Critique de concert Primus

Pour la première fois depuis 1998, soit "many many moons ago", pour reprendre les mots du chanteur / bassiste Les Claypool, Primus, le légendaire combo de métal/funk/fusion/alt. Country (ne rayez pas la mention inutile, il y a de tout ça dans ce groupe et sans doute bien plus encore…) faisait un arrêt dans la capitale pour un concert qui sans rester dans les annales fut de très bonne facture.
Après une dizaine d’année de sommeil discographique, le dernier album remontant à 1999 et les compositions les plus récentes à 2003, Primus, le monstre protéiforme des années 90, un des symboles de la vague alternative au même titre que Jane’s addiction ou Soundgarden, refait surface.
Le public est à l’avenant, largement masculin et trentenaire, très international (Anglo saxons, Espagnols, Italiens…)
Comme pour les deux autres icônes précédemment citées le retour en activité de Primus est l’occasion de présenter un nouvel album, Green Naugahyde, qui sortira à la rentrée et dont pas mal de futures chansons seront présentées ce soir.
Après une première partie anecdotique, au point de ne pas être en mesure de retenir le nom du groupe et ayant peiné à combler le temps d’attente avant la tête d’affiche, nous gratifiant d’un rock bruitiste et enlevé, fort en basses mais peinant à éveiller l’attention, Primus prend la scène vers 21h.
Le power trio au sens noble du terme, tant les trois musiciens envoient la purée, lance les hostilités avec Those damned blue collar tweekers, qui permet de constater que le son est parfait, permettant de distinguer autant les lignes de basses de Les, en slap, en accords, en tapping, voire tout ça en même temps (sic) que le jeu de guitare à l’avenant de Mister Lalonde ou la rythmique imparable du vieux / nouveau batteur Jay Lane qui a récemment réintégré le groupe après une éclipse d’une vingtaine d’années.
Le décor de scène fait intervenir les deux cosmonautes habituels, dont les casques reçoivent des projections hypnotique. On aura ainsi remarqué des scènes de Salad Fingers, le web cartoon particulièrement barré sur la première chanson, ou des images de Georges W Bush durant My name is Mud, chanson traitant d’un serial killer…
Le traitement sur scène des chanson est propice à des jam jamais pompiers renforçant le coté hypnotique et carrément psychédélique des titres, interprétés par Les Claypool à la basse quatre cordes, à la 6 cordes "fretless" (Tommy the Cat ou My name is Mud) à la basse dobro électro-acoustique, voire à la contrebasse (Big in Japan, reprise de Tom Waits).
En somme tous les ingrédients étaient réunis pour passer un bon moment, avec une formation phare des années 90 qui marque un retour en forme avec un album qu’on sent renouer avec le son de ses début, mâtiné de l’expérience de 20 ans (Jilly’s on smack, sur le décès d’une amie du groupe suite à son addiction à l’héroïne) sans pour autant renier l’imaginaire très riche, quasi cartoonesque, comme sur The Last Salmon man, quatrième volet des Fisherman’s Chronicle.
Un seul bémol peut-être, la durée du concert (1h45 qu’on aurait pu espérer plus longue au regard de l’attente et de l’engouement palpable dans la salle).
etlist :
Those Damned Blue-Collar Tweekers
Hennepin Crawler
Duchess and the Proverbial Mind Spread
Frizzle Fry
The Last Salmon Man
Over The Falls
Tragedy's A Comin'
Jilly's on Smack
The Green Ranger
Big In Japan (Tom Waits)
My Name Is Mud
Over the Electric Grapevine
Harold of the Rocks
Tommy The Cat
Une vidéo de bonne qualité de My Name is Mud :
[URL]http://www.youtube.com/watch?v=92znjNladqM[/]
http://www.primusville.com
Signature : Arnaud D
le 28/06/2011
La Cigale, Paris

le 21 mai 2012 - La Cigale, Paris (par Pierre Andrieu)

le 3 novembre 2011 - La Cigale, Paris (par Pierre Andrieu)
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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD. 














