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Samedi 25 mai 2013 : 10197 concerts, 21947 critiques de concert, 4855 critiques de CD.

Critique de concert Jazz des Cinq Continents (FJ5C 2012) 4/7 : Al Jarreau + Earth, Wind And Fire Experience


Jazz des Cinq Continents (FJ5C 2012) 4/7 : Al Jarreau + Earth, Wind And Fire Experience en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

La soirée du samedi est traditionnellement destinée au grand public durant le FJ5C. C'est la grande soirée populaire et les programmateurs choisissent chaque année avec pertinence des groupes qui concilient un public large à une grande qualité musicale.
Al Jarreau et Earth Wind & Fire Experience occuperont successivement la scène ce soir.

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Y'a moulon devant les grilles du Palais dès 19h00, alors que le début du concert est prévu à 20h30. Les aficionados connaissent les données : c'est le soir où il y aura foule, tout le monde va se lever à un moment ou à un autre, donc il faut être bien placé. Arrivé sur le plateau, la densité au mètre carré a augmenté de quelques points par rapport à la veille. Je me marre : chacun essaie de marquer son territoire " assis " par divers stratagèmes. Etalage d'immenses rabanes, paniers à pique-nique, bouteilles, poussettes, coussins, plaids divers et en tout genre. La bataille s'annonce âpre. Je me cale contre une barrière qui négocie un angle de vue de trois-quarts, pas trop mal pour voir le ou les leaders des groupes tout en restant debout sans se faire pourrir.

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Al Jarreau se produit en formation de sextet.
Al Jarreau : voix / Joe Turano : claviers / John Calderon : guitare / Mark Simmons : batterie / Chris Walker : basse / Larry Williams : claviers, flûte.

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Le souvenir de son dernier passage est récent : pour Concert & Co, c'est celui de mésententes avec le service presse, dont on a -nous le regrettons bien- du mal à se départir, mais aussi celui d'un excellent concert. Al Jarreau l'évoque dès la fin du premier morceau, en chantant évidemment, et explique que son passage dans le cadre splendide du Palais Longchamp a inspiré une chanson : Jack Around The Bougainvilliers, qui sera le deuxième morceau.

Le jeune homme (72 ans au compteur) est superbe. L'allure est légèrement sénile, mais le chant semble être un philtre de jouvence qui le transcende. C'est beau à voir. Al Jarreau avait, à la suite de son concert ici-même en 2010 souffert de problèmes respiratoires importants, qui l'avaient poussé à arrêter sa tournée. Il revient, he's back ! En grande forme et avec une envie et un plaisir de chanter évidents et communicatifs.

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Al Jarreau possède un vocabulaire fait d'innombrables onomatopées. Il parle, ou chante, un langage très expressif qu'il est sans doute le seul à comprendre mais que tout le monde écoute avec une attention jubilatoire. On ne recherche évidemment pas le sens, mais l'effet produit. Je cite : Chhht' boein, zba be loo paaa … ooooiii di di did di teu louuu mah djeu bong. Avec ça, il se marre constamment, rebranche un instant le décodeur pour échanger quelques phrases aimables avec le public, puis repart dans son délire, dans son pays imaginaire. Il me fait penser à un alter ego outre-Atlantique d'Henri Salvador : il lui ressemble un peu, il a la même passion du jazz, les mêmes délires vocalistes et lui aussi se marre tout le temps.

... + Boogie Down



La musique est excellente, rythmée avec classe, sophistiquée, élégante. Si des nuances les distinguent, on évolue dans la même sphère que celle du groupe qui va suivre, c'est aussi celle de George Benson, vu récemment à Istres, de Stevie Wonder, Bobby Womack et de nombreux autres qui se sont créé un espace personnel entre jazz, funk, soul et pop. Chacun y appose son dosage, sa recette personnelle. Celle d'Al Jarreau met en avant ses échappées vocales, mais les musiciens, en arrière plan sont tous au top.

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Le public renvoie des retours très chaleureux, jusqu'au dernier morceau, à Al Jarreau et ses manières charmantes de gentle-jazzy-scat-man.


Tel le Phénix mythique et fabuleux, Earth Wind & Fire, groupe légendaire des années 70 renaît de ses cendres, sous le nom de Earth Wind and Fire Experience, featuring Al McKay, quelques années plus tard. Porté par son guitariste sus-nommé, génial et prolifique -la liste des tubes qu'il a signés est juste impressionnante- le groupe triskaidécaphonique enflamme la scène du Palais Longchamp.

