Critique de concert Raphaël Imbert (Festival International du film d'Aubagne)

Soirée de clôture du Festival International du Film d'Aubagne dont c'était la dixième édition cette année.
La présentatrice est la jolie contrebasse rose de l'affiche accompagnée d'une caméra plus discrète.
Elle va introduire le Président du Festival et les élus locaux partenaires de l'opération. Discours, congratulations, remerciements des partenaires et des bénévoles, embarras (le Président a oublié de remercier le Conseil Général !), humour (il sait retomber sur ses pieds), bilan, espoir pour les saisons futures. Bref, une clôture de festival, avec son incontournabilité et ses inévitables longueurs.
Puis vient le temps du palmarès. Beaucoup de lauréats sont absents, ceux qui sont là semblent sincèrement surpris, notamment un réalisateur dont le "I can't believe it" faisait plaisir à entendre. Pour info, c'est le film québécois Ring qui sort grand vainqueur (meilleur film et meilleure musique). Sa compositrice nous dit tout le bien qu'elle pense du festival. Grâce à lui, elle a déjà reçu deux propositions pour écrire des musiques de film. Et c'était avant le palmarès !
La musique tient effectivement un rôle prépondérant dans ce festival. Chacun des jurys comporte des musiciens ou des compositeurs dans leurs rangs (Ricardo Giagni dans le jury courts-métrages, Benoit Charest et Stephan Oliva dans le jury longs-métrages).
De plus, une master class de composition musicale pour l'image a lieu. Huit jeunes compositeurs ont travaillé pendant dix jours et doivent rendre leur copie ce soir. Le but est de mettre en musique des courts-métrages dont deux de Leo McCarey, grand réalisateur à l'époque du cinéma muet (il a obtenu deux oscars). Pour la deuxième fois en six ans, c'est Raphaël Imbert qui dirige la master class. A l'écouter, il veut bien la diriger chaque année. J'avais découvert ce saxophoniste au concert de Christophe Leloil, et il m'avait fait forte impression. C'est aussi un compositeur qui se produit avec son propre trio de jazz.
Le ciné-concert commence. Les huit musiciens (9 avec Raphaël Imbert) entrent sur scène sur le film introductif, Skyscraper Symphony de Robert Florey, un documentaire sur les gratte-ciels (1929). Ils prennent place de chaque côté de la scène face à l'écran. Des thèmes ont été travaillés mais une large place est laissée à l'improvisation. Notamment dans ce premier film où l'accompagnement se situe aux frontières du jazz moderne et de la musique contemporaine et dans les 2 minutes qui subsistent d'un film de Rowland V. Lee sur la crise de 29, The Wolf of Wall Street.
Les deux moyens-métrages de Leo McCarey sont deux merveilles qui m'ont fait découvrir Charley Chase, immense acteur paraît-il dans les années 20, tombé dans l'oubli par la suite avec l'ascension de Buster Keaton et Laurel & Hardy. On aperçoit d'ailleurs ce dernier dans un de ses premiers rôles dans Crazy Like A Fox (1926). C'est Leo McCarey qui aura l'idée de l'associer à Laurel l'année suivante.
Les thèmes sont bien préparés et entraînants. J'ai encore en tête le thème principal de Mum's The Word (1926). La diversité des instruments est un atout que n'avaient pas les pianistes de cinéma à l'époque du muet. Raphaël Imbert a su mettre cela à profit notamment pour les bruitages : les percussions se manifestent lors des scènes d'action (coup de feu, chutes...), les cuivres se distinguent à plusieurs reprises (Charley Chase a la bonne idée d'avoir une trompette dans sa valise). Ces derniers ont plus de mérite que les autres : on ne peut pas rire en jouant de la trompette ou du saxo et la maîtrise de soi doit être totale face au burlesque de certaines situations.
Deux fois 25 minutes de plaisir des yeux et des oreilles qui créent de vives acclamations du public. C'est l'occasion de voir le visage des élèves de la master class qui étaient restés dans le noir total jusque là. Pendant les films, ils n'avaient même pas une loupiote pour éclairer leur pupitre vu qu'ils n'avaient pas de partition.
Les 9 complices reviennent mettre en musique de bien belles images de New York filmées par Pierre Oberkampf (le batteur). Les élèves en profitent pour remercier leur professeur avec un truffon au chocolat, un private-joke témoin de l'ambiance festive et détendue qui animait cette joyeuse équipe. Ce rappel clôture pour de bon ce dixième festival, permettant un nouveau triomphe des musiciens et à travers eux de toute l'organisation.
