son mandoluth derrière le micro sur la chaise centrale.

Il attaque luth et chant et sera rejoint pendant le morceau par Ahmad et Edmond. Le début du concert sera un peu affecté par les problèmes de micro qu'aura Edmond pour son saxo, et qu'il finira par contourner en prenant le micro chant d'un des invités à venir. L'ambiance s'installe, en douceur, chant en algérien, avec un jeu de mandoluth particulièrement rock qui rend ces morceaux (que je ne connais ni ne comprends) presque familiers.

Edmond cède assez vite sa place (pour aller régler ses problèmes techniques?) au premier invité de la soirée (Philippe Forcioli - merci Annie). Il s'agit d'un grand ami de Hakim, le premier à l'avoir fait monté sur scène dira-t-il. Ayant vécu à Oran (dont il vantera les mérites par rapport à ceux de Alger où se trouvent les racines de Hakim si j'ai bien compris) il chantera (en français) deux morceaux parlant de là bas.

Drôle de moment, un peu décalé par rapport au reste de la soirée, très chanson française old school. Et même si il n'y a pas eu de véritable participation des autres musiciens, le moment n'en était pas moins touchant pour autant. Il cédera ensuite sa place au deuxième invité : Manu Théron (du Cor de la Plana) qui avouera partager un point commun avec le précédent et Hakim Hamadouche, qui est que c'est Hakim qui l'a fait monté sur scène pour la première fois.

Comme je le disais plus tôt on les avait déjà vus jouer ensemble (tout comme on avait failli voir un duo Hosdikian - Théron), et Manu toujours très en forme, rebondira sur l'intro que fera de lui Hakim comme le futur maire de Marseille, pour nous annoncer que l'une des première mesures qu'il prendra sera de rendre obligatoire l'apprentissage de ce chant (en occitan).

Morceau bien pêchu sinon en tout cas dansant, s'accompagnant au tambourin et surtout avec Oriental Fusion en backing band de luxe ! Après ce morceau il retournera dans le public (d'où il était sorti) avant de s’échapper à un autre concert chez les punk du O'Bundies ! Puis Hakim appellera Raymond et Bastien Boni (père et fils) respectivement à l’harmonica puis guitare et contrebasse.

Ils attaqueront une longue intro à deux (assez expérimentale / ambiante) avant que Oriental Fusion ne se joigne à eux. Ce sera sans doute le moment le plus musical avec un Hakim au milieu, les yeux fermés pris entre deux feux, et qui lorsqu'il ne jouait pas semblait complètement absorbé / à l'écoute de ses invités. Ca m'a fait pensé à la Carte Blanche que la Meson avait laissé à Gildas Etevenard et où celui ci s'était retrouvé à plusieurs reprises à écouter ses invités (Fantazio et Manu Théron) interagir

C'est dans cette ambiance plutôt recueillie et aventureuse que, trouvant certainement le temps long là haut, Rachid Raha déboulera par le petit escalier qui descendait de la mezzanine. Tenant difficilement debout il finira pas s'asseoir devant Edmond et attendra la fin du morceau ponctuant le solo de Edmond de mimiques déconcertantes, sous le regard parfois réprobateur de son ami.

La suite sera donc 3 morceaux avec Rachid Taha au chant et à la danse. En effet celui ci avait très envie de faire bouger le public massé autour de la petite scène délimité par la guirlande lumineuse (qui commence à donner des signes de faiblesse). Tourné vers Hakim avec qui il dialoguait en chanson il se retournera quand même pas mal vers le public l'invitant à se mettre debout et danser.

Un peu difficile à canaliser (disant à Hakim de présenter ses musiciens et ses invités comme si celui ci ne l'avait pas fait, faisant un blague très foireuse sur Boni M, se comportant parfois en chef d'orchestre), Rachid dans son costume noir étincelant était quand même content d'être là et avait envie de faire danser les gens. Le summum du décalage sera quand même lorsqu'il arrêtera le morceau pour demander "au batteur de Hakim" de jouer un rythme africain et s'adressant à Ahmad : "hey dis, tu connais Fella ? tu peux me faire un rythme à la Fella ? et Allen, Tony Allen, tu connais ? tu peux me faire un truc afrobeat ?"

