Critique de concert PASS LE MIC - Flynt, PHM, Popo Chanel, etc ...

PASS LE MIC, hip-hop is not dead
Le hip-hop est une authenticité vendue, une famille d’ennemis, un matérialisme abstrait, une spiritualité monétaire, où se débattent méchants bienfaiteurs et gentilles racailles… bref, le hip-hop, on le sait c’est tout un amalgame de paradoxes, un nom à deux composantes comme un ying et un yang, presque un oxymore tout désigné à ne jamais trouver les réponses aux questions qui l’habitent.
Ca construit dans l’urgence, ça réalise ça et là quelques coups d’éclats, qui finissent par s’oublier quand ils deviennent rapidement le moule de constructions standards. Entre intérêt collectif et intérêt personnel, on y perd souvent son latin. Le prêcheur vend ses fioles d’eau bénite pour s’enrichir au détriment des convertis, quand la question n’est plus de forme mais de « fond de commerce ».
La cité phocéenne n’échappe évidemment pas à ces étranges paradoxes microcosmiques. En effet malgré sa réputation de ville phare du hip-hop en France, les énergies s’engouffrent dans les abysses du vide structurel. Les plus dévoués à la cause baissent inéluctablement les armes les uns après les autres. Mais depuis quelques temps, un doux air de nostalgie flotte dans les ruines du hip-hop d’antan du côté de marseille. Les dialogues privés ou plus ou moins public à cause des forts volumes vocaux aux terrasses de bar diraient selon la rumeur que l’on y entend des mots passé dans un langage désuet : Unité, Fédération, entre-aide, mutualisation, …
Comme un club de football mythique qui vit sur son passé, le tissu de la ville se reposerait-t-il sur sa réputation construite aux premières heures du rap en France ? Réussir en venant de Marseille est possible, cela s’est prouvé et voilà une partie du problème…Dans une atmosphère plus ou moins cordiale, tout le monde s’observe en se disant que ce sera lui qui réussira à s’imposer à l’échelon national. En vient un protectionnisme de terrain, de réseau, un mécanisme bloquant qui fait que chacun son tour prend ce qu’il y a à prendre et que rien de nouveau ne se construit. A propos de la ville, j’aime bien employer la métaphore du gâteau et de la crème. Si chacun veut sa part du gâteau, chacun se retrouve avec des miettes.
Entre la volonté de faire grandir sa part et celle de faire grossir le gâteau, en produisant de la « crème », il y a toute une différence de philosophie à laquelle le hip-hop marseillais devra songer un jour ou l’autre.
Un événement est donc arrivé le 10 Mai dernier à l’Affranchi, épicentre des vibrations sub hip-hop à Marseille pour avancer vers la résolution de ces problèmes de philosophie globale et de cohabitation. PASS LE MIC, est né d’une volonté commune entre deux acteurs incontournables de la vie du mouvement local, l’Affranchi, donc et Radio Grenouille, qui si elle n’est pas une antenne hip-hop à proprement parler reste le média marseillais le plus ouvert sur le hip-hop et la scène locale. Comment donc relever le défi de proposer un rendez-vous fédérateur entre acteurs et amoureux de culture hip-hop ? Un concept, une envie, une affiche de qualité, un événement accessible à tous, une communication adaptée au but, voilà tous les ingrédients qui ont fait le succès de cette première édition.
On se plaint souvent du prix des concerts qui s’éloigne de plus en plus des proportions des porte-monnaies du hip-hop addict de base, et bien là on peut dire que l’on ne moque pas du public : un débat, des show cases de FLYNT, POPO CHANEL et des beat-boxers de PHM, des mixes de DJEL, REBEL, SOON et PH, des performances de graffiti et de danse, et des petits décrochages sur des groupes locaux des plus intéressants, pour devinez un peu……0 € !! Et l’intégralité de la soirée était retransmise en direct sur radio grenouille puisque PASS LE MIC n’est au fond rien d’autre qu’une émission radio hip-hop, en direct et en public.
