Critique de concert (mon) Rock en Seine 2009, 1/3 : Keane, Gush, Yeah Yeah Yeahs, Passion Pit, Madness, Vampire Weekend, Bloc Party, Oasis (annulation de), Vitalic

Retour à Saint-Cloud, pour la 5ème fois déjà alors qu'on aurait pas forcément parié sur l'espérance de vie d'un tel événement, pour une dernière communion en plein air, sur la base d'une affiche peu révolutionnaire et néanmoins alléchante à Rock en Seine. Seul festival au monde qui programme pour la troisième année d'affilée une Amy, celle-ci étant bien plus lisse que la tigresse fascinante mais ingérable qui les a encore (ha, ha) plantés l'année dernière... On pénètre sur le site sous un beau soleil qui ne va pas nous quitter, au son des horribles miaulements coldplayesques et des claviers mainstream de Keane dont l'oeuvre se résume en un mot : beurk.
La musique funk light, puis pop rock de Gush, s'avèrera pour sa part ni déplaisante, ni marquante, vite oubliée. On découvre pendant ce temps avec plaisir que le festival est passé, comme presque tous les autres, aux gobelets consignés, puisqu'il se veut toujours plus éco-responsable (notons la tentative louable et assez osée pour une telle affluence, des toilettes sèches à grande échelle). Encore un petit effort à faire cependant : si SFR et autres pouvaient arrêter de distribuer des saloperies en plastique ou en metal jetables, et si on pouvait virer le ridicule 4x4 mastodonte qui traîne près de l'entrée, on aurait en effet fait un grand pas...
On est restés sur une prestation enthousiasmante des Yeah Yeah Yeahs au début de l'été aux Eurockéennes ? Karen O se présente à nouveau dans une de ces tenues excentriques qu'elle affectionne, pour délivrer un concert carré et grandiloquent. Après une introduction calme en trompe-l'oeil, le sérieux arrive avec le riff salace de Phenomena puis l'endiablée Heads will Roll. La voix chaude comme la braise de la chanteuse, et le groupe affûté qui l'accompagne (à signaler, un sosie de Nick Cave jeune à la gratte), emportent l'adhésion sur la formidable Dull Life et la toujours aussi jouissive Gold Lion.
Faisant évidemment la part belle au putassier mais plutôt irrésistible It's Blitz ! (l'inévitable beat électro-pop de Zero), le groupe pioche également dans ses plus anciens albums, ne serait-ce que pour déclarer à nouveau son amour du public (Maps - "they don't love you like I love you"), osant même une longue chanson d'amour calme. On préfèrera toutefois les passages de Show your Bones, le meilleur, comme Honey Bear qui fait sauter la foule, ou encore la toujours parfaite Cheated Hearts. Le groupe finit en disco-punk, dans un grand éclat de confettis rouge et de bras levés très haut, cette excellente mise en jambe ... pour un festival où l'on va en effet beaucoup marcher.
Le moins qu'on puisse dire c'est que Passion Pit ne nous a pas passionnés sur disque, il nous aurait même un peu agacé la dernière fois sur scène à Belfort-plage. La voix de fausset du très prétentieux chanteur (évoquant parfois celle du tragique Phil Collins), et les innombrables synthés, ne semblent d'ailleurs pas déclencher l'hystérie du public massé à la jolie Scène de l'Industrie. On s'en va donc satisfaire un besoin naturel au son justement diurétique de la bien fade Amy Mc Donald, qui ne doit qu'à son joli minois et au label "Vue à la télé" de bénéficier d'une telle exposition surdimensionnée sur la grande scène. Avec un peu de chance, deux groupes dont on entendra probablement plus jamais parler.
Sur un caprice de stars surévaluées dont on reparlera plus bas, les 10 brontosaures en costume de Madness se sont étrangement retrouvés sur la scène moyenne, d'où ils envoient d'entrée leur plus gros Scud, l'inévitable One Step Beyond. Le groupe dont on attendait pas grand-chose d'autre s'avère plutôt plaisant à suivre, du moins dans ses passages ska (le pop rock lui réussissant moins bien), avec plusieurs autres tubes entraînants comme Night Boat to Cairo ou la joyeuse Baggy Trousers. Ou encore, quand il reprend la mythique Iron Shirt de Max Romeo. Trop de reggae nuisant à notre patience, on s'échappera toutefois avant la fin, sans savoir s'ils ont également joué la non moins attendue Our House. Dans le genre, rien à faire, ça ne vaut quand même pas tout à fait les Specials...
Les Vampire Weekend s'étaient également révélé d'agréables ambianceurs l'été dernier, qu'on peut donc revoir avec un an de retard sur leur hype (comme un certain nombre d'autres ici, la programmation à tendance suiviste de Rock en Seine créant fatalement ce type de décalage). L'occasion de découvrir que la grande scène a esthétiquement un peu souffert de l'arrivée du Tram 2 (par ailleurs très classe et bien pratique pour rallier les hôtels et campings du coin), puisque la jolie rangée d'arbres de gauche a laissé place à d'affreuses tentures vertes, rétrécissant au passage l'espace disponible.
Le groupe toujours un peu trop sage sur scène refourgue principalement le même album, avec les enlevées Mansard Road, A-Punk, Cape Code Kwassa Kwassa, Campus ... Il place quand même quelques titres nouveaux, toujours d'inspiration afro et pop sautillante, agréables sans plus : il faut dire que le public réagit évidemment bien plus aux chansons qu'il connaît, comme les efficaces Blake's got a new face ou Walcott. Mauvais timing donc pour les revoir, avec un album qui paraîtra seulement l'an prochain - il est sans doute temps !
