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Samedi 25 octobre 2014 : 14455 concerts, 23050 critiques de concert, 4981 critiques de CD.

Critique de concert Arcade Fire + Roxy Music + Beirut + Eels + Wave Machines (Rock en Seine 2010)


Arcade Fire + Roxy Music + Beirut + Eels + Wave Machines (Rock en Seine 2010) en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime




En ce dimanche 29 août, l'édition 2010 du festival Rock en Seine touche à sa fin après déjà deux jours chargés en concerts – l'on se souviendra en particulier de ceux de BRMC, French Cowboy, Jonsi, Queens Of The Stone Age, Lcd Soundsystem et Jello Biafra, chroniques bientôt – mais il reste encore une grosse journée à vivre pleinement avec l'enchainement infernal des shows de Eels, Beirut, Wave Machines, Roxy Music et Arcade Fire... Retour sur un dernier acte au Parc de Saint-Cloud perturbé (mais pas gâché) par le vent, la poussière puis la pluie :





Eels

16h25, Grande Scène, Mark Oliver Everett aka E et son groupe se pointent sur les planches au pas de course pour délivrer une prestation façon blues rock qui démange sévère, à la fois professionnelle (ça enchaine comme à la parade), surprenante (Eels est un combo de heavy blues exclusivement réservé aux bikers maintenant ?), drôle (présentation des musiciens joyeusement ficelée) et bien envoyée (même avec un seul titre calme et en déroulant un set toutes guitares électriques dehors – il y en a trois –, Eels garde sa classe naturelle)... Habillé avec une combinaison blanche et affublé d'une énorme barbe, d'un foulard couvrant sa tête et de lunettes de soleil, le leader de Eels décoche le riff ultra basique de Prizefighter sur sa guitare avant de chanter ce titre suvolté d'une voix rocailleuse et acerbe... Sauf erreur de notre part, c'est bel et bien du rock 'n roll venant en droite lignée du séminal blues ! Et ça botte le cul comme il faut, les musiciens accompagnant E ne donnant par leur part au chien quand il s'agit de muscler leur jeu ! Les ballades pop 'n folk délicates et dépressives, ce sera pour un autre jour (à une exception notable près, un petit blues lancinant et débranché) : Eels déroule un set spécial festival avec reprises (Summer in the City et Twist and shout avec des paroles à la sauce Everett), morceau surpuissants (Souljacker, Tremendous Dynamite, Spectacular Girl et My Beloved Monster réarrangé) et durée limitée : 50 minutes à peine ! On reste un peu sur notre faim, on aurait aimé un set plus long et plus varié, mais avoir vu Eels dans cette forme olympique en 2010 après toutes les péripéties intimes traversées par Mark Everett suffit à donner de l'énergie pour patienter jusqu'au prochain rendez-vous avec l'insaisissable Monsieur !






Beirut

Sans surprise, Beirut enchante peu après le très nombreux public présent devant la grande scène avec un set de pop 'n folklore made in Balkans de très haute tenue... Ce n'est pas l'endroit idéal pour assister à un concert de Beirut – en plein jour, avec un foule enthousiaste semblant là uniquement pour se monter sur les écrans géants – mais il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur : Zach Condon est tellement rare sur scène, qu'il faut profiter de chaque instant passé en sa délicieuse compagnie. Son allure d'ange tombé du ciel évoquant un Rimbaud poupon, sa voix troublante, son jeu de ukulélé et de trompette, ses petits discours touchants en français, tout est émouvant et simple chez ce petit génie, très bien entouré par un groupe maitrisant son sujet à la perfection... Malgré le caractère gigantesque du show et de la scène, la folle farandole des voix, accordéon, piano, contrebasse, cuivres et batterie saisit souvent l'auditeur transi d'amour pour ces pop songs écrites avec une sensibilité à fleur de peau. Faisant se serrer très fort le cœur quand il prend de plein fouet ces petites cartes postales musicales adressées personnellement à chaque membre de l'assistance. Un petit coucou adressé aux amis d'Arcade Fire, une nouvelle chanson tubesque et déjà classique, et le dernier morceau est déjà là. La fin du set de Beirut arrive donc bien trop vite, il faudra remettre le couvert en compagnie de cet artiste dès que possible !






Wave Machines

Après avoir navigué sans succès sur le site à recherche d'un bon groupe alors que plutôt mes Black Angels (heureusement vus dans de bonnes conditions à la Route du Rock quinze jours plus tôt) jouaient quasi en même temps qu'Eels (très intelligent ça !), l'on se retrouve devant le très bon concert des Wave Machines, un groupe anglais de pop rock made in GB orfèvre en création de tubes groovy avec voix haut perchées... Véritables machines à faire se trémousser le popotin, les Wave Machines séduisent en un claquement de doigt comme lors des précédentes fois où notre route avait croisé la leur : au festival des Inrockuptibles fin 2009 à Paris et au Printemps de Bourges en avril 2010. Merci pour les bonnes vibes (on les a bien kiffées pour parodier l'autre... ), merci pour la simplicité et merci pour les mélodies enchanteresses !





