Accueil Chronique de concert Raphaël Saadiq+ Lenny Kravitz
Vendredi 20 avril 2018 : 10649 concerts, 24950 chroniques de concert, 5210 critiques d'album.

Chronique de Concert

Raphaël Saadiq+ Lenny Kravitz

Raphaël Saadiq+ Lenny Kravitz en concert

Arena - Montpellier 20 Octobre 2011

Critique écrite le par

LAISSONS L'AMOUR NOUS GUIDER

Raphaël Saadiq
C'est par des riffs allongés que Saadiq commence son concert. Normalement, une première partie doit s'assurer de bien chauffer la salle pour la tête d'affiche, mais là, je ne sais pas qui s'est chargé de faire le boulot à sa place, le public de l'Arena de Montpellier est déjà chaud bouillant. Décidé à faire trembler les murs, dix milles paires de pieds, plus les sept sur scène, tapent fort sur le sol.



C'est déjà à la fin du premier morceau que Raphaël tombe la veste. La soirée est prometteuse.
Le décor est minimaliste et les costume 60's sont de rigueur pour la soul de Saadiq ; avec petit pull à col montant, chemise et veste noires cintrées pour les musiciens et choristes. Seul le clavier s'autorise une toge de gospel qui sied parfaitement aux sonorités typiques qui sortent de ses orgues ; ce qui ne l'empêche absolument pas de s'autoriser quelques petits pas de danse aux côtés du chanteur et d'un de ses choristes qui lui, passera le concert à se déhancher et séduire l'assistance, s'installant presque parfois au micro de Saadiq.


Après quelques morceaux bien rythmés le show s'essouffle légèrement, mais lorsque les deux premières mesures de Don't Mess With My Man, interprétées par la choriste, résonnent, la foule se remet à crier, à taper dans les mains et à sautiller.
Tout le long du concert des spots pastels rouges et bleus sont dirigés vers les zicos de toute la hauteur de la salle en plongée directe. Cela ne fait que renforcer cette impression céleste que les musiques que nous sert Raphaël Saadiq et son groupe sont faites pour prêcher la bonne parole dans l'église de l'amour....
Sur Never Felt This Way le pianiste s'empare du micro pour faire son numéro et des vocalises très groovies qui emportent aussi bien tout le public que les autres membres du groupe ; et Raphaël n'a plus qu'à reprendre son rôle de leader pour clôturer. Leader ? Non. Le groupe entier ne faisait qu'un sur scène.



La reprise de Let The Sunshine In marquera la dernière du set et c'est tout le public qui accompagne en coeur, alors que l'Arena est à son comble pour accueillir le "Soleil".


LENNY KRAVITZ

Le rideau noir qui camouflait le gros de la scène n'est pas encore levé que le premier morceau débute déjà. La salle s'enflamme au son presque tribal des premières mesures de Come On Get It. Les lumières sur scène s'éteignent lentement alors que le public reste encore éclairé. On fait durer le plaisir, on se fait désirer. Les préliminaires sont longues mais bonnes.



Finalement tout s'éteint, le rideau se lève et c'est dans un jeu d'ombres et lumières que le groupe prend place. Les guitares branchées et le tempo donné, ce n'est pas à un simple lever de soleil que nous assistons mais à une véritable éruption solaire créée par le choc des stroboscopes en pleine face.
La scène est à taille humaine et la formation du groupe, réduite à l'essentiel (batterie, basse, clavier, deux guitares, trois cuivres), reste sobre, si ce n'est qu'elle est flanquée d'un écran géant de forme triangulaire en fond de scène qui nous montre un Lenny survolté en noir et blanc ultra contrasté. Classe. Kravitz.



Ce même écran s'habillera de clips psychédéliques façon kaléidoscope tout le long du concert ; comme sur Always On The Run qui ouvre la voie à la séquence blockbusters de l'artiste. Et il enchaîne : American Woman, It Ain't Over Till It's Over.
Le son est bon, puissant. Dans les gradins on ne tient déjà plus la position assise depuis longtemps.
Le chanteur est toujours suivi par un projo blanc, en léger contre-jour, scotché à ses riffs et qui le met en lumière. Fallait-il vraiment ça ? Il suffit qu'il se dandine un poil, qu'il fasse un signe de la main, balance un baiser et un "Bonsoir Montpellier !" in french et c'est tout l'Arena qu'il se met in ze pocket.
Le public aussi a droit à ses projecteurs, et quand ils sont au rouge et baignent la fosse de mille feux c'est un brasier incandescent dans lequel on plongerait volontiers.
Il profite de reprendre son souffle pour partager un moment plus intime et nous dire "Thank you before we begin" (Comment ça ? Tu veux dire qu'on n'a encore rien vu ?). Il s'excuse de son français médiocre, mais arrive quand même à ponctuer ses phrases de quelques mots bien choisis et qui suscitent à chaque fois une vague hystérique de joie : "Here are the most beautiful women. C'est vrai!". Et c'est par un "Tonight I want to make love with you. Let us begin" chuchoté à nos oreilles, dans son timbre de voix le plus bas, qu'il fini sa sérénade.
Il est l'heure dans le show de passer à des morceaux plus récents, puisque rappelons que Kravitz est en tournée pour la promo de son dernier opus Black and White America sorti cet été.
Et c'est assez naturellement qu'il entame cette partie avec le titre éponyme de l'album. Un solo de trompette hispanisante (!) sert d'intro à ce qui est peut-être le titre le plus sixties de son répertoire, avec un musicien que le chanteur est allé chercher pas si loin que ça ; "Il est français, bien sûr !".



