Critique de concert Raphaël Imbert Quartet

Cité De La Musique, 21 heures. Sous les regards épars des spectateurs qui chuchotent, les instruments attendent, immobiles et en silence, d’être animés, sur la scène de l’auditorium. Puis les musiciens entrent et se placent.

Stephan Caracci : vibraphone / Joe Martin : contrebasse / Raphaël Imbert : saxophones tenor, alto et soprano / Gerald Cleaver : batterie.
En quelques mots, Raphaël Imbert explique la genèse du projet : un voyage aux USA, en Caroline du Nord, la rencontre avec des musiciens américains, une première tournée avortée à cause du volcan islandais au nom imprononçable (Eyjafjöll). Puis il énumère les différentes parties de la Usuite, que nous allons écouter.

1. Shared Temples
2. Ecosystem Of Citybirds
3. Po’ Boy
4. Omax At Lomax
5. Jamin With Jamin
Le jazz que nous écoutons est de tendance très urbaine. Le saxophoniste a cité ses inspirateurs : Charlie Parker et Eric Dolphy, entre autres. Raphaël Imbert a ingéré et assimilé l’héritage du passé, la touche moderne et avant-gardiste qu’il apporte y trouve toute sa valeur.

La qualité du son restitué dans l’auditorium de la Cité De La Musique met en valeur le talent de Raphaël Imbert : un son sourd, qui ne se disperse pas grâce aux qualités acoustiques de la salle (les rideaux, tentures et tapis sont nombreux, de partout), un son dont nous pouvons profiter pleinement, un son plein, franc, clair, riche en nuances et parfaitement maîtrisé. J’ai particulièrement apprécié celui du saxophone soprano, que j’ai trouvé proche de celui de Wayne Shorter (sur des phrases bien plus longues).
Par moments, le saxophoniste s’écarte et laisse le champ aux trois autres musiciens. Ces derniers jouent ensemble de manière très homogène. Les notes émises par le vibraphone et la contrebasse ont en commun un caractère percutant, souple, rebondissant. Le batteur frotte ses peaux de manière très suave, intimiste. Le contrebassiste semble chercher sa voie lors du premier solo, un peu surpris peut-être par le grésillement parasite et inopportun de l’instrument. Il sera beaucoup plus à l’aise lors des solos suivants. Le vibraphone est excellent d’un bout à l’autre.

Sur certaines plages, nous avons la sensation paradoxale d’assister à une activité fourmillante de constructivisme besogneux, enthousiaste et ésotérique à la fois, et parallèlement, à une vaste entreprise de déconstruction, où chaque élément, d’on ne sait quel tout, semble être identifié, puis isolé, pour un inventaire qui n’aura pas lieu. Déconstruction que chaque musicien opère, tour à tour, lors d’un solo.
Chaque musicien semble ainsi tributaire du groupe, qu’il sert et par lequel il est servi, et trouve simultanément l’espace pour affirmer sa liberté, son autonomie, son identité. Cette qualité que l’on apprécie chez tous les bons groupes est particulièrement présente, et préhensible ce soir, avec ces quatre musiciens. Il y a énormément de "substance" dans cette musique et les artistes ont le talent de gérer les silences, les "piano" pour rendre chaque note importante, essentielle.

Chaque réalisation de Raphaël Imbert est le fruit d’un travail de réflexion, soutenu par une solide érudition, d’une période de maturation, et l’aboutissement est souvent phénoménal. C’est encore le cas cette fois-ci. Pour ce qui est de la démarche, le saxophoniste Raphaël Imbert fait figure de professeur, à la fois chercheur et enseignant. Il se pose solidement, par son érudition, son travail, sa maîtrise, son excellence et sa modernité en hypothétique héritier légataire de Frank Zappa et Wynton Marsalis.

Plus de photos par McYavell ici
Quelques extraits vidéo de Mardal par là.

