Critique de concert Pneu + Sister Iodine + Béton armé (festival Chhhhhut)

Première date de Chhhhhut, ou plutôt un prologue, car le festival débute officiellement dans une 10aine de jours. Cet évènement autour de la culture noise s'annonce des plus alléchant pour l'amateur, d'autant qu'il fédère une 10aine d'activistes locaux, et autant d'approches différente de la chose. Et même si je suis partie prenante dans l'initiative, vu que je ne suis programmateur d'aucune date, je ne vais pas me gêner pour chroniquer !
Première date pour moi depuis la rentrée à l'Embob', et je suis frappé par le nouveau sas d'entrée. Même si les travaux sont motivés par des soucis d'isolation sonore, il faut avouer qu'il en jette. Si c'est pas du boulot de pro, ça. Certaines salles, avec bien plus de subventions que l'Embobineuse devrait prendre des notes. Niveau déco, c'est dans l'esprit du lieu (bon, côté bar, faut aimer les canards sodomites..). Une belle banderole Guitar Shop orne l'entrée, soulignant l'importance de ce partenaire pour le festival.

L'éclectisme du festival est illustrée d'entrée par Béton armé. A savoir un bloc de béton fixé au sol, posé sur des capteurs et relié à diverses machine. Qu'est ce que c'est ce bordel peut se demander toute personne peu habitué à l'iconoclassitude de l'équipe. Une réponse s'esquisse quand Felix, le Monsieur Loyal du lieu, s'avance torse poil, tirant une masse énorme. Et ce qui devait arriver, arriva.