Roxy Music

Les fans de Roxy Music ont sans doute adoré, ceux de prog rock un tantinet glam aussi, mais quant à nous le concert ampoulé de Bryan Ferry and co nous a assez rapidement contraint à décrocher... Tout commence pourtant sur de bonnes bases, le groupe déroulant avec classe ses morceaux aussi torturés que schizophrènes et Bryan Ferry faisant toujours montre d'une prestance aérienne et d'une aptitude à chanter avec cette voix de velours si sexy. Puis assez rapidement le saxophoniste Andy MacKay en met partout, organise des concours de solos avec le guitariste Phil Manzanera, qui lui se lance dans des tirades incontinentes pour faire "mieux" que son acolyte, l'autre guitariste, qui en rajoute des caisses, il aurait vraiment tort de se gêner ! C'est sans fin, très aseptisé, idéal en bande son dans un téléfilm lors une scène où le héros boit un Martini dry en compagnie d'une créature peroxydée et cela atteint des sommets d'ennui. Brian Eno, le grand absent de cette reformation, manque cruellement au casting pour salir le son avec ses bidouillages barrés et ainsi faire décoller le vaisseau Roxy Music vers ses sommets passés. Si aujourd'hui il y a des gens qui aiment ces ambiances démonstratives et trop techniques, si ça leur rappelle le bon vieux temps des années 70 et 80, grand bien leur fasse ! Mais au bout d'une certain temps et à force d'attendre les trop rares moments de sobriété, on se lasse devant chaque final ou break noyé dans un déluge de notes "épate gogo" et on prend nos jambes à notre cou. Point trop n'en faut, hein !






Arcade Fire

Place désormais au final devant une foule très compacte avec le superstars du moment, les Canadiens du groupe Arcade Fire, forts d'un nouvel album particulièrement réussi, The Suburbs (paru le 3 août 2010). Bizarrement les deux précédentes éditions avec fins en queue de poisson à Rock en Seine (annulations intempestives d'Amy Winehouse et d'Oasis) sont parties dans les oubliettes de notre mémoire et l'on se délecte du set carré et bien envoyé du groupe de Win Butler et Régine Chassagne sans sentir venir le déluge final. Même si l'on se trouve plus loin de la scène que lors du concert d'Arcade Fire au Casino de Paris début juillet 2010, les morceaux joués par l'énergique troupe font très forte impression, du déjà culte Ready to Start à l'imparable We Used to Wait en passant par les implacablement tubesques Keep the Car Running, Neighborhood #2 (Laika) et No Cars Go, le poignant Haïti (chanté avec tout son cœur par Régine) et les plus calmes Modern Man, Rococo, The Suburbs, Ocean of Noise (avec un coup de main de Beirut) ou Intervention. Et l'on se réjouit d'entendre Arcade Fire faire du rock de stade classieux et proposer un spectacle à taille humaine, en évitant soigneusement d'en faire des tonnes dans le grandiloquent... Un miracle ! Et puis patatra, le vent, qui souffle très fort depuis le début de la soirée, amène une grosse pluie, qui commence à se déverser à torrents sur le site, mettant en danger les musiciens, les techniciens et les spectateurs. Le groupe se confond en excuse, explique la situation et se retire. Nous aussi. Au loin, on entend, avec un gros pincement au cœur, la foule chanter la mélodie de Wake Up en compagnie du groupe revenu brièvement sur scène.





Il semble vraiment écrit quelque part que ce festival doit se terminer chaque année sur un couac. Cela ne nous empêchera pas de revenir, le nombre de concerts réussis faisant oublier les aléas, aussi fréquents soient-ils !





Liens : www.rockenseine.com, www.myspace.com/rockenseine, www.roxymusic.co.uk, www.arcadefire.com, www.beirutband.com, www.eelstheband.com, www.wavemachines.co.uk.


 


Eels 


  2 étoiles
Festival Rock En Seine : The Black Angels + Beirut + Eels
le 29 août 2010 - Domaine National de Saint Cloud (par lebonair)
 

  5 étoiles
Eels
le 31 juillet 2003 - Irving Plaza - New York (par Pirlouiiiit)
 

  5 étoiles
Eels
le 5 Septembre 2001 - Café de la Danse, Paris (par BébéOurs)
 

  5 étoiles
Eels
le 17 mars 2000 - La cigale - PARIS (par Jef)
 

Eels
le 18 aout 1997 - Le Plan - Ris Orangis (par T.F.)
 

Beirut 


  3 étoiles
Klaxons + Beirut + Camille + Micachu & The Shapes (Festival We Love Green 2012) video
le 15 septembre 2012 - Parc de Bagatelle, Paris (par Pierre Andrieu)
 

  5 étoiles
Refused + Beirut + Mudhoney + Purity Ring + Reignwolf + Unicornibot (Festival Primavera Sound 2012)
le 31 mai 2012 - Barcelone (par monsieur)
 

  3 étoiles
Beirut
le 12 Septembre 2011 - L'Olympia à Paris (par Edje)
 

  2 étoiles
Festival Rock En Seine : The Black Angels + Beirut + Eels
le 29 août 2010 - Domaine National de Saint Cloud (par lebonair)
 

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