Un débat d’une heure et demi, c’est long… mais voir que des jeunes de même pas la quinzaine sont restés tout ce temps attentif aux discutions du débat donne un sacré espoir pour le futur. Le thème du débat « le hip-hop est-il encore une culture en France ? » n’était que l’invitation à ce qu’il se passe des choses, que l’on mette le doigt sur les réels problèmes et dysfonctionnement du mouvement et en même temps que chacun en fasse son autocritique. Pour l’essentiel, ça avait un peu de mal à se livrer, à découvrir ses frustrations sur la place publique, mais la plupart des « familles » étaient là et malgré quelques détours par des considérations un peu trop théorique, on a vraiment senti une envie collective de se sortir du marasme actuel. D’ailleurs la soirée fut également un lieu de rencontre où le dialogue ne se limita pas au débat, et où les barrières entre les gens et les genres ont certainement pris quelques fissures dans les dents.
Le public fut nombreux et bruyant pour les artistes, l’esprit hip-hop était vraiment de la fête et les shows cases efficaces et homogènes, de la deuxième de FLYNT sur les terres marseillaises, au show époustouflant des hommes machines de PHM, en passant par un set de POPO CHANEL empreint d’émotion qui a retourné la salle. Le plateau dj avait aussi quelque chose d’exceptionnel puisqu’il réunissait la quasi-totalité des dj-mixeurs actifs sur la ville, ce qui n’est plus arrivé depuis vraiment longtemps voire jamais. Au rang des petits bémols de la soirée, le passage de la scène en fusion au plateau radio beaucoup plus posé n’était pas forcement toujours évident à suivre pour le public mais ce n’étais qu’une première et il fallait bien tester le concept en grandeur nature.
La soirée a laissé des séquelles, c’est une évidence …et si c’était un point de départ du renouveau marseillais ? En tout cas, le couvert sera remis pour une prochaine édition, c\'est certain. Espérons que la mobilisation et les initiatives se feront nombreuses d’ici là !
Le hip-hop est une authenticité vendue, une famille d’ennemis, un matérialisme abstrait, une spiritualité monétaire, où se débattent méchants bienfaiteurs et gentilles racailles… bref, le hip-hop, on le sait c’est tout un amalgame de paradoxes, un nom à deux composantes comme un ying et un yang, presque un oxymore tout désigné à ne jamais trouver les réponses aux questions qui l’habitent.
Ca construit dans l’urgence, ça réalise ça et là quelques coups d’éclats, qui finissent par s’oublier quand ils deviennent rapidement le moule de constructions standards. Entre intérêt collectif et intérêt personnel, on y perd souvent son latin. Le prêcheur vend ses fioles d’eau bénite pour s’enrichir au détriment des convertis, quand la question n’est plus de forme mais de « fond de commerce ».
La cité phocéenne n’échappe évidemment pas à ces étranges paradoxes microcosmiques. En effet malgré sa réputation de ville phare du hip-hop en France, les énergies s’engouffrent dans les abysses du vide structurel. Les plus dévoués à la cause baissent inéluctablement les armes les uns après les autres. Mais depuis quelques temps, un doux air de nostalgie flotte dans les ruines du hip-hop d’antan du côté de marseille. Les dialogues privés ou plus ou moins public à cause des forts volumes vocaux aux terrasses de bar diraient selon la rumeur que l’on y entend des mots passé dans un langage désuet : Unité, Fédération, entre-aide, mutualisation, …
Comme un club de football mythique qui vit sur son passé, le tissu de la ville se reposerait-t-il sur sa réputation construite aux premières heures du rap en France ? Réussir en venant de Marseille est possible, cela s’est prouvé et voilà une partie du problème…Dans une atmosphère plus ou moins cordiale, tout le monde s’observe en se disant que ce sera lui qui réussira à s’imposer à l’échelon national. En vient un protectionnisme de terrain, de réseau, un mécanisme bloquant qui fait que chacun son tour prend ce qu’il y a à prendre et que rien de nouveau ne se construit. A propos de la ville, j’aime bien employer la métaphore du gâteau et de la crème. Si chacun veut sa part du gâteau, chacun se retrouve avec des miettes.
