Critique de concert Raphaël Imbert & Paul Elwood

Retour à Marseille de l’association Alpes de Haute-Provence / Appalaches d’où sont respectivement originaires Raphaël Imbert et Paul Elwood. Ils viennent de passer une semaine à Banon où ils ont enregistré leur futur album. C’est le Roll’Studio, au cœur du Panier, qui les reçoit. Raphaël est ici en famille puisque la salle est tenue par Claude Norbert, président de la Compagnie Nine Spirit. Dans cette jolie pièce voûtée à la sonorité parfaite, nous assistons à un vrai concert acoustique, sans micro ni ampli.
Abolitionnistes des frontières dans la musique, les deux acolytes, accompagnés de Pierre Fenichel à la contrebasse, vont revisiter divers standards et proposer des compositions personnelles.
Bob Dylan (It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry) et Elisabeth Cotten (Freight Train) sont les premiers prétextes à solo pour le saxo et le banjo. Paul Elwood y ajoute sa voix de cowboy de Caroline du Nord.
Sur une pièce, Raphaël ‘Hide’ Imbert ajoute claquements de langue et bruits de clés puis redevient Jekyll et on reconnaît Nostalgia In Time Square de Mingus. Son sport favori est la superposition de morceaux. Ainsi insère-t-il dans Holy Family de Albert Ayler, la Marseillaise et Mon Beau Sapin. Il profite de Old Joe Black pour effectuer un hommage à Michael Jackson avec I’m Bad et le conjuguer avec Hey Jude. Il aurait pu également glisser ce dernier dans une de ses compositions pour laquelle il sort sa clarinette basse, Petite Sauge Couleur Garance qui y fait quelquefois penser.
Autres belles compos, un Blues Pour Martin Luther King que Raphaël avait écrit pour un spectacle, Memphis, créé à Aix voilà quelques années, et deux chansons de Paul.
L’entente entre les deux hommes est parfaite et ça chambre copieusement : Paul parce que Raphaël ne parvient pas à donner les titres des morceaux en anglais, Raphaël parce que Paul met deux plombes à accorder son banjo. "Le banjo, c’est comme le clavecin, dit-il, il faut trois heures pour accorder cet instrument qui de toute façon jouera faux."
Du Thelonious Monk, du bluegrass et le sublime Little Cabin Home On The Hill de Bill Monroe prouvent que banjo et saxophone font bon ménage sur tous les styles de musique.
L’imperturbable Pierre Fenichel ajoute sa touche perso et nous offre en fin de spectacle un merveilleux solo. C’est jubilatoire de l’entendre chuchoter les notes qu’il joue dans le dixième de seconde qui suit.
Pour finir, le professeur Paul Elwood nous apprend les paroles de Will The Circle Be Unbroken, chant que je fredonne encore en écrivant ces lignes.
Nous quittons le Roll’Studio conscients d’avoir assisté à quelque chose de grand. Le lieu est taillé pour ce trio qui sait communiquer sa passion des musiques.
Signature : mcyavellle 29/06/2009
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Photographe : mcyavell
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le 16 décembre 2011 - Eglise Saint-Just, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 27 novembre 2011 - Maison de la Région - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 19 juin 2011 - Kiosque Léon Blum - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 27 novembre 2011 - Maison de la Région - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 5 avril 2011 - Le Grand Théâtre - Aix-en-Provence (par Mardal)

le 3 octobre 2009 - Bibliothèque municipale du Merlan - Marseille (par Mcyavell)
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