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Al McKay : guitare / Michael Harris : trompette / Tim Owens : voix / Claude Woods : voix / Devere Duckett : voix / Ben Dowling : piano / Freddie Flewelen : basse / Dean Gant : piano / Aaron Haggerty : batterie / David Leach : percussions / Stephen Reid : trompette / Justin Kirk : trombone / Ed Wynne : saxophone.


Trois membres se placent dos au public, pendant que dix autres musiciens introduisent un premier morceau encore retenu mais qui s'annonce rythmé. Les trois chanteurs, Messieurs Earth, Wind et Fire sans doute, Roger ou Muddy ont dû s'évaporer en chemin, se retournent et attaquent. Le chant est immédiatement accompagné d'une petite chorégraphie, à la Blues Brothers. Trop la classe, comme entrée.

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Une longue séquence rythmée s'ensuit, une autre plus slow enchaînera, et ainsi de suite. Le programme est ainsi prévu qui ménage des pauses histoire de redonner au public l'envie de bouger à chaque quart d'heure. A mon avis, c'était pas besoin de ménager cet effet : le public en question est hyper réceptif, bras levés, hanches en mouvement, l'adhésion est totale et immodérée. Le petit plus que j'adore, au-delà de la musique et du rythme diablement contagieux, ce sont ces mini-chorégraphies coordonnées que nous resservent les trois chanteurs sur chaque morceau. C'est trop cool.

Dès les premières notes d'In The Stone, je ne suis sans doute pas le seul couillon à m'être dit " merde, c'est l'heure du film ! " avec l'image subliminale et simultanée de moi-même, vautré sur le canapé devant la télé, un dimanche soir.

In The Stone / Ciné Dimanche Soir



Car le truc avec Earth Wind and Fire Experience, c'est qu'à chaque tube, c'est à dire un morceau sur deux, on se dit " Tiens, ça aussi c'est eux ?! ". Le groupe a bien été, sous la houlette d'Al McKay, générateur de multiples standards à succès. Getaway, Fantasy, Sing a song, September, Boogie Wonderland, qu'ils réservent pour la fin. Le public a droit au meilleur.

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Avant le dernier morceau, je quitte ma place rapprochée pour aller prendre la température vers l'arrière du plateau. Incroyable : Je n'ai jamais vu autant de bananes réjouies, de gens de tous âges qui dansent, qui font les couillons, qui se lâchent seuls, à deux, à trois ou à douze et qui se marrent. Je me rapproche de l'estaminet histoire de m'octroyer une deuxième pina colada bien méritée, et là incroyable again : tout le staff technique avec le chef, Pascale elle-même sont sur le perron, en train de danser en uniforme. L'hystérie est collective. Je ne pense même plus à mon breuvage désormais inaccessible tant le spectacle est sympa. On se croirait presque dans la dernière scène du Parfum, de Patrick Susskind, pour ceux qui connaissent, mais ça n'ira quand même pas jusque là. Voilà la signature d'un grand groupe populaire, un genre de mega-effet Kiss Cool qui dure tant qu'il y a de la musique.

Plus de photos de McYavell ici, des extraits vidéos par Mardal d'Al Jarreau et d'Earth Wind & Fire Experience .


 


>> Réponse (le 23/07/2012 par R.Cesari)
Earth Wind And Fire Experience n'est que le copié/collé du groupe mythique qui existe toujours et tourne toujours. Avec l'original une impression de facilité extraordinaire avec le copié/collé de très bon musiciens au travail qui singent l'original.   > Réagir à cette critique

>> Réponse (le 01/08/2012 par Mardal) Suite à un échange de mails instructif, R.Cesari, détracteur ci-dessus de faux et usage de faux, m'envoie le copié/collé d'un échange de mails avec Earth Wind & Fire... les "vrais", et m'autorise à publier. A titre indicatif, pour toi, ami lecteur: Hello, Last night I saw in France Earth, Wind & Fire Experience ... it is lamentable how can you let this happen? 10 Clown on stage the worst in all this is that people are on to see the real Earth, Wind & Fire.rnCome to France to show what it's like a real band. cordially Richard Cesari Et la réponse... Richard, Thank you for the kind words and for your loyalty to the band's legacy. Unfortunately, a promoter in Europe legally trademarked the name "The Earth, Wind & Fire Experience". For many tears, we have been working through the .../...

 

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