Critique de concert PJ Harvey

Seule la fréquentation régulière de la page d'accueil de Concertandco nous a permis d'être au bon endroit et au bon moment, à savoir devant notre écran pendant les quelques heures où s'arrachèrent, il y a déjà plusieurs mois, les billets d'un concert qu'on devinait d'exception : PJ Harvey à l'Olympia ! Des mois déjà qu'on vérifie régulièrement qu'on a toujours les précieux billets qui nous permettront enfin une deuxième rencontre avec l'elfe anglais. De la première, il y a presque 7 ans aux Eurockéennes, on garde un souvenir flou mais enchanteur : un de ces concerts suite auxquels l'idée de mourir un jour paraît, déjà, un peu moins pénible.
Autre impression (très bien retranscrite par Luz dans son Claudiquant sur le dance floor à l'époque), celle qu'elle ne chantait que pour soi, faisant disparaître l'ensemble des autres spectateurs. Pour vérifier que c'est toujours le cas, le petit inconvénient de devoir se présenter à 20 h devant une salle de concert à respectivement 500, 600 et 850 km de chez nous, est donc largement accessoire... Tout comme le fait que ses deux derniers albums, certes très réussis, ne nous aient pas autant troublé que le merveilleux White Chalk de 2007, ni que les 3 ou 4 albums majeurs qu'elle a fait encore auparavant.
Le concert commence sur l'inévitable Let England Shake, annonçant le sujet de tout l'album. Comme attendu d'après toutes ses photos récentes, la miss porte des plumes noirs sur la tête et un peu partout ailleurs, et se cramponne à l'autoharpe qui est sa nouvelle passion instrumentale. Par ailleurs le groupe, très élégant mais un peu effacé au long du concert, ne joue pas très fort ; PJ Harvey ne quittera pratiquement pas le micro avant gauche (de notre côté donc, coup de bol, mais dommage pour les autres !), au risque de donner l'impression de ne pas vraiment faire corps avec ses musiciens, qui l'accompagnent pourtant depuis des années. Il est vrai que sa voix d'exception attire immanquablement le regard sur elle.
La suite (The Words that maketh murder) confirme qu'on est bien là ce soir pour défendre cette dernière galette : il sera joué en quasi (?) intégralité, avec des fortunes diverses à notre goût selon que la voix est trop trafiquée, ou pas. On préfèrera ainsi la voix plus naturelle All & Everyone (malgré un son de cuivre joué un peu chichement au synthétiseur), à la voix trop "glossy" de Written on the Forehead (désolé, pas trouvé de meilleure image, pour cet effet vocal agaçant qui court sur une bonne partie de l'album) - appuyée sur ses trois voix mâles, la chanson ne donne pas trop mal quand même.
Réussie aussi, In the Dark Places où elle prend enfin une guitare. Avant un envol vocal sur The Devil, issu de White Chalk, tandis que les choeurs mâles planent un peu moins élégamment. [Le Diable inspire décidément les chanteuses, à en voir la version tout aussi bouleversante, dans un autre style, que vient d'écrire par ailleurs Anna Calvi]. Le premier climax du concert arrive avec l'inoubliable The River, suivi par la pétaradante The Sky Lit Up, pour laquelle le groupe est à peine assez incisif : les fans de la première heure sont néanmoins ravis de ces "vieilleries" du siècle dernier !
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Retour à The Glorious Land, l'un des meilleurs titres à notre goût du dernier opus, où la voix se fait vibrante et touchante, sur fond de trompette de cavalerie : Polly Jean se dandine un peu comiquement en honorant sa belle guitare blanche, tout comme sur la plus plan-plan The Last Living Rose. Tant qu'on y est, enchaînons avec la déglinguée et (donc) plus intéressante England, commencée seule à la guitare, et qui continue à monter sur Bitter Branches, trompe-l'oeil en rock pjharvesque old school qui avait fuité en premier sur le net, et très classieuse sur scène.
Mais pas tant, à notre goût, qu'une incursion dans notre album préféré : excellente Down by the Water, suivi de Come on Billy (exécutée à l'autoharpe) : eut-elle enchaîné avec To bring you my Love, que nous nous fûmes arraché le coeur pour aller le lui offrir, sanguinolent et encore palpitant... Mais nous eûmes à la place Hanging in the Wire, nettement plus anodine. Avant un redécollage dans l'ultra casse-gueule mais maîtrisée On Battleship Hills, où la belle gazouille avec aisance tandis que Mick Harvey ajoute son organe grave (un peu trop en avant), dans un duo tout de même très entraînant.
Suit un autre "vieux" titre très rock (non identifié) qui met une grosse ambiance dans le public malgré le retour de l'effet glossy sur la voix, curieusement enchaîné avac la balade folk où Mick Harvey tient la vedette, The Color of the Earth, et le groupe s'en va déjà de scène après un salut, ce que le public refusera bien sûr avec une belle unanimité. Le public parisien n'est certes pas aussi blasé qu'on le dit souvent... Quoiqu'au nombre de marseillais, strasbourgeois, clermontois et autres lyonnais amiEs qu'a croisé l'auteur de cette chronique, on peut se demander si c'était vraiment un public "parisien". Nous en avons même fait l'hypothèse que cette deuxième date à l'Olympia était, peut-être, réservée à la p------e ?
Le rappel, assez magnifique, débutera après présentation des musiciens (qui à part l'assez anodin batteur français Jean-Marc Butty ne sont certes pas des inconnus !) avec la punchy Meet ze Monsta, si punchy d'ailleurs que le batteur aura semble-t-il recours, quelle honte, à un sample ! Chanson suivie de la splendide et tout à fait inespérée Angelene, pour laquelle ce backing band presque un peu jazzy est par contre idéal. On rira de l'inattention de la chanteuse, qui a oublié sa guitare en accordement power chords et devra donc s'interrompre au début du morceau pour tout re-tuner ! Le concert se finit avec la magnifique Silence, au bout d'une heure et demi seulement, sur un léger sentiment d'inachevé qui semble largement partagé par toute la salle.
Une bronca de près de dix minutes ne suffira hélas pas à la faire revenir, même toute seule, "me" chanter To Bring you my Love... Peu causante tout au long du set, manifestement, PJ Harvey n'avait rien de particulier à nous dire ce soir, et pas envie de faire des heures sup' non plus. Même pas pour faire la part un peu plus belle à ses historiques compositions en duo avec John Parish (un peu transparent ce soir), ni pour nous redonner cette précieuse sensation de décollage à deux, pas ressentie cette fois-ci malheureusement, pas plus que celle d'un frisson sur l'échine.
Certes même un concert "moyen" de PJ Harvey, et de son organe exceptionnel, reste en soi un très beau concert, mais l'on en repart avec le coeur bien rangé à sa place, et prêt éventuellement à se l'arracher pour une autre...
PS : Désolé pour les illustrations réalisées avec de faibles moyens...
Bonus : 3 extraits en Vidéo : par ici !
Signature : Philippele 27/02/2011
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Photographe : Philippe
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>> Réponse (le 27/02/2011 par Herve M)

