Critique de concert La Position du Tireur Couché + Bolik

« La Position du Tireur Couché ? Ils auraient peut-être mieux fait de rester couchés ! C'est mou, copié, déjà vu (merci Gainsbourg et Bardot). Le chanteur "imite" Lloyd Cole ou Lou Reed, bref une pure arnaque. » Voilà le genre de réaction - fort drôle - que peut provoquer Acapulco le premier album du groupe clermontois... Cette « chronique » lue sur www.concertandco.com est signée d’un laconique : « Steve, batteur », sans doute un fan de Sinsémilia, Stiv Bators, The Darkness, Muse (ou Mötley Crüe) heurté dans sa sensibilité de musicien par la pop décalée et légère des Tireurs Couchés.
Inutile de dire qu’en se délectant de la prestation réjouissante de La Position du Tireur Couché à la Coopérative de Mai, on ne ressentait pas exactement la même chose que notre ami Steve. A notre avis, les cinq authentiques faux branleurs - désormais souriants et plutôt décontractés sur scène - ont donné leur meilleur concert pour fêter la sortie de leur excellent premier disque. Grâce à un répertoire personnel composé de tubes en puissance (Acapulo, Bête, Le James Bond Du Quartier etc, etc.) entrecoupés de reprises bien senties signées Lou Reed (Pale Blue Eyes), Serge Gainsbourg (Harley Davidson) ou Lee Hazelwood (These boots are made for walking), les nombreuses personnes réunies dans le club de la Coopé ont semble-t-il passé une excellente soirée…
Bien sûr, il y aura bien quelques très petites fausses notes - le guitariste ou le batteur s’oubliant momentanément - et une chanson un peu pompée sur les Little Rabbits (non retenue sur l’album) mais comment bouder son plaisir, à moins d’être un frustré notant chaque « erreur » sur un calepin ? Comme à chaque fois, on se laisse surprendre par ces morceaux bien écrits chantés par la pin-up Gaëlle, le play-boy timide Fred ou en duo de charme honteusement coquin. L’instrumentation minimale permet de faire ressortir la qualité des compositions tout en mettant en valeur les petits détails kitschissimes dont sont truffés les morceaux. Pour que le bonheur soit total, des projections en fond de scène apportent un petit plus à cette soirée délicieusement pop… Malheureusement, le préposé au changement des diapos décide d’aller satisfaire un besoin pressant en plein milieu d’un morceau, ruinant l’effet visuel du titre suivant. Des branleurs, on vous disait... Mais c’est aussi pour ça qu’on les aime ! Le concert avait débuté avec le lancinant morceau Ce que l’on peut s’emmerder mais à la fin du set, pas le moindre sentiment d’ennui à l’horizon, pas plus que l’impression d’avoir été arnaqué par un groupe mou et copieur.
La scène pop clermontoise n’étant pas si désertique qu’on pourrait le croire, avant le concert de La Position du Tireur Couché, on avait pu voir à l’œuvre le groupe Bolik, de retour d’un tournée mondiale de la Belgique d’une seule date… Tout auréolés de leur épopée belge, où ils furent chaleureusement accueillis paraît-il, les cinq Bolik ont franchi un nouveau palier. Avec un son excellent, des musiciens soudés, une monstrueuse batterie Staccato et des chansons tarabiscotées et originales, on ne voit pas bien ce qui pourrait les arrêter dorénavant… Peut être le batteur du groupe, un certain François A. qui fait un peu peur au public avec ses gesticulations hystériques derrière ses fûts, quand ce ne sont pas des trémoussements ultra explicites un tambourin à la main, ou des gémissements évoquant une star du porno sur le point de finir sa journée de travail… Mais là n’est pas l’essentiel (même si c’est assez drôle à voir), ce qui provoque des étincelles dans le cerveau ce sont les morceaux composés par François Doreau alias Witold Bolik, à la fois surprenants, marquants, entraînants et sinueux. Cela commence souvent calmement, puis tout part en vrille, plongeant ainsi l'auditeur dans l'inconnu. Les musiciens prennent un malin plasir à apporter une touche bizarroïde à leurs créations : cassures dans le rythme, montées bruitistes, instruments peu utilisés en temps ordinaire... Et le public de se retrouver pris dans un maelström sonore dont il ne ressort pas indemne.
Les inconscients qui se sont privés de ces deux très bons concerts pour assister à une énième défaite d’un club français en finale d'une Coupe d’Europe ont commis une grossière erreur, qu’ils doivent aujourd’hui amèrement regretter.
A lire également : les chroniques des albums des deux groupes dans "vos critiques de disques", des chroniques de concerts de LPDTC au Velvet et Bolik à L'atelier et Aux Quatre vents, et enfin une interview de La Position du Tireur Couché.
Sites Internet : www.laposition.tk, http://bolik.skynetblogs.be/, http://witoldbolik.chez.tiscali.fr/.
(Photo Jean-Pascal Blache)
Signature : pierre andrieule 27/05/2004
Envoyer un message à pierre andrieu
Voir toutes les critiques de concert rédigées par pierre andrieu

le 31 Janvier 2012 - Electric Palace, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 30 janvier 2010 - Centre Camille Claudel, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 20 janvier 2009 - La Coopérative de mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 21 décembre 2006 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Jean-Michel)

le 2 décembre 2006 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 15 novembre 2009 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)
La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand

le 7 décembre 2011 - Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 13 juin 2011 - Coopérative de mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 11 juin 2011 - Coopérative de mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation

