Après un long Ya Rayah forcement festif, il quittera la scène prétextant devoir rentrer à Paris pour un concert avec Charles Trenet, et s'en ira rejoindre des amis (dont un qui ressemblait beaucoup à Childeric) avant de retraverser la scène avec eux pour monter à l'étage, ce qui fera dire à Edmond (plus décontracte depuis qu'il avait réglé ses problèmes de son) "c'est un aéroport là haut ?"

La tempête Taha passée, les choses pouvaient reprendre plus sereinement. On assistera à quelques très bons moments entre les 3 Oriental Fusion notamment quelques déplacements de Edmond qui viendra se coller à Hakim pendant un solo de Ahmad, mais on aurait aimé que cela dure plus ! En effet il quitteront la scène sans avoir joué quelques uns de leurs morceaux phares.

Ils reviendront pour un rappel qui tournera court, quelques cordes supplémentaires du luth de Hakim lâchant au bout de quelques secondes (il en avait déjà perdu une plus tôt). Ce qui donnera le rappel le plus frustrant auquel il m'ait été donné d'assister depuis longtemps. Dommage qu'il ne soit venu qu'avec un seul mandoluth ... d'un autre côté si cela n'avait pas été pour une raison technique le public ne les aurait pas laissés s'arrêter !

Encore une bien belle soirée (grâce) à la Meson qui j'espère donnera une suite à cette belle soirée. Vu l'engouement qu'à suscité cette reformation de Oriental Fusion, et la complicité perceptible entre les 3, on voit mal pourquoi ça ne serait pas le cas ! Il parait qu'il y aurait même déjà des trucs écrits voire enregistrés ...
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** petite remarque générale concernant le rapport photographe (ou vidéaste) / public pendant le concert. Etant avant tout un fan de musique live (venu à la photo sur le tard) j'ai toujours fait en sorte d'être le plus discret possible. En tant que photographe je suis là pour témoigner d'un évènement sans interférer avec. Aussi quand je vois des photographes (ou vidéastes) (arrivés après tout le monde) passer devant tout le monde sans se soucier du public, faire des clic clic au moment où c'est tout calme, coller leur télé à quelques centimètres des artistes, empiéter sur la scène, poser leur matos sur celle ci au milieux des instruments ou pédales des musiciens, déplacer quelque chose de la scène - même si ce n'est qu'une bouteille d'eau - pour ne pas l'avoir dans leurs champs, accessoirement passer devant les appareils des autres photographes (et donc gâcher leurs photos / films) tout ça pour choper "la" photo qui tue et tout cela sans se rendre compte qu'ils gênent peut être le groupe et en tout cas assurément le spectacle pour tout le reste de la salle et bien c'est intrusif, artificiel et dénaturant.

Autant faire des photos posées ou aller les voir en répète ! En général je flippe quand je vois des caméras (cf concerts de David Merlo) mais là ce soir le cameraman fut exemplaire (discret, au fond, ne se permettant de passer devant que lorsque l'ambiance était plus chaude et que tout le monde dansait debout). Je ne peux en revanche pas en dire autant de l'autre photographe qui m'a empêché de prendre pas mal de photos et s'est retrouvé sur pas mal des miennes. En tant qu'archiviste de la scène marseillaise depuis maintenant 15 ans je comprends la valeur d'un souvenir, mais il ne peut pas être obtenu à n'importe quel prix à mon avis !

Signature : pirlouiiiitle 19/02/2012
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 19/02/2012 par Annie) Salut Pirlouiiiit, Le premier invité s'appelait Philippe Forcioli et il a incité Hakim à monter sur scène la première fois. Ce qu'a repris Manu en disant que c'était Hakim (et non Rachid comme écrit sans doute trop rapidement dans l'article) qui l'avait poussé à monter sur scène la première fois. Philippe est d'Oran mais Hakim est originaire des montagnes et non d'Alger où il a quand même vécu après...:) Je n'ai pas de mérite pour avoir retenu ou complété ces informations, Hakim, Edmond et Ahmed sont des amis de longue date, presque "la famille" et oui ils ont déjà sorti un album ensemble il y a presque 10 ans. Mais ce groupe s'apprécie Live surtout, souhaitons leur de nouveaux concerts entièrement dédiés à faire découvrir leur musique si particulière, hors genre. > Réagir à cette critique

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