L’olibrius dégingandé frappe le bloc de béton, pendant que Érik Minkkinen (membre de Sister Iodine) aux machines distord le son émis par le choc sur les capteurs. L'exercice semble jubilatoire pour Felix, un sourire barre sa face pendant toute la séance. En cinq minutes, un son tendance drone, rythmé par les coups de massé va émerger de la performance. Visuellement impressionnant, Béton armé, force le respect par l'inspiration déployée pour imaginer cela. même si au final, j'avoue ne pas avoir toujours fait le lien entre les coups de masse et les sonorités qui en étaient issues.
S'installe ensuite Pneu, déjà vu dans ces lieux lors d'un set d'enfer lors de la Colonie de vacances. La formation batterie / guitare est simple, mais leur musique ne l'est pas, malgré ce qui peut sembler au première abord. Ouaip ça tape fort. Ouaip, ça gratte fort. D'ailleurs ça faisait quelques années que j'avais pas mis de bouchon en concert (et j'étais trop saoul / en trace au concert de Lightining Bolt pour y penser). Ouaip, quand le batteur demande de s'avancer le plus prêt possible, je me colle à la batterie. Ouaip, dès les première note j'headbangue en autiste.
Mais cette frénésie, ils jouent, on hurle et danse jusqu'à l'épuisement, n'est pas une démonstration de double pédale et de riffs simplistes. La rapidité du jeu a pour but de faire monter l'excitation, de l'accompagner et la libérer. Contrairement au disque, les rythmes épileptiques arrivent dès les début des morceaux. La répétition avec de subtiles variations, le changement de rythmes pour te rendre barge. Et ça fonctionne ! Furieux et jubilatoire (leur musique n'a rien d'angoissante), leur set emporte l’enthousiasme généralisé.
Ce côté transe frénétique n'interdit pas les passages plus alambiqués, ou le gratteux triture boucles, danse de doigts et autres effets. Le batteur est lui carrément hypnotique, torse poil, pied nu, un short qui a du servir à repeindre une centaine de squats, des tatouage de fruits et légumes, et surtout un enthousiasme contagieux. Entre deux morceaux, il ré-arrange sa batterie en mode Speedy Gonzales tout en haranguant le public, avant de se remettre à marteler ses fûts comme un damné sous amphet'. On sort de là, épuisé mais heureux.
Pendant le changement de plateau, se tient une nouvelle performance. A savoir une foule d'imprimantes posées au sol, sur des plaques et des capteurs. Elles sont lancées sur plusieurs rythmes différents, à diverses intervalles, produisant chacune distorsions et sonorités industrielles. Et comme pour Beton armé, cela se termine en massacre des artistes à la masse, toujours amplifié sinon ça serait pas drôle.
Changement d'ambiance pour Sister Iodine, trio batterie et deux gratte, plus hurlements. Là on passe dans la division noise obsessionnelle, celle qui te noue le bide, te secoue et te laisse exsangue. Contrairement à Pneu, on est pas là pour danser jusqu'à la transe, mais pour se prendre du bruit blanc plein la gueule et rester abasourdi.
Ca commence par un long morceau avec les guitares à la fois stridentes et distordues, la bande son parfaite pour un hôpital psy régenté par David Lynch. Puis la batterie s'emballe, frappe crescendo, sonne une montée dans ces vrillements et fini par te laisser KO debout. Et on en est qu'au premier morceau...
C'est pas peu dire que ce fut une claque. Le set va osciller entre ces morceaux obsessionnels, des hurlements viscéraux (un des gratteux, surement patient du Dr Lynch sus-cité s'arrache la gorge, se ressent une souffrance inhumaine) et de véritable déflagrations sonique, dans la pure ligne de la scène noise 90's, Sonic Youth première époque en tête.
Entre décharges bruitistes, larsens torturés et phases expérimentale, le groupe ne fait aucune concession. Les morceaux s'étirent en plages psychédéliques, entrecoupés de spasmes hurlés et de distorsions déchirantes. Un vertige permanent entre calme névrosé, montées tendues et explosions emplie de violence, lorgnant vers le hardcore. Une bonne claque dans ta gueule.
Au final, trois aspects du / de la noise ce soir en ouverture de ce festival Chhhhhut, de la plus expérimentale, à la plus angoissante en passant par la plus jubilatoire, tout cela se mélangeant à diverses doses au sein de ces groupes. Vivement la suite, histoire de continuer à se faire jouir les esgourdes.
Retrouvez la diffusion de la soirée en streaming sure www.selfworld.net/
Première date pour moi depuis la rentrée à l'Embob', et je suis frappé par le nouveau sas d'entrée. Même si les travaux sont motivés par des soucis d'isolation sonore, il faut avouer qu'il en jette. Si c'est pas du boulot de pro, ça. Certaines salles, avec bien plus de subventions que l'Embobineuse devrait prendre des notes. Niveau déco, c'est dans l'esprit du lieu (bon, côté bar, faut aimer les canards sodomites..). Une belle banderole Guitar Shop orne l'entrée, soulignant l'importance de ce partenaire pour le festival.

L'éclectisme du festival est illustrée d'entrée par Béton armé. A savoir un bloc de béton fixé au sol, posé sur des capteurs et relié à diverses machine. Qu'est ce que c'est ce bordel peut se demander toute personne peu habitué à l'iconoclassitude de l'équipe. Une réponse s'esquisse quand Felix, le Monsieur Loyal du lieu, s'avance torse poil, tirant une masse énorme. Et ce qui devait arriver, arriva.