>> Réponse (le 28/02/2011 par lebonair)

Pj Harvey à l'Olympia, je vois que les avis sont vraiment partagés. Je comprends à peu près tous ces commentaires sauf les plus élogieux. Ces deux concerts étaient plus qu'attendus par les fans vu que les places se sont arrachées à la vitesse grand V en Octobre dernier. Des places à 50 euros pour un minimum syndical je dirai. J'ai bien aimé ce concert mais il a manqué plusieurs éléments pour en faire un concert mémorable, on en est loin d'ailleurs. On est en droit d'attendre un peu plus de notre favorite. La disposition des musiciens loin d'être idéale et Polly Jean tout à gauche, donc loin d'eux ne créent pas vraiment une belle unité. Les gens qui étaient situés à droite ont sûrement eu du mal à la voir correctement en plus. Je crois bien aussi que nous ne reverrons plus Pj comme .../...
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>> Réponse (le 28/02/2011 par Manon)

>> Réponse (le 01/03/2011 par Zim) Pareil que vous autres, pas follement enthousiasmé, en plus j'étais pile du mauvais côté moi ! @ Lebonair : J'y ai pensé aussi, à cette histoire de filmage d'une foule criant à la fin, c'est assez agaçant quand on y pense. > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 01/03/2011 par Dave)

>> Réponse (le 02/03/2011 par Stiv)

>> Réponse (le 04/03/2011 par Aurel)

Après avoir traversé la France pour enfin pouvoir admirer une de mes plus grandes idoles de par sa musique et son style, je me retrouve déçue.. Manque de générosité, 50 € + billets de train pour 1h30 de concert.. (sans 1ère partie !), etc. On aurait dit qu'ils n'avaient pas vraiment envie d'être là. Au plus le temps passe, au plus j'ai le sentiment d'avoir surestimé ce groupe qui pourtant par le passé a déchaîné les foules et toujours fait des choix intelligents. Comment n'a t-elle pas pu revenir sur scène après 20 minutes de standing ovation ? On ne demandait qu'un petit morceau acoustique, qu'un moment de partage... Dommage. Si je retourne les voir, ce sera dans le cadre d'un festival. > Réagir à cette critique

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