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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Queens Of The Stone Age + Jello Biafra + Lcd Soundsystem + Jonsi + Martina Topley Bird + Two Door Cinema Club (Rock en Seine 2010)


Queens Of The Stone Age + Jello Biafra + Lcd Soundsystem + Jonsi + Martina Topley Bird + Two Door Cinema Club (Rock en Seine 2010) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime




La deuxième journée du festival Rock en Seine 2010 au Parc de Saint-Cloud a tenu toutes ses – nombreuses ! – promesses avec une infernale spirale vers le bonheur sonique déclenchée tout à fait volontairement par Martina Topley Bird, Jonsi, Queens Of The Stone Age, Lcd Soundsystem et Jello Biafra... Pas de quoi s'ennuyer ou se poser une seule seconde !






Two Door Cinema Club

Après avoir brièvement constaté en arrivant sur le site que les Stereophonics sont toujours aussi peu fréquentables (le gros rock qui tache spécialement fait pour les FM putassières, ça intéresse quelqu'un ?) et on reste poli, hein, on essaie de supporter quelques morceaux des nouvelles coqueluches des branchés avides de nouveautés et aussi dépourvus d'oreilles que fans de musique prédigérée et sous cellophane : Two Door Cinema Club. Comme prévu, ces jeunes gens déclenchent des bouffées de joie et d'hystérie devant la scène de la cascade, envahie par une immense, jeune et enthousiaste foule. Bizarre, bizarre ! Car pour ce qui est de la musique, c'est sans intérêt majeur : voix fluette ultra gnan gnan, guitares post punk entendues 2500 fois, pompage éhonté de Franz Ferdinand et Bloc Party et grosses œillades en direction du public de Phoenix... Franchement qui a besoin de ça en 2010 ?





Martina Topley Bird

En remplacement de Où est le Swimming Pool, un exécrable groupe d'électro pop FM disciple des Pet Shop Boys dont le chanteur s'est suicidé une semaine avant (R.I.P.), Martina Topley Bird donne un concert captivant et marquant sur la scène de l'Industrie, copieusement remplie... Comme à la Route du Rock quelques jours plus tôt, la craquante chanteuse de Tricky et de Massive Attack fait montre d'un charme ravageur pour séduire son public : voix de velours, compositions trip pop souvent très bien foutues et arrangements minimalistes (batterie/guitare + synthés/voix). Avec l'aide de son acolyte batteur (masqué comme un guerrier Ninja), Martina Topley Bird évolue gracilement sur le fil du rasoir de ses morceaux, aux allures tubesques autant qu'intimistes. Signalons une jolie reprise de Karmacoma, un morceau signé Massive Attack qui fait toujours son petit effet... La demoiselle a en plus la classe de rendre hommage au chanteur de Où est le Swimming Pool en lui dédiant son meilleur titre – l'époustouflant Phoenix – et en demandant à ses fans d'avoir une pensée pour le jeune homme dénommé Charles Haddon. Martina Topley Bird est une artiste à suivre...






Jonsi

Retour à la scène de La Cascade juste après pour assister au très beau set de Jonsi, très enjoué, souriant et toujours apte à faire tripper une foule avec sa voix si particulière et ses compositions élégiaques... Le lieu – une grande scène de festival – ne semblait pas idéal, l'horaire non plus – on est en plein jour –, la présence d'un stand de boissons énergétiques dégueulant du Lady Gaga ("Popopoker face", mon cul !) à fond juste à côté (qui a autorisé ça ?) ne facilite pas les choses, pas plus que la perte du matériel du groupe l'obligeant à jouer en quasi acoustique mais le résultat est là : on reste complétement béat devant la démonstration de force tranquille et de puissance délicate offerte par Jonsi et ses musiciens. Comme au Bataclan de Paris plus tôt cette année, le public repart aux anges après ce très beau moment, néanmoins beaucoup trop court...





Queens Of The Stone Age

Triomphe attendu pour les Queens Of The Stone Age sur la Grande Scène, avec un show best of particulièrement puissant et méchamment bien fichu... Dès le début de leur prestation façon " blitzkrieg heavy rock " - Feel Good Hit of the Summer, The Lost Art of Keeping a Secret, 3's & 7's, Sick, Sick, Sick, Misfit Love -, Josh Homme et son gang de mauvais garçons adeptes stakhanovistes du triptyque "sex and drugs and rock 'n roll" prennent leur public à la gorge, pour ne plus relâcher la pression jusqu'à la fin, laissant la foule exsangue, toute étourdie et avec une sévère envie de baiser dès que ce sera possible de le faire... L'enchainement infernal de titres faits de riffs tétanisants, de solos coupants, de rythmiques en acier trempé et de caresses vocales ultra sexuelles met tout le monde à genoux devant le répertoire de cet Homme décidément béni des dieux du rock 'n roll ! Qui existent, eux, c'est sûr, sinon comment expliquer la classe impériale de Josh H., bourreau des cœurs et des oreilles ? Peu souriant et communicatif, mais archi concentré et entouré par une dream team de musicos desperados, le leader des QOTSA porte l'estocade avec des saillies rock 'n roll aussi tranchantes que Monsters in the Parasol, Burn the Witch, Long Slow Goodbye, Little Sister, I Think I Lost My Headache et Go With the Flow, sans oublier les deux tubes que tout le monde connait par coeur No One Knows et A Song for the Dead, en final jouissif. Ce putain de groupe a encore de beaux jours devant lui !





Lcd Soundsystem

Passablement émoustillé par le set des Queens of The Stone Age, on se prend en plein dans l'entre jambes le furieux show d'un Lcd Soundsystem des grands jours... Et ce qui devait arriver arriva : on se retrouve avec une sorte de forte tension du corps caverneux ! Ce qui entraine un violent désir de faire l'amour en jean avec la jeune personne placée devant nous au milieu de la foule surexcitée du Parc de Saint-Cloud. James Murphy et sa troupe d'impeccables musiciens marqués au fer rouge par les Talking Heads, Bowie, The Fall et Daft Punk se chargent de jouer la bande son idéale pour faire l'amour en rythme. En préliminaires électro rock hystériques : Us v Them et Drunk Girls. Pour rentrer dans le vif du sujet : Get Innocuous, Daft Punk Is Playing At My House et All My Friends. Pour prolonger le plaisir : I Can Change, Tribulations et Movement. Pour jouir façon feu d'artifice d'onomatopées : Yeah, yeah, yeah ! Et enfin, un slow pour se remettre de ses émotions : New York, I Love You But You're Bringing Me Down, avec un court passage de Empire State of Mind de Jay Z... Comme lors du concert du groupe au Bataclan en mai 2010, on repart é - pui - sé et ra - vi ! Ce qui est tout à fait normal après cette séance de collé serré sur de l'élecro rock new yorkais, vous en conviendrez...






Jello Biafra

Après la pantalonnade des guignols de Blink 182 la veille – un groupe qui joue très mal ses très mauvais morceaux, merci pour la bonne rigolade et bon retour dans vos maisons de milliardaires ! –, place à un vrai final punk rock pour cette deuxième soirée : le concert supersