Critique de concert Pierre Bruzzo Quartet

Retour au Roll’Studio, la plus belle programmation de jazz à Marseille avec le Cri du Port et la Cité de la Musique. Tous les samedis en début de soirée sont proposés des bijoux de concerts dans un écrin miniature. Ce soir, c’est du jazz New Orleans avec le Pierre Bruzzo Quartet. Pierre Bruzzo est un mordu de Sidney Bechet. Je l’avais vu l’année dernière à Pertuis. Le sextet de l’époque s’est dilué dans les eaux du Mississippi puisque le pianiste et le trombone (Bruzzo fils) n’y figurent plus.

Deux parties bien distinctes nous sont proposées. Dans la première, c’est surtout Fats Waller qui est mis à l’honneur. Une autre passion de Pierre Bruzzo semble-t-il puisqu’il nous propose plusieurs de ses compositions et – gag à répétition - lui en attribue d’autres quand il ne se souvient pas du compositeur exact.
Leurs arrangements, très personnels, sont étonnants quand on connaît les versions, extrêmement différentes et la plupart du temps avec paroles de Louis Armstrong (On The Sunny Side Of The Street, Ain’t Misbehavin’), de Bessie Smith (Nobody Knows You When You're Down And Out) ou d’Ava Gardner dans le film Show Boat (Can’t Help Lovin’ Dat Man).
Le canevas est inamovible : Pierre Bruzzo débute par un solo de bonne facture épaulé par une rythmique sans faille. Le guitariste lui emboîte le pas, puis le contrebassiste Bernard Abeille et le solo final de saxo est agrémenté d’un ou deux très courts breaks du batteur Alain Manouk. C’est un peu toujours pareil mais curieusement, on en redemande, leur virtuosité et leur bonne humeur communicative nous ayant amadoués.
Guy Mornan est un guitariste facétieux. Son humour est quelquefois (très) limite : il donne des titres approximatifs (Sodomise-les pour Some Of These Days) et agrémente les enchainements d’aphorismes surprenants : "Mieux vaut un bon contre-fa qu’une mauvaise contrepèterie". Mais sa technique est irréprochable.
photo Claude Norbert
Le Marchand De Poissons de Sidney Bechet est annonciateur de la deuxième partie qui sera presque entièrement consacrée au clarinettiste / saxophoniste de la Nouvelle Orleans. Pierre Bruzzo, lui, joue seulement du saxo soprano. C’est certes du jazz New Orleans mais la rythmique lui donne une couleur bebop rafraîchissante.
Sont joués des titres incontournables (Petite Fleur, Dans Les Rues D’Antibes), d’autres assez connus (Halle Hallelujah, Please Don't Talk About Me When I'm Gone qui m’a fait tout drôle car je ne connaissais que la version chantée par Dean Martin) et des raretés comme Indiana, Buddy Bolden Stomp (hommage que Bechet avait dédié à celui qu’il considérait être le père du jazz).
photo Claude Norbert
Deux invités habitués des lieux interviennent sur Sweet Georgia Brown : Claire Abram au piano et Gilles Alamel à la batterie. Ce dernier avait déjà brillamment pris les baguettes sur Dans Les Rues D’Antibes.
Pierre Bruzzo annonce ses deux prochains concerts : le 27 novembre à la Crémaillère à Carnoux et le 4 décembre à l’Estaque. Si vous êtes amateurs de Jazz New Orleans, courez-y. La seule interprétation de Can’t Help Lovin’ Dat Man, moment de tendresse absolue, vaut le déplacement. Et si vous ne connaissez pas encore le Roll’Studio, nid douillet au cœur du Panier, sachez que le talent et l’émotion y sont au rendez-vous tous les samedis à 18h30.
Bonus vidéo : Buddy Bolden Stomp

Deux parties bien distinctes nous sont proposées. Dans la première, c’est surtout Fats Waller qui est mis à l’honneur. Une autre passion de Pierre Bruzzo semble-t-il puisqu’il nous propose plusieurs de ses compositions et – gag à répétition - lui en attribue d’autres quand il ne se souvient pas du compositeur exact.
Leurs arrangements, très personnels, sont étonnants quand on connaît les versions, extrêmement différentes et la plupart du temps avec paroles de Louis Armstrong (On The Sunny Side Of The Street, Ain’t Misbehavin’), de Bessie Smith (Nobody Knows You When You're Down And Out) ou d’Ava Gardner dans le film Show Boat (Can’t Help Lovin’ Dat Man).
Le canevas est inamovible : Pierre Bruzzo débute par un solo de bonne facture épaulé par une rythmique sans faille. Le guitariste lui emboîte le pas, puis le contrebassiste Bernard Abeille et le solo final de saxo est agrémenté d’un ou deux très courts breaks du batteur Alain Manouk. C’est un peu toujours pareil mais curieusement, on en redemande, leur virtuosité et leur bonne humeur communicative nous ayant amadoués.
Guy Mornan est un guitariste facétieux. Son humour est quelquefois (très) limite : il donne des titres approximatifs (Sodomise-les pour Some Of These Days) et agrémente les enchainements d’aphorismes surprenants : "Mieux vaut un bon contre-fa qu’une mauvaise contrepèterie". Mais sa technique est irréprochable.
Le Marchand De Poissons de Sidney Bechet est annonciateur de la deuxième partie qui sera presque entièrement consacrée au clarinettiste / saxophoniste de la Nouvelle Orleans. Pierre Bruzzo, lui, joue seulement du saxo soprano. C’est certes du jazz New Orleans mais la rythmique lui donne une couleur bebop rafraîchissante.
Sont joués des titres incontournables (Petite Fleur, Dans Les Rues D’Antibes), d’autres assez connus (Halle Hallelujah, Please Don't Talk About Me When I'm Gone qui m’a fait tout drôle car je ne connaissais que la version chantée par Dean Martin) et des raretés comme Indiana, Buddy Bolden Stomp (hommage que Bechet avait dédié à celui qu’il considérait être le père du jazz).
Deux invités habitués des lieux interviennent sur Sweet Georgia Brown : Claire Abram au piano et Gilles Alamel à la batterie. Ce dernier avait déjà brillamment pris les baguettes sur Dans Les Rues D’Antibes.
Pierre Bruzzo annonce ses deux prochains concerts : le 27 novembre à la Crémaillère à Carnoux et le 4 décembre à l’Estaque. Si vous êtes amateurs de Jazz New Orleans, courez-y. La seule interprétation de Can’t Help Lovin’ Dat Man, moment de tendresse absolue, vaut le déplacement. Et si vous ne connaissez pas encore le Roll’Studio, nid douillet au cœur du Panier, sachez que le talent et l’émotion y sont au rendez-vous tous les samedis à 18h30.
Signature : mcyavellle 25/11/2009
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Photographe : mcyavell
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