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Chronique de Concert

Rammstein

Rammstein en concert

Barcelona 01 juin 2019

Critique écrite le par


Alors j'en ai vu des concerts de Rammstein depuis 1998... Et des concerts tout court n'en parlons pas... Mais hier soir c'était encore autre chose.

Objectivement c'était juste monstrueux, comme à chaque fois avec eux tant ils soignent leur show et envoient du décibel propre et in your face.

Mais subjectivement il y avait ce petit truc en plus, ce petit truc dans l'air qui fait passer le show dans une autre dimension, ce petit truc qui fait des grands concerts un spectacle unique rentrant dans mon panthéon personnel des lives les plus mémorables, qui provoquent par la suite chaque fois que j'y repense, ce frisson au cœur. A l'instar du 9/9/99 de Maiden, de Roger Waters Vérone 2006, de Megadeth Paris 1995, de Savatage Anvers 2002, de Metallica (presque) à chaque fois, de Bon Jovi à Milan ou New York, de Rammstein Marseille 1998 ou Nîmes 2005 justement ... Fin bref vous voyez le genre. La crème de la crème du plaisir ressenti qui étalonne une vie fournie de concerts.


Objectivement je peux comprendre que le fait de jouer 9 titres (sur 11) du dernier opus puisse rebuter ou du moins amoindrir l'impact ressenti. Cela avait été mon cas à Lyon 2009, vu que je n'aime toujours pas beaucoup leur "Liebe..." C'est dommage pour le spectateur mais ils ont toujours fait comme ça pour soutenir un album qui venait de sortir. Rien de nouveau de ce côté là.

Pour moi la différence avec Lyon, c'est que la majorité des morceaux du petit dernier explosent en live, et quatre ont carrément leur place à côté des hits du combo ! "Auslander" en rappel est carrément badass, un uppercut dans le plexus, ce riff agressif qui emporte tout, impressionnant ! "Zeig dich" tabasse sans fioritures, "Radio" est entêtante et punchy, et ce "Deutschland" electro à mort qui renoue avec leurs débuts est hallucinant sur les planches avec ce jeu de lights d'une beauté rare.


Car au dela des chansons, Rammstein c'est un show unique. Et pour cet european stadium tour, ils ont fait les choses en plus que grand. C'est juste MONUMENTAL ! Certainement la plus belle scène que j'ai pu admirer.

Imaginez la partie centrale du décor, une sorte de cheminée grillagée avec un élévateur dedans, qui dépasse la toiture du stade ! Ces 4 énormes ventilateurs pivotants qui sont des racks de lights. Tout le décor scénique frontal qui est paré de néons et autres lights rendant une scénographie colorée proprement magique, et très variée selon les chansons. Les piliers dans la fosse garnis de spots encore et auxquels étaient accrochés maintes baffles, crachant des flammes impressionnantes dans le ciel barcelonais sur plusieurs classiques d'enfer.


Et puis la fumée noire, le canon à "confettis", les souffleries, l'énorme landau sur "Puppe" et ce qui arrive au Chucky dedans, le chaudron enflammé au petit lance flamme, puis au gros lance flamme, puis au canon (!), et j'en passe !

Qu'on aime ou pas le groupe ou certains morceaux, je ne vois pas comment, sans être de mauvaise foi, on pourrait râler sur le show. Ils en donnent pour leur argent aux fans, comme aucun autre groupe.

Et c'est là que je glisse dans la partie subjective de ce concert qui a déjà de quoi satisfaire le spectateur "lambda" (rien de péjoratif).


En effet, déjà de partager un live d'une des meilleures formations scéniques avec mon fils, et lui faire découvrir cette débauche d'énergie et de flammes, c'est un privilège. Accompagné aussi de son parrain (avec qui on en a fait des concerts !) , je crois que c'était une bonne idée au vu de son plaisir et de son émerveillement face au show global. Il est pas newbie en prestations en stade, mais pour le coup c'était une grosse découverte à ses yeux parfois écarquillés, parfois rigolards.

Et puis ce stade à taille humaine que je ne connaissais pas (habituellement c'est à Lluis Companys sur Montjuic), fief du club Espanyol Barcelone, où même en étant au fond de la pelouse on y voyait super bien, une bonne surprise. C'était bien sûr sold out mais honnêtement ils auraient pu mettre largement 4-5000 pèlerins de plus tant on était super à l'aise sur tout l'arrière. Un bonheur pour profiter pleinement de la soirée.


