Critique de concert Raul Paz

Alors qu’un froid glaçant est tombé sur la métropole lilloise, le chanteur cubain Raul Paz, une des têtes d’affiche du Tourcoing Jazz Festival, est chargé de réchauffer le public nordiste. Le concert du soir est abrité par le Magic Mirrors, joli chapiteau temporaire installé sur la place principale de la ville. Avec sa charpente en bois et ses allures de cirque à l’ancienne, le lieu ne manque pas de charme et l’ambiance est déjà festive entre les tables qui entourent l’espace réservé au public.
Le concert démarre calmement, Raul et ses musiciens prennent le temps d’installer leur univers, leur atmosphère sous la toile tourquennoise. Entre chaque chanson, le natif de La Havane, qui a vécu de nombreuses années en France, s’adresse aux spectateurs en français, il prend le temps de parler de ses chansons, de philosopher… Il n’en oublie pas pour autant de faire chanter et danser tout le monde sur ses rythmes endiablés. Il se montre tout à la fois crooner, rocker, poète… et il applique ses multiples identités à sa musique. Revendiquant ses racines cubaines, il assume aussi le métissage et enrichit ses morceaux de quelques riffs funk (La Gente, Revolucion), de rythmes hip-hop et parfois même d’un flow rap (Havanization). Raul Paz mêle à merveille inspirations jazz et mélodies pop avec une énergie rock inépuisable. La recette est explosive et la très bonne acoustique du Magic Mirrors sert parfaitement ce cocktail complexe et entraînant. Si le Cubain dissémine savamment quelques petites touches de mélancolie çà et là, il entretient en permanence la bonne humeur générale et fait de sa prestation une vraie invitation à la danse. L’ambiance devient rapidement muy caliente, la troupe prend manifestement beaucoup de plaisir sur scène et transmet son enthousiasme au public. Plutôt familial et bon enfant, celui-ci participe d’ailleurs assez spontanément et emplit le petit chapiteau d’une ambiance des plus conviviales. Il s’enflammera même lorsque la trompette et le trombone se livreront à un duel exalté et exaltant.
Après environ une heure de concert, Raul quitte la scène une première fois. Les spectateurs tourquennois le rappellent alors en faisant un vacarme de tous les diables. L’artiste revient rapidement et interprète encore quelques morceaux. Il conclue ce rappel par son titre le plus connu : l’excellent et formidablement festif Carnaval, interprété en duo avec Camille dans sa version originale. Ce tube en puissance, à un cheveu de partir en délire ska sur la fin, voit le public se déchaîner comme jamais.
C’est le moment que choisit le Cubain pour retourner à nouveau en coulisses, mais les spectateurs ne l’entendent pas ainsi et en veulent encore : ils tapent des mains et des pieds tant qu’ils peuvent pour faire revenir une nouvelle fois la star du soir. Pour ce deuxième et ultime rappel, Raul Paz commence par faire monter un enfant du public sur scène. Un peu effrayé, le garçonnet n’ose pas trop bouger, au contraire du public qui est maintenant bouillant. Le chanteur consacre les dernières minutes de son concert à une reprise enflammée de Clandestino, le tube de Manu Chao, dont il offre une version plus qu’extended. Il en profite même pour partir en improvisation scat et n’hésite pas à demander au public de l’imiter, avec plus ou moins de succès, mais dans l’hilarité générale. Il finit par descendre dans la salle, ses musiciens derrière lui, et tous sautent au milieu de spectateurs ravis. Ces derniers élans de générosité, ces derniers instants de partage et de communion donnent à la soirée ce petit plus, ce charme supplémentaire, qui fait de ce concert un superbe moment, plein de joie et de bonne humeur. Les musiciens repartent finalement en coulisses en file indienne, en continuant de jouer jusqu’à ce que la porte se referme sur eux. Simplement heureux, les spectateurs quittent la salle en fredonnant encore quelques uns des airs qui leur ont fait passer un si bon moment puis s’éloignent dans le froid automnal en emportant au fond d’eux un peu de chaleur cubaine.
Merci à Emmanuelle Covin-Battisti et Hélène Gasparini.
Le concert démarre calmement, Raul et ses musiciens prennent le temps d’installer leur univers, leur atmosphère sous la toile tourquennoise. Entre chaque chanson, le natif de La Havane, qui a vécu de nombreuses années en France, s’adresse aux spectateurs en français, il prend le temps de parler de ses chansons, de philosopher… Il n’en oublie pas pour autant de faire chanter et danser tout le monde sur ses rythmes endiablés. Il se montre tout à la fois crooner, rocker, poète… et il applique ses multiples identités à sa musique. Revendiquant ses racines cubaines, il assume aussi le métissage et enrichit ses morceaux de quelques riffs funk (La Gente, Revolucion), de rythmes hip-hop et parfois même d’un flow rap (Havanization). Raul Paz mêle à merveille inspirations jazz et mélodies pop avec une énergie rock inépuisable. La recette est explosive et la très bonne acoustique du Magic Mirrors sert parfaitement ce cocktail complexe et entraînant. Si le Cubain dissémine savamment quelques petites touches de mélancolie çà et là, il entretient en permanence la bonne humeur générale et fait de sa prestation une vraie invitation à la danse. L’ambiance devient rapidement muy caliente, la troupe prend manifestement beaucoup de plaisir sur scène et transmet son enthousiasme au public. Plutôt familial et bon enfant, celui-ci participe d’ailleurs assez spontanément et emplit le petit chapiteau d’une ambiance des plus conviviales. Il s’enflammera même lorsque la trompette et le trombone se livreront à un duel exalté et exaltant.
Après environ une heure de concert, Raul quitte la scène une première fois. Les spectateurs tourquennois le rappellent alors en faisant un vacarme de tous les diables. L’artiste revient rapidement et interprète encore quelques morceaux. Il conclue ce rappel par son titre le plus connu : l’excellent et formidablement festif Carnaval, interprété en duo avec Camille dans sa version originale. Ce tube en puissance, à un cheveu de partir en délire ska sur la fin, voit le public se déchaîner comme jamais.
C’est le moment que choisit le Cubain pour retourner à nouveau en coulisses, mais les spectateurs ne l’entendent pas ainsi et en veulent encore : ils tapent des mains et des pieds tant qu’ils peuvent pour faire revenir une nouvelle fois la star du soir. Pour ce deuxième et ultime rappel, Raul Paz commence par faire monter un enfant du public sur scène. Un peu effrayé, le garçonnet n’ose pas trop bouger, au contraire du public qui est maintenant bouillant. Le chanteur consacre les dernières minutes de son concert à une reprise enflammée de Clandestino, le tube de Manu Chao, dont il offre une version plus qu’extended. Il en profite même pour partir en improvisation scat et n’hésite pas à demander au public de l’imiter, avec plus ou moins de succès, mais dans l’hilarité générale. Il finit par descendre dans la salle, ses musiciens derrière lui, et tous sautent au milieu de spectateurs ravis. Ces derniers élans de générosité, ces derniers instants de partage et de communion donnent à la soirée ce petit plus, ce charme supplémentaire, qui fait de ce concert un superbe moment, plein de joie et de bonne humeur. Les musiciens repartent finalement en coulisses en file indienne, en continuant de jouer jusqu’à ce que la porte se referme sur eux. Simplement heureux, les spectateurs quittent la salle en fredonnant encore quelques uns des airs qui leur ont fait passer un si bon moment puis s’éloignent dans le froid automnal en emportant au fond d’eux un peu de chaleur cubaine.
Merci à Emmanuelle Covin-Battisti et Hélène Gasparini.
Signature : fredcle 05/11/2010
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