Régulièrement déçus en live par Bloc Party, on a plus ou moins arrêté de les écouter, mais on veut bien leur redonner une chance sur la foi d'un très convaincant Intimacy paru en 2008. Le chanteur déjoue d'entrée les anciennes critiques en plaisantant à leur sujet, et il a raison : le groupe a eu le temps de progresser et ne semble plus se laisser dépasser par ses chansons comme par le passé : il joue donc admirablement le tube insubmersible Banquet et survolte d'entrée les foules. Le plus dur est finalement de s'en approcher, puisque l'affluence du site rend difficile d'accès la scène de la Cascade dès qu'un groupe tête d'affiche y joue.
Kele Orekele, sa voix sous influence Robert Smith, son groupe au son sec et carré, ne joueront par contre pas tant de chansons de leur dernier album, celui qu'on connaît le mieux. On aura quand même droit entre autres, aux xylophones de la jolie Signs, à la pétaradante One Month Off, une de nos préférées du groupe, ou encore à la syncopée et vibrante Mercury, ou encore à la surprenante Zephyrus. Au final, un très bon concert qui se finit par un électro-rock déchaîné du premier album : après quelques années en division inférieure, Bloc Party joue finalement dans la cour des grands, au moment où, dommage, ils parlent d'arrêter...
Depuis un premier concert il y a presque 15 ans à Evette-Salbert, on a toujours pensé du mal d'Oasis (on en a même écrit un peu). On se réjouissait tout de même de les revoir, ne serait-ce que pour se moquer un peu d'eux, mais un message laconique du chanteur de Bloc Party en plein concert nous avait mis la puce à l'oreille ("Oasis, ce n'est pas bon") : on a tout de suite flairé un problème... Et en effet, il s'avère qu'une altercation a éclaté entre les deux affreuses têtes à claques et à sourcils que sont les frères Gallagher : celui-ci aurait cassé une guitare de celui-là et a claqué la porte, une heure avant le concert. Entre deux hoquets du rire qui nous a longtemps secoué à cette nouvelle, on se dit que François Missonnier, le directeur de Rock en Seine, a décidément un mauvais karma (3 têtes d'affiche annulées en 3 ans, ça doit être un record du monde non ?) : le pauvre homme a sûrement dû être méchant dans une autre vie.
Par ailleurs, les 15 euros remboursables, ou le deuxième concert de Madness (dont on se demande bien qui a pu le regarder), ne rendront pas la pilule moins amère à faire passer pour les nombreux et malheureux fans du groupe, venus exprès de France et d'Albion. Une bonne nouvelle tout de même, ils vont pouvoir passer temporairement à autre chose que ce rock épuisant et archi-rebattu d'Oasis, avant la reformation du groupe qui paraît toutefois inéluctable, tant personne d'autre que Noel ne peut supporter Liam, et vice-versa... Le plus dommage est finalement que cette spectaculaire rixe n'ait pas eu lieu directement sur scène, ce qui aurait été à n'en pas douter un grand moment de rock'n'roll.
Reste que cette annulation, arrosée d'une bière de trop à leur santé, va compromettre la fin de la journée en diminuant notre capacité d'attention collective. On ira tout de même réécouter un peu distraitement le très inspiré Vitalic : il a beau avoir la présence sur scène d'un fonctionnaire de la Poste et un disque formidable qui commence à dater un peu, il a chaque fois déchaîné notre enthousiasme, notamment ici-même il y a 4 ans. Il a opportunément installé deux grands panneaux lumineux et miroir de part et d'autre de la scène, qui rendront nettement plus intéressant son aspect visuel, par exemple sur un passage avec un double visage inquiétant qui rappelle le film Le Cobaye.
En tout cas on sent que lui a bossé, car il enchaîne un grand nombre de nouveaux titres, toujours dans la veine électro-rock mélodique et trippante, mâtinée de percus sud-américaines, généralement frappants dès la première écoute. Ceci devant un public tout à fait ravi et vibrant à l'unisson ! On reconnaît tout de même No Fun et la toujours terrifiante La Rock 01, violemment remixées dans un set très costaud. Tout comme la nouvelle qui circule depuis un moment sur des live pirates, l'addictive Anatoles (et aussi, il me semble, la formidable Bells ou The 30000 Feet Club). Il finit de nous mettre le cerveau en bouillie avec une version elle aussi violentée de My Friend Dario (à ce jour, toujours le clip d'électro le plus jouissif de tous les temps), et avec les voix tordues de Newman. Il salue la foule et la quitte abruptement, heureuse et KO debout !
On se dirige donc en titubant un peu vers la sortie, dans un grand nuage de poussière (celle qu'on va respirer trois jours), rejouant au passage sous le tunnel de sortie un remix de Land of the Dead, dans une belle image d'apocalypse. Au final, un bien plaisant vendredi (à condition de ne pas aimer Oasis, évidemment), qui nous laissera en outre le loisir de monter en puissance le lendemain pour plusieurs concerts d'anthologie, notamment avec le grand Mike Patton...
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Signature : Philippele 31/08/2009
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>> Réponse (le 01/09/2009 par Yann M.)

