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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Raphaël Imbert New_York Project + Ahmad Compaoré Quintet (Festival Jazz Sur La Ville)


Raphaël Imbert New_York Project + Ahmad Compaoré Quintet  (Festival Jazz Sur La Ville) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

La clôture de ce Festival Jazz Sur La Ville 2009 coïncide avec le dixième anniversaire de la Compagnie Nine Spirit. C’est son créateur, Raphaël Imbert, tout sourire, qui évoque cette aventure et nous présente la soirée.



Des deux musiciens américains présents sur son fraîchement sorti merveilleux album N_Y Project, seul le contrebassiste, Joe Martin, est là.
Gerald Cleaver est resté à New York mais sera présent lors d'une prochaine date à Marseille. Mourad Benhammou le remplace. Duke Ellington est revisité d’emblée sur Echoes Of Harlem. Joe Martin nous fait comprendre pourquoi des pointures internationales (Rosenwinkel, Mehldau, Potter…) font régulièrement appel à lui sur son premier solo avec archet.



Plusieurs pièces de cet album se succèdent. Cloisters Sanctuary (référence à un cloître européen reconstitué au Nord de Manhattan par les Américains où Raphaël aimait se réfugier pendant son séjour) n’est pas ma préférée, loin de là, à cause d’un saxo soprano volontairement répétitif. Curieusement, sur scène, le côté lancinant passe mieux au point que je le trouve trop court !

Le trio nous berce (Lullaby From The Beginning) puis nous réveille avec me semble-t-il, Struggle For Manhattan’s Life qui permet à Raphaël de se livrer à une de ses prouesses : jouer conjointement du soprano et de l’alto. Il brandit ensuite le spectre d’Albert Ayler (Albert Everywhere), nous fait joyeusement rêver (virevoltant My Klezmer Dream).



Mes deux titres préférés de N_Y Project, The Zen Bowman : Target et Central Park West (Coltrane) ne sont pas joués. Je me console avec deux autres : Ecosystem And City Birds, hommage à Charlie Parker qui permet à Raphaël Imbert de donner libre cours à sa création comme à son habitude (il n’utilise que le bec de l’instrument, agrémente ses chorus de claquements de langue…) et We See de Thelonious Monk avec Christophe Leloil au bugle & Raphaël Imbert au ténor.



Ils sont désolés de n’avoir presque plus de disques à nous proposer à la pause, leurs trois dates dans le Verdon ayant épuisé les stocks.

A la reprise, Raphaël Imbert ne tarit pas d’éloges sur Ahmad Compaoré. "Je suis fier d’avoir été lauréat de la Bourse Médicis Hors les murs, mais ce monsieur l’a obtenue deux fois !" ou bien encore "où que vous soyez sur la planète, le nom d’Ahmad est connu."
Dans la même formation qu’au Baby au mois de mai, le Quintet Musique Rebelle va nous offrir quelques belles surprises pour terminer le festival :
Ça démarre avec deux pièces klezmer, la première de John Zorn. Raphaël Imbert et Hervé Samb s’y distinguent. Le guitariste distorsionne allègrement sur la seconde puis propose une de ses propres compositions emplie de mystère.



Comme toujours avec Ahmad Compaoré, la planète jazz est parcourue. Se succèdent un morceau traditionnel éthiopien de Mahmoud Ahmed, Lazarus Man de Terry Callier, un afrobeat, le bref et rythmé Bones de Fred Frith et Scores d’Ahmad

Comme lors de Musique Rebelle Round 7 les musiciens affluent. A chaque morceau sa surprise :



Une Marion Rampal joplinesque qui surgit pour Lazarus Man, sur une guitare rock d’Hervé et une rythmique blues de Philippe Mao Le Rabo (basse) et Ahmad Compaoré qui vire carrément rock’n roll en fin de morceau. Marion restera mon coup de cœur de ce festival. Elle présente ici une autre facette de son talent largement entrevu lors de son showcase à la Mesón.



Un Christophe Leloil dont le bugle se chamaille avec les claviers de Stéphane Mondésir puis trouve le réconfort avec son meilleur ami, le sax ténor sur son premier morceau. Il se livre ensuite à une véritable bataille de rue avec l’alto sur Scores.

Un Oumar Kouyaté dont le chant drape de rouge, jaune et vert le jazz afrobeaté du quintet devenu septet.



Un Mourad Benhammou revenu taper les peaux pour la traditionnelle et jubilatoire impro rebelle finale. Il remplace le percussionniste devenu chef d’orchestre. Le code Ahmadien est de mieux en mieux assimilé par les musiciens.

Judicieux choix que celui de programmer pour cette soirée de clôture Ahmad Compaoré, le "musicien en liberté", symbole d’une diversité jazzistique omniprésente dans ce merveilleux festival.

Bonus vidéo : solo Hervé Samb


 


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