Critique de concert Patti Smith Group


On ne peut pas dire que Patti Smith n'aime pas la cité phocéenne ! Après ses passages en
2004 et 2007, la voici de retour en 2011 au Silo, cette salle marseillaise flambant neuve que l'on aura attendu trèèèèèèèèès longtemps, mais qui s'est construite trèèèèèèèèèèèèès vite une fois la nomination de Marseille comme capitale européenne de la culture en 2013...

"Coincidence" ou pas, je découvre avec plaisir une bien belle salle, facile d'accès grâce au Tramway et un parking connexe, avec un hall sponsorisé par la fnac, avec sa billetterie, son fnac café et les écrans suspendus au plafond. Y a à boire, y a à manger... sauf que, et c'est là le gros point noir de ce nouveau lieu: on ne peut rien amener dans la salle !

La bouffe à la limite je peux comprendre, mais la boisson, faut m'expliquer ! Le plaisir de s'enfiler un godet pendant un live, ca n'a pas de prix bordel ! Sans compter que si le show dure trois heures on est obligé de rester à la diète totale ou de mourir d'inanition ? Et d'un point de vue commerçant, ça frise le masochisme ! Ridicule au possible...

Enfin bon, vu la prog en place et le public visé globalement, les gens ne s'en plaindront pas trop je pense... Point de Hard rock, de reggae, de musiques alternatives ou simplement jeunes, tous ces délinquants qui ne pensent qu'à casser des salles de concert en ingurgitant des litres de binouses pour ensuite les recracher sur leurs artistes favoris, ne mettront pas les pieds ici de toutes façons... Cette constatation ne regardant que moi, ou presque, de toutes façons, les gérants ne changeront pas la donne pour autant.

D'un coté on a le Dôme et sa prohibition de l'alcool, de l'autre le Silo et son autorisation à picoler vite vite dans le hall, point barre. Un peu étrange tout ça... Mais si je critique ce détail subjectivement essentiel, je ne peux qu'encenser la disposition des lieux , qui permet de voir la (haute) scène d'où que l'on se trouve, et encore plus son acoustique au top. Rien à redire là dessus, les ingénieurs ont fait du bon boulot pour une fois, et l'on pouvait entendre chaque instrument, avec puissance mais sens volume excessif.

Une belle reussite que ce Silo, dans sa conception et sa tenue sonore. Mais trêve de digressions, la Star ce soir, avec un big S, c'est "notre" Patti Smith, intemporelle, magique.Si je n’étais pas de la fête en 2004, pour son dernier passage il y a 4 ans, j'avais pris une véritable claquasse en travers la tronche au Palais des Congrès ! Très rare qu'un artiste que je connais peu à la base, me transporte à ce point... Dans mon compte rendu de l’époque, j'avais exprimé mon choc initial, et le pied intégral ressenti.

Alors hier soir allais je être déçu des retrouvailles sans le gout de la découverte inattendue ? Tu parles (Saint) Charles ! La seule différence était bien la surprise en moins. Parce que pour le reste, quel plaisir elle a pu me donner, quels poils a t elle pu me hérisser, quel sourire a t elle pu me plaquer durant une trop courte heure et demi...Les années passent, et pourtant elle ne change guère physiquement, et ne change carrément pas du tout scéniquement parlant.

Comme je l'ai déjà dit, les chanteurs qui sont habités m’émerveillent et elevent le live à un niveau inatteignable par les artistes qui ne vivent pas leur musique à fond. Non mais il faut la voir sur des titres tels que "Ain't it strange", "Gloria" ou le cataclysmique "Rock'n roll nigger" final ! Possédée. Rageuse. Furieuse. Hallucinée. Hallucinante. Elle vit ses paroles, elle intègre sa musique pour nous la ressortir flamboyante.

J'ai une nouvelle fois été scotché par son naturel, sa simplicité, sa générosité, son amour et son empathie. Elle articule clairement des discours qui sonnent utopistes à notre époque, elle nous exhorte à croire en chacun de nous, en l'autre, en la Vie, notre bien le plus précieux par devers tout ce consumérisme et malgré les difficultés économiques du monde...

Elle cite maintes fois Rimbaud (mort à Marseille il y a 120 ans, ceci expliquant sa relation spéciale avec notre ville), elle nous fait une petite impro (ais je eu l'impression) sur Marseille en novembre, avant de poursuivre par "Beneath the southern cross" il me semble... Bref, elle a gardé ses valeurs, ses idéaux, et elle les partage avec un public, majoritairement quarantenaire, conquis dès son entrée sur les planches via l'envoutant "Dancing barefoot". Ce qui est également incroyable avec elle, c'est que même durant des morceaux lents ou rallongés, on reste captivé par sa présence, sa voix, ses lyrics, son attitude...

"Pissing in a river" et son crescendo en est l'exemple parfait. Cette transe... A l'instar de ce "Ain't it strange" lancinant au possible... Ou de ce "Ghost dance" poignant...A contrario, quand elle sort ses chansons plus pêchues, elle enflamme le Silo, via un "People have the power" fédérateur repris unanimement en choeur, un "Gloria" epileptique, un "Because the night" forcément survolté... jusqu'à dynamiter les fondations via ce "Babelogue/Rock'n roll nigger" totalement déchainé !

Même un cul de jatte neurasthénique n'aurait pu resister à la dementielle envie de taper des orteils sur ce brulot incandescent ! Une vraie fadade sur scène, entouré d'un groupe soudé tout aussi brulant ! Le grand bassiste, récupérant souvent les claviers, assurait comme une bête, le batteur pareil, le gratteux soliste pareil quoique le plus timide de tous, et l'autre gratteux, officiant depuis un bail avec Smith, pareil de chez pareil, nous envoyant en bonus une reprise féroce de The seeds, "Pushin' too hard", pour fêter ses 47 ans de musique en groupe !

Non vraiment, rien à jeter encore une fois dans le concert de cette grande Dame. Juste le regret de ne pas avoir eu "Frederick", une de mes favorites qui me chavire à chaque fois le coeur, et le fait qu'elle ne soit pas revenu pour un titre de plus après l'ovation finale reçue. Mais quand c'est si bon, c'est forcément trop court...

Enfin pour l'anecdote, vous saurez que Patti Smith est une femme de parole, car comme elle l'avait promis la dernière fois à propos du prix exorbitant des tickets au Palais des congrès, les tarifs étaient bien moindres hier soir ! Rendez vous dans quelques années pour une aussi belle prestation Madame Smith !
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Signature : gandalfle 09/11/2011
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 09/11/2011 par pirlouiiiit)

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>> Réponse (le 09/11/2011 par Philippe)

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>> Réponse (le 10/11/2011 par Delphine)

>> Réponse (le 12/11/2011 par Hervé)

Concert tout simplement génial malgré le manque évident de moins de 25 ans. A 17 ans on se sent un peu perdu au milieu de cette foule de beatniks, trentenaires altermondialistes et gens normaux ( il y en a quand même!). Mais très vite, une cohérence s'installe, la puissance de la musique et le souffle d'une Patti transcendé. Tout cela courroné par une bise sur scène à Patti, accompagné d'une unique et chaleureuse dédicace de son livre que j'avais apporté "au cas où", tout cela devant 7000 personnes. Un rêve de gosse, élevé à coup mythes musicaux, accompli et réalisé bien au dela de mes espérances. > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 15/11/2011 par Gandalf) A delphine : Il me semble que c'etait "We three" à ce moment là, non ? http://www.youtube.com/watch?v=Lw1ofTgPtc4&feature=results_video&playnext=1&list=PL62D2FF949C15D5D9 > Réagir à cette critique

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