À 22h pile une intro de musique classique retentit, le batteur se pointe, puis les autres à tour de rôle, et boum la batterie explose pour débuter le mid tempo de "Was ich liebe" du dernier opus, (curieux choix de prime abord, mais pas si bête au final pour rentrer dans le show), et BOUM le premier accord de gratte nous décolle les oreilles, et REBOUM avec la basse qui nous enserre la poitrine ! Un pur son de frappadingues, certes très fort, mais d'une clarté tranchante et d'une puissance dantesque !

Il n'en fallait pas moins pour asséner une setlist de dingues pendant 2h15 durant lesquelles les zicos ne vont pas s'économiser, donnant de leurs personnes et de leurs sueurs.


Comme d'habitude avec eux tout est carré, pas de pains, deutsche qualitat ! Et pourtant le (gros) grain de folie est toujours présent. Plus que jamais même au vu des idées mises en pratique sur ce tour.

Et ce qui m'a notamment fait passer au stade supérieur du contentement, c'est ce retour au côté électro des débuts, ce Rammstein qui nous faisait danser sur les pistes du Trolley Bus ou du 116, ces boîtes Rock-Metal mythiques marseillaises.

Rien que ce "Deutschland" ouvrant leur album éponyme, avec cette intro fabuleuse, annonçait la couleur. Placé au milieu du show, avec juste avant un dj aux platines, montant par la cheminée pour s'y arrêter en plein milieu et balancer un remix techno, c'était original et bien dans l'esprit.


Remettre le cultissime "Heirate mich", symbole du mix parfait électro/metal fût une immense surprise, un orgasme total ! Je pense pas l'avoir eu depuis au moins 15 ans au bas mot !

Et ce Kolossal "Auslander" suivi de "Du riechst so gut" ont fait danser la foule comme jamais. Impossible de ne pas remuer son popotin à moins d'être cul de jatte au son de ces hits imparables, ni de banguer comme un déjanté sur les indispensables et ultra puissants "Mein teil", "Du hast" (les fusées en tyrolienne !) , "Links 2-3-4", "Rammstein" (hypnotique) , "Sehnsucht" (jouissance pure), "Ich will" (le final parfait), le plus majestueux de tous "Mein herz brennt" (cette réaction du public !), ou le cataclysmique "Sonne" durant lequel le stade était éclairé comme en plein jour avec ces flammes s'elançant vers le ciel des quatre coins du stade !


Un putain de must son et lumières, le top de la pyro explosive, l'équilibre parfait entre Metal et électro, de la part d'un groupe qui respecte ses fans au plus haut point.

Et si subjectivement ce fût un de mes meilleurs concerts, c'est aussi grâce à cette atmosphère incroyable à laquelle les milliers de fans présents ont contribué.

On était sur Barcelone dès le jeudi, et dans la ville, qui est assurément la plus Metal des villes latines, on y croisait déjà des fans de toutes nationalités, dans une ambiance festive et bon enfant, voire un joyeux bordel les soirs dans les bars rock.

Beaucoup d'allemands, des français, des italiens, des anglophones, des espagnols festifs..

Un mélange heureux qui s'est retrouvé aux abords et dans le stade, pour communier et danser. Fou comme autour de moi ça bougeait, ça se secouait, ça chantait, ça hurlait, ça applaudissait aux effets visuels... Une mega boîte à ciel ouvert, un sentiment positif qui planait dans l'air.

J'étais hors du temps avec des amis d'un soir réunis sous une même bannière, partageant ici une bière, là un regard émerveillé, ici un sourire ou un geste de fraternité...


Et quel plus beau symbole de l'intensité de ce moment si spécial, que cette fan espagnole proche de moi qui a dansé et bangué comme moi tout du long, et qui une fois le show fini, pendant que le groupe saluait et repartait par l'ascenseur de la cheminée, avait des larmes de bonheur qui lui coulait sur les joues, la tension qui se relâche après tant d'émotions.

Un regard, un sourire, une franche accolade avec quelques mots émus mélangeant l'espagnol et l'anglais, tout est là, tout est dit.

Un partage total lors d'une soirée unique qui me remue encore et restera très longtemps dans ma mémoire.



Setlist:

Was ich liebe
Links 2-3-4
Sex
Tattoo
Sehnsucht
Zeig dich
Mein Herz brennt
Puppe
Heirate mich
Diamant
Deutschland (Rmx by Richard Z. Kruspe)
Deutschland
Radio
Mein Teil
Du hast
Sonne
Ohne dich

B-Stage

Engel
(Scala & Kolacny version)

Rappel 1

Ausländer
Du riechst so gut
Pussy

Rappel 2

Rammstein
Ich will


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