Après avoir fini l'année 2008 avec un groupe de jazz emmené par un saxophoniste (Namaste), je commence l'année 2009 de la même façon. Cette fois c'est un dimanche soir, à la Méson (salle où je risque d'aller de plus en plus souvent en raison des découvertes que j'y fais à chaque fois – et aussi parce que c'est désormais la salle la plus proche de chez moi). La Méson reçoit donc un habitué du lieu Raphaël Imbert qui vient présenter son nouveau projet. Celui que j'avais déjà vu sur un répertoire de chant de Noël a Rognes ou qui en train de cartonner avec son disque Bach – Coltrane (plus de 10000ex vendus à ce jour) nous surprends à nouveau avec ce projet sans nom issu de sa rencontre avec le banjoïste américain Paul Elwood. Sur le papier saxo – banjo – contrebasse paraissait être un mélange osé (« improbable » comme il a aimé le répéter) mais il faudra bien avouer que c'était plutôt réussi.
A la frontière entre bluegrass (elle-même proche de la country) et le jazz … un mélange étonnant et frais serais-je tenté de dire. Mais avant d’aller plus loin laisser moi citer la petite présentation envoyée par la Méson pour annoncer ce concert : « Le premier est un banjoïste virtuose, éminent représentant du Blue Grass, style qui puise sa source dans les massifs montagneux des Appalaches, musique qui est elle-même à la croisée de diverses traditions : américaine (blues) et européennes (anglo-irlandaise). Le second est un compositeur et improvisateur recherché dont le dernier CD Bach to Coltrane est au top 10 des ventes de jazz en France. C'est une des premières fois à Marseille que ces deux musiciens se produisent ensemble, épaulés par Pierre Fenichel à la contrebasse. Une rencontre inédite pour un concert comme une promesse rythmées d'improvisations, du blue grass au free jazz. »
Voila comme ca tout est dit ou presque. En effet ce soir (et je pense lors des prochains soirs ou ils se produiront) ils seront accompagnées de la superbe voix de Marion Rampal (ex chanteuse de Wesh Wesh et toujours chanteuse du Sixtine Group) sur environ la moitie des morceaux. Sinon les autres le chant sera assuré par Paul Elwood dont la voix / façon de chanter me fera selon les morceaux penser a Johnny Cash, Ian Anderson (de Jethro Tull) et même a un moment Nick Cave (mais avec le recul j’ai un doute).
Le set est essentiellement composé de reprises notamment d’un des groupes de la bas (des Appalaches) dont j’ai malheureusement oublié le nom mais aussi une de Bob Dylan ou encore de Joni Mitchel. Au rayon compositions il y en aura une de Paul Elwood en rappel et une « berceuse » (pas si douce que ca sur la fin) par Raphael Imbert pour sa fille. Au milieu quelques chansons de Noel (qu’ils avaient déjà joué a la Nuit du Jazz a Rognes en plein été donc) et des nouvelles.
Musicalement Raphael est toujours aussi bon (a mes oreilles de néophyte) ce qui fait qu’on lui pardonnera son principal « travers » celui de beaucoup beaucoup parler entre les morceaux (je le dis d’autant plus librement qu’il en est conscient et en fera la remarque lui-même). Marion est comme je le disais plus haut impressionnante voire troublante, Pierre Fenichel discret et parfois un peu caché en fond de scène est quand même très présent ; quant a Paul Elwood avec son look de prof de faculté (qu’il est) il impressionne par sa dextérité aux doigts comme a l’archer (ou j’ai cru entendre les sons de la période indienne des Beatles. Quand on sait que le bonhomme est aussi auteur de musique « concrete » on n’en est que plus impressionné.
Le concert (qui aura commencé à 20h30) et duré plus de 2 heures passera finalement vite (même assis par terre). Merci a la Meson d’avoir programmé un tel groupe, merci a Raphael Imbert pour sa curiosité et ses paris réussis et au finalement aussi Festival Nuits d'Hiver #5 (celui de l’année dernière) puisque c’est la que Paul et Raphael se sont rencontrés.
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