>> Réponse (le 01/09/2009 par Lily)

>> Réponse (le 03/09/2009 par Guillaume Z) Pas trop d'accord sur Passion Pit(mais je peux comprendre qu'on aime pas) mais ok sur le reste. Ils auraient dû mettre vitalic sur la grande scène au lieu de nous remettre madness(Déjà que je m'étais esquivé après one step beyond...), au moins ça aurait un peu enflammé cette soirée franchement mollassonne. Au final c'était bien mais sans plus. > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 08/09/2009 par Anne)

>> Réponse (le 10/09/2009 par Basil) Ha ouais, l'annulation d'Oasis, cette marrade sur le site de voir la tête des fans... Au fait consolez-vous, les Beatles ont été remastérisés, ça remplacera bien et même mieux non ? c pour rire ... > Réagir à cette critique

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le 4 juillet 2009 - Presqu'Ile du Malsaucy, Evette Salbert (par Philippe)
le 04 Juillet 2009 - Presqu'ile de Malsaucy, Belfort (par Tribukao71)
Saint-Cloud, Parc de Saint-Cloud

le 26 Août 2012 - Domaine National de Saint-Cloud (par Fredc)


le 26 août 2012 - Domaine National de Saint-Cloud (par Pierre Andrieu)


le 26 août 2012 - Rock en Seine, Paris, Domaine de St Cloud (par Fanrem)


le 26 août 2012 - Domaine National de Saint-Cloud (par Pierre Andrieu)

le 25 Août 2012 - Domaine National de Saint-Cloud, Saint-Cloud (par Fredc)

