En quelques mots, Raphaël Imbert explique la genèse du projet : un voyage aux USA, en Caroline du Nord, la rencontre avec des musiciens américains, une première tournée avortée à cause du volcan islandais au nom imprononçable (Eyjafjöll). Puis il énumère les différentes parties de la Usuite, que nous allons écouter.

2. Ecosystem Of Citybirds
3. Po’ Boy
4. Omax At Lomax
5. Jamin With Jamin
Le jazz que nous écoutons est de tendance très urbaine. Le saxophoniste a cité ses inspirateurs : Charlie Parker et Eric Dolphy, entre autres. Raphaël Imbert a ingéré et assimilé l’héritage du passé, la touche moderne et avant-gardiste qu’il apporte y trouve toute sa valeur.

La qualité du son restitué dans l’auditorium de la Cité De La Musique met en valeur le talent de Raphaël Imbert : un son sourd, qui ne se disperse pas grâce aux qualités acoustiques de la salle (les rideaux, tentures et tapis sont nombreux, de partout), un son dont nous pouvons profiter pleinement, un son plein, franc, clair, riche en nuances et parfaitement maîtrisé. J’ai particulièrement apprécié celui du saxophone soprano, que j’ai trouvé proche de celui de Wayne Shorter (sur des phrases bien plus longues).
Par moments, le saxophoniste s’écarte et laisse le champ aux trois autres musiciens. Ces derniers jouent ensemble de manière très homogène. Les notes émises par le vibraphone et la contrebasse ont en commun un caractère percutant, souple, rebondissant. Le batteur frotte ses peaux de manière très suave, intimiste. Le contrebassiste semble chercher sa voie lors du premier solo, un peu surpris peut-être par le grésillement parasite et inopportun de l’instrument. Il sera beaucoup plus à l’aise lors des solos suivants. Le vibraphone est excellent d’un bout à l’autre.

Sur certaines plages, nous avons la sensation paradoxale d’assister à une activité fourmillante de constructivisme besogneux, enthousiaste et ésotérique à la fois, et parallèlement, à une vaste entreprise de déconstruction, où chaque élément, d’on ne sait quel tout, semble être identifié, puis isolé, pour un inventaire qui n’aura pas lieu. Déconstruction que chaque musicien opère, tour à tour, lors d’un solo.
Chaque musicien semble ainsi tributaire du groupe, qu’il sert et par lequel il est servi, et trouve simultanément l’espace pour affirmer sa liberté, son autonomie, son identité. Cette qualité que l’on apprécie chez tous les bons groupes est particulièrement présente, et préhensible ce soir, avec ces quatre musiciens. Il y a énormément de "substance" dans cette musique et les artistes ont le talent de gérer les silences, les "piano" pour rendre chaque note importante, essentielle.

Chaque réalisation de Raphaël Imbert est le fruit d’un travail de réflexion, soutenu par une solide érudition, d’une période de maturation, et l’aboutissement est souvent phénoménal. C’est encore le cas cette fois-ci. Pour ce qui est de la démarche, le saxophoniste Raphaël Imbert fait figure de professeur, à la fois chercheur et enseignant. Il se pose solidement, par son érudition, son travail, sa maîtrise, son excellence et sa modernité en hypothétique héritier légataire de Frank Zappa et Wynton Marsalis.

Plus de photos par McYavell ici
Quelques extraits vidéo de Mardal par là.
Signature : mardalle 04/10/2011
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Photographe : mcyavell
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le 16 décembre 2011 - Eglise Saint-Just, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 27 novembre 2011 - Maison de la Région - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 19 juin 2011 - Kiosque Léon Blum - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 9 octobre 2011 - La Mesón - Marseille (par Mardal)


le 19 octobre 2009 - Auditorium de la Cité de la Musique - Marseille (par Mcyavell)
Cité De La Musique - Marseille


le 20 janvier 2012 - Auditorium de la Cité de la Musique - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 12 janvier 2012 - Cité de la Musique - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 13 vendredi 2011 - La Cité de la Musique - Marseille (par Mai-lan)
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