L’olibrius dégingandé frappe le bloc de béton, pendant que Érik Minkkinen (membre de Sister Iodine) aux machines distord le son émis par le choc sur les capteurs. L'exercice semble jubilatoire pour Felix, un sourire barre sa face pendant toute la séance. En cinq minutes, un son tendance drone, rythmé par les coups de massé va émerger de la performance. Visuellement impressionnant, Béton armé, force le respect par l'inspiration déployée pour imaginer cela. même si au final, j'avoue ne pas avoir toujours fait le lien entre les coups de masse et les sonorités qui en étaient issues.
S'installe ensuite Pneu, déjà vu dans ces lieux lors d'un set d'enfer lors de la Colonie de vacances. La formation batterie / guitare est simple, mais leur musique ne l'est pas, malgré ce qui peut sembler au première abord. Ouaip ça tape fort. Ouaip, ça gratte fort. D'ailleurs ça faisait quelques années que j'avais pas mis de bouchon en concert (et j'étais trop saoul / en trace au concert de Lightining Bolt pour y penser). Ouaip, quand le batteur demande de s'avancer le plus prêt possible, je me colle à la batterie. Ouaip, dès les première note j'headbangue en autiste.
Mais cette frénésie, ils jouent, on hurle et danse jusqu'à l'épuisement, n'est pas une démonstration de double pédale et de riffs simplistes. La rapidité du jeu a pour but de faire monter l'excitation, de l'accompagner et la libérer. Contrairement au disque, les rythmes épileptiques arrivent dès les début des morceaux. La répétition avec de subtiles variations, le changement de rythmes pour te rendre barge. Et ça fonctionne ! Furieux et jubilatoire (leur musique n'a rien d'angoissante), leur set emporte l’enthousiasme généralisé.
Ce côté transe frénétique n'interdit pas les passages plus alambiqués, ou le gratteux triture boucles, danse de doigts et autres effets. Le batteur est lui carrément hypnotique, torse poil, pied nu, un short qui a du servir à repeindre une centaine de squats, des tatouage de fruits et légumes, et surtout un enthousiasme contagieux. Entre deux morceaux, il ré-arrange sa batterie en mode Speedy Gonzales tout en haranguant le public, avant de se remettre à marteler ses fûts comme un damné sous amphet'. On sort de là, épuisé mais heureux.
Pendant le changement de plateau, se tient une nouvelle performance. A savoir une foule d'imprimantes posées au sol, sur des plaques et des capteurs. Elles sont lancées sur plusieurs rythmes différents, à diverses intervalles, produisant chacune distorsions et sonorités industrielles. Et comme pour Beton armé, cela se termine en massacre des artistes à la masse, toujours amplifié sinon ça serait pas drôle.
Changement d'ambiance pour Sister Iodine, trio batterie et deux gratte, plus hurlements. Là on passe dans la division noise obsessionnelle, celle qui te noue le bide, te secoue et te laisse exsangue. Contrairement à Pneu, on est pas là pour danser jusqu'à la transe, mais pour se prendre du bruit blanc plein la gueule et rester abasourdi.
Ca commence par un long morceau avec les guitares à la fois stridentes et distordues, la bande son parfaite pour un hôpital psy régenté par David Lynch. Puis la batterie s'emballe, frappe crescendo, sonne une montée dans ces vrillements et fini par te laisser KO debout. Et on en est qu'au premier morceau...
C'est pas peu dire que ce fut une claque. Le set va osciller entre ces morceaux obsessionnels, des hurlements viscéraux (un des gratteux, surement patient du Dr Lynch sus-cité s'arrache la gorge, se ressent une souffrance inhumaine) et de véritable déflagrations sonique, dans la pure ligne de la scène noise 90's, Sonic Youth première époque en tête.
Entre décharges bruitistes, larsens torturés et phases expérimentale, le groupe ne fait aucune concession. Les morceaux s'étirent en plages psychédéliques, entrecoupés de spasmes hurlés et de distorsions déchirantes. Un vertige permanent entre calme névrosé, montées tendues et explosions emplie de violence, lorgnant vers le hardcore. Une bonne claque dans ta gueule.
Au final, trois aspects du / de la noise ce soir en ouverture de ce festival Chhhhhut, de la plus expérimentale, à la plus angoissante en passant par la plus jubilatoire, tout cela se mélangeant à diverses doses au sein de ces groupes. Vivement la suite, histoire de continuer à se faire jouir les esgourdes.
Retrouvez la diffusion de la soirée en streaming sure www.selfworld.net/
Signature : mystic punk pinguinle 13/10/2011
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Photographe : pixxxo
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l'Embobineuse - Marseille


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