A l'année prochaine.
Vidéo bonus : Le thème de Mum's The World
La présentatrice est la jolie contrebasse rose de l'affiche accompagnée d'une caméra plus discrète.
Elle va introduire le Président du Festival et les élus locaux partenaires de l'opération. Discours, congratulations, remerciements des partenaires et des bénévoles, embarras (le Président a oublié de remercier le Conseil Général !), humour (il sait retomber sur ses pieds), bilan, espoir pour les saisons futures. Bref, une clôture de festival, avec son incontournabilité et ses inévitables longueurs.
Puis vient le temps du palmarès. Beaucoup de lauréats sont absents, ceux qui sont là semblent sincèrement surpris, notamment un réalisateur dont le "I can't believe it" faisait plaisir à entendre. Pour info, c'est le film québécois Ring qui sort grand vainqueur (meilleur film et meilleure musique). Sa compositrice nous dit tout le bien qu'elle pense du festival. Grâce à lui, elle a déjà reçu deux propositions pour écrire des musiques de film. Et c'était avant le palmarès !
La musique tient effectivement un rôle prépondérant dans ce festival. Chacun des jurys comporte des musiciens ou des compositeurs dans leurs rangs (Ricardo Giagni dans le jury courts-métrages, Benoit Charest et Stephan Oliva dans le jury longs-métrages).
De plus, une master class de composition musicale pour l'image a lieu. Huit jeunes compositeurs ont travaillé pendant dix jours et doivent rendre leur copie ce soir. Le but est de mettre en musique des courts-métrages dont deux de Leo McCarey, grand réalisateur à l'époque du cinéma muet (il a obtenu deux oscars). Pour la deuxième fois en six ans, c'est Raphaël Imbert qui dirige la master class. A l'écouter, il veut bien la diriger chaque année. J'avais découvert ce saxophoniste au concert de Christophe Leloil, et il m'avait fait forte impression. C'est aussi un compositeur qui se produit avec son propre trio de jazz.
Le ciné-concert commence. Les huit musiciens (9 avec Raphaël Imbert) entrent sur scène sur le film introductif, Skyscraper Symphony de Robert Florey, un documentaire sur les gratte-ciels (1929). Ils prennent place de chaque côté de la scène face à l'écran. Des thèmes ont été travaillés mais une large place est laissée à l'improvisation. Notamment dans ce premier film où l'accompagnement se situe aux frontières du jazz moderne et de la musique contemporaine et dans les 2 minutes qui subsistent d'un film de Rowland V. Lee sur la crise de 29, The Wolf of Wall Street.
Les deux moyens-métrages de Leo McCarey sont deux merveilles qui m'ont fait découvrir Charley Chase, immense acteur paraît-il dans les années 20, tombé dans l'oubli par la suite avec l'ascension de Buster Keaton et Laurel & Hardy. On aperçoit d'ailleurs ce dernier dans un de ses premiers rôles dans Crazy Like A Fox (1926). C'est Leo McCarey qui aura l'idée de l'associer à Laurel l'année suivante.
Les thèmes sont bien préparés et entraînants. J'ai encore en tête le thème principal de Mum's The Word (1926). La diversité des instruments est un atout que n'avaient pas les pianistes de cinéma à l'époque du muet. Raphaël Imbert a su mettre cela à profit notamment pour les bruitages : les percussions se manifestent lors des scènes d'action (coup de feu, chutes...), les cuivres se distinguent à plusieurs reprises (Charley Chase a la bonne idée d'avoir une trompette dans sa valise). Ces derniers ont plus de mérite que les autres : on ne peut pas rire en jouant de la trompette ou du saxo et la maîtrise de soi doit être totale face au burlesque de certaines situations.
Deux fois 25 minutes de plaisir des yeux et des oreilles qui créent de vives acclamations du public. C'est l'occasion de voir le visage des élèves de la master class qui étaient restés dans le noir total jusque là. Pendant les films, ils n'avaient même pas une loupiote pour éclairer leur pupitre vu qu'ils n'avaient pas de partition.
Les 9 complices reviennent mettre en musique de bien belles images de New York filmées par Pierre Oberkampf (le batteur). Les élèves en profitent pour remercier leur professeur avec un truffon au chocolat, un private-joke témoin de l'ambiance festive et détendue qui animait cette joyeuse équipe. Ce rappel clôture pour de bon ce dixième festival, permettant un nouveau triomphe des musiciens et à travers eux de toute l'organisation.
A l'année prochaine.
Signature : mcyavellle 22/03/2009
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