Des photos de la petite enfance de Lenny Kravitz , entouré des siens, défilent sur l'écran géant. C'est une véritable ode à ses parents et au métissage. La basse est simplement monstrueuse (on la doit à Gail-Ann Dorsey, pieds nus, et qui n'est juste que l'ancienne bassiste de Bowie !).



On a qu'une seule envie, c'est de bouger ses fesses. Voilà une galette qui risque de marquer...
Au milieu d'une pause du chanteur, alors qu'il se dandine et se la joue suave et sulfureux, le public se met à scander "Lenny ! Lenny !". Et là, comme pour exhausser cette prière, c'est sur Stand By My Woman qu'il nous fait l'honneur de retirer ses mythiques lunettes de soleil, et dans le public c'est comme s'il venait tout simplement de se mettre entièrement nu.
Sa voix est exceptionnelle et reconnaissable parmi cent mille. Aigüe, nasillarde un tantinet mais quel groove ! Et il sait la placer ce c...
Le garçon est séducteur et plus rien ne l'arrête. Il trouve le moyen de lancer un "Je t'aime baby" en s'adressant directement à une chanceuse de la fosse. Il y en a surement quelques-unes qu'il faudra ramasser à la petite cuillère et qui ne redescendront pas de sitôt.
Avec un autre de ses derniers singles Stand, l'Arena est debout et tape dans ses mains au rythme de la caisse claire. C'est happy time pour tout le monde au point que Lenny applaudit à son tour le public, se rapproche du premier rang pour taper quelques high five, et fait monter une spectatrice sur scène qui avait confectionné une banderole spécial dédicace pour son guitariste Craig Ross, dont la complicité date des débuts et transpire dans leurs jeux scéniques. Ça valait bien un bisou...



Il faut cependant avouer qu'une partie du public est venue pour entendre les classiques du répertoire (ce qui est confirmé par la moyenne d'âge qui tourne autour de la trentaine ; donc les fidèles de la première heure) et que les nouveaux titres, n'étant pas encore passés à la postérité, nous entrainent un peu moins loin. Alors il repart sur du sûr, sur du lourd, et c'est sur Where Are We Runnin' que la photo la plus emblématique était à faire avec, sur le devant de la scène, un Kravitz acrobatique entouré de ses cuivres faisant scintiller leurs instruments sous les feux de la rampe. C'est au tour de Fly away. Dès les premières notes c'est le public qui s'envole. Encore une fois la basse est juste énorme ! Une rythmique monstrueuse et lourde, présente. Dommage que le lead casse un peu tout ça en demandant à son public de répéter après lui les fameux "oh ! oh !"... mais c'est aussi ça la communion dans un concert.
Sans transition, Are You Gonna Go My Way.



Là c'est sûr les gradins ne devraient plus tarder à s'effondrer et j'ai du mal à écrire droit les quelques notes que je prends. Ça jumpe ! Et le public, qui n'est plus qu'un attroupement de fans en furie, tout illuminé par les projecteurs, bras en l'air, partage la scène avec l'artiste.
Vainqueur, c'est la guitare tenue à deux mains comme un glaive qu'il termine son set.
Le rappel ne se fait pas attendre très longtemps ; l'indice étant son micro qui vient de s'éclairer, seul sur scène. On sait qu'il va revenir, mais le stade des préliminaires est loin derrière et on en veut encore plus, tout de suite et maintenant. C'est bras en croix qu'il se présente à nous. "Vous êtes fatigués ?... I remember that..." dit-il un sourire en coin, en s'installant en bord de scène avec Ross. Le silence tombe. Respectueux et curieux de ce qui va suivre. Et comme pour être bien sûr qu'on soit tous accrochés à ses lèvres, dans l'attente de ce qu'il nous a réservé, il nous nargue avec un "Everybody allright ?". Le "YEAH !" immenssissime qui sert de réponse est la première mesure de la version acoustique de I Belong To You. C'est un moment intense et à la fois voluptueux, comme s'il s'adressait à chacun d'entre nous. Une petite séquence nostalgie lui fait se remémorer la première fois qu'il a joué à Montpellier dans une plus petite salle (Le Rockstore) il y a quelques années de ça. Il voudrait y retourner jouer la prochaine fois qu'il viendra... promesse intenable !
Et puisque Lenny, lui-même artiste complet et multi-instrumentiste, sait s'entourer des plus grands, il profite également de ce moment pour prendre le temps de présenter chaque membre de son groupe comme il se doit.
La fin approche, on le sent tous, mais personne ne veut s'y résigner. Let Love Rule. Et alors que ça fait quinze bonnes minutes que le public chante en boucle le refrain (et titre) de cette ode à l'amour, monsieur Lenny s'offre ce qu'on peut appeler sans exagérer un bain de foule. Et il monte sur les gradins, et il fait le tour de l'Arena d'un bout à l'autre. Il veut serrer toutes les mains, il veut voir tous les visages et montrer qu'il aime son public autant que lui l'aime.
Dernier salut. Rideau tombé. Lumières rallumées. C'est fini mais...love is in the air.




Setlist :
Come On Get It
Always On The Run
American Woman
It Ain't Over Till It's Over
Mister Cab Driver
Black and White America
Fields of joy
Stand By My Woman
Believe
Stand
Rock ‘n' Roll Is Dead
Rock Star City Life
Where Are We Runnin'
Fly Away
Are You Gonna Go My Way
----------------------------------
I Belong To You
Let Love Rule

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