Entre la volonté de faire grandir sa part et celle de faire grossir le gâteau, en produisant de la « crème », il y a toute une différence de philosophie à laquelle le hip-hop marseillais devra songer un jour ou l’autre.
Un événement est donc arrivé le 10 Mai dernier à l’Affranchi, épicentre des vibrations sub hip-hop à Marseille pour avancer vers la résolution de ces problèmes de philosophie globale et de cohabitation. PASS LE MIC, est né d’une volonté commune entre deux acteurs incontournables de la vie du mouvement local, l’Affranchi, donc et Radio Grenouille, qui si elle n’est pas une antenne hip-hop à proprement parler reste le média marseillais le plus ouvert sur le hip-hop et la scène locale. Comment donc relever le défi de proposer un rendez-vous fédérateur entre acteurs et amoureux de culture hip-hop ? Un concept, une envie, une affiche de qualité, un événement accessible à tous, une communication adaptée au but, voilà tous les ingrédients qui ont fait le succès de cette première édition.
On se plaint souvent du prix des concerts qui s’éloigne de plus en plus des proportions des porte-monnaies du hip-hop addict de base, et bien là on peut dire que l’on ne moque pas du public : un débat, des show cases de FLYNT, POPO CHANEL et des beat-boxers de PHM, des mixes de DJEL, REBEL, SOON et PH, des performances de graffiti et de danse, et des petits décrochages sur des groupes locaux des plus intéressants, pour devinez un peu……0 € !! Et l’intégralité de la soirée était retransmise en direct sur radio grenouille puisque PASS LE MIC n’est au fond rien d’autre qu’une émission radio hip-hop, en direct et en public.
Un débat d’une heure et demi, c’est long… mais voir que des jeunes de même pas la quinzaine sont restés tout ce temps attentif aux discutions du débat donne un sacré espoir pour le futur. Le thème du débat « le hip-hop est-il encore une culture en France ? » n’était que l’invitation à ce qu’il se passe des choses, que l’on mette le doigt sur les réels problèmes et dysfonctionnement du mouvement et en même temps que chacun en fasse son autocritique. Pour l’essentiel, ça avait un peu de mal à se livrer, à découvrir ses frustrations sur la place publique, mais la plupart des « familles » étaient là et malgré quelques détours par des considérations un peu trop théorique, on a vraiment senti une envie collective de se sortir du marasme actuel. D’ailleurs la soirée fut également un lieu de rencontre où le dialogue ne se limita pas au débat, et où les barrières entre les gens et les genres ont certainement pris quelques fissures dans les dents.
Le public fut nombreux et bruyant pour les artistes, l’esprit hip-hop était vraiment de la fête et les shows cases efficaces et homogènes, de la deuxième de FLYNT sur les terres marseillaises, au show époustouflant des hommes machines de PHM, en passant par un set de POPO CHANEL empreint d’émotion qui a retourné la salle. Le plateau dj avait aussi quelque chose d’exceptionnel puisqu’il réunissait la quasi-totalité des dj-mixeurs actifs sur la ville, ce qui n’est plus arrivé depuis vraiment longtemps voire jamais. Au rang des petits bémols de la soirée, le passage de la scène en fusion au plateau radio beaucoup plus posé n’était pas forcement toujours évident à suivre pour le public mais ce n’étais qu’une première et il fallait bien tester le concept en grandeur nature.
La soirée a laissé des séquelles, c’est une évidence …et si c’était un point de départ du renouveau marseillais ? En tout cas, le couvert sera remis pour une prochaine édition, c\'est certain. Espérons que la mobilisation et les initiatives se feront nombreuses d’ici là !
Signature : pmjournalistle 28/02/2009
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