
Sur le papier, Placebo, Dionysos et Interpol représentaient une affiche de rêve pour les amateurs de rock… On se faisait donc une joie d’assister à ce concert sous le Phénix, un chapiteau de 5500 places affichant complet.

Interpol a donné un concert parfait malgré un son moyen. Les quatre New-Yorkais, renforcés par un clavier, ont passé en revue leur excellent premier album, pas une seule faute de goût n'a été à signaler ! Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé : il a réservé une ovation au groupe, tout surpris de recueillir pareille approbation du public de Placebo.

Le public se souviendra longtemps des montées de guitares, impressionnantes, du chant, parfaitement maitrisé et envoutant, et des lumières, magnifiques... En 2001, le concert d'Interpol à la Boule Noire avait déja été très convainquant, en 2003, ce groupe classieux semble parti sur la route du succès planétaire !

Les fous furieux de Dionysos avaient triomphé ici-même l'année dernière en première partie de Jon Spencer Blues Explosion et Garbage, ils ont encore fait un carton juste après Interpol et avant Placebo ! Ce groupe semble désormais inarrêtable...

Si Mathias posséde plus que jamais un charisme incroyable et un brevet de nageur sur foule en délire, ses compagnons sont toujours aussi inventifs et survoltés... Il est humainement impossible de rester de marbre devant un show de ces garnements branchés sur le 220 volts.

Galvanisés par les succès remportés à chaque concert, Dionysos ose tout... et réussit tout ! Après la mémorable tournée acoustique, ils se sont carrément attaqués à une reprise de l'immense Léo Férré, Thank you satan... Le résultat? Du pur rock déjanté made in Dionysos tendance chanson française anarchiste ! Où s'arrêteront-t-ils ?

Placebo a triomphé au Phénix mais a donné le moins bon concert de la soirée, il est vrai lancée par deux monstres scéniques. Brian Molko et son groupe n'ont pas donné un mauvais spectacle pour autant : les chansons du dernier album, Sleeping with ghosts, se sont parfaitement intégrées au set du groupe anglais. Le seul défaut de cet excellent groupe, c'est de ne pas assez renouveler les sonorités et de composer toujours un peu la même chanson ! Ceci dit, quand on aime ce son et ce style d'écriture, on passe un bon moment avec le "glam pop rock joué à fort volume" de Placebo !

Brian Molko a décidé de moins jouer de la guitare pour se concentrer sur son chant, il laisse donc Stephan Olsdal se saisir plus souvent d'une six cordes. C'est un peu dommage mais le géant se débrouille très bien avec l'aide de deux musiciens d'appoint aux claviers, basse, guitare et samplers... Par contre, cela n'a pas l'air de permettre au petit protégé de David Bowie de réfléchir à ses discours entre les chansons. Il se fourvoit donc gravement en déblatérant que "la guerre, c'est pas bien, l'amour c'est super et les pirates qui filment les concerts, c'est des enculés... " Merci Brian, on dirait du Damien Saez !

Même si ce groupe est parfois énervant, il dégage une prodigieuse puissance de feu sur scène : Taste in men, Pure Morning, Special K, The bitter end, Every you every me et le superbe final sur Where is my mind des Pixies en sont d'éclatantes preuves ! Comme le trio sait aussi, briévement, ralentir la cadence, intégrer l'électronique et rendre hommage à l'icône Nina Simone, on repart content de sa soirée...
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(Photo Flore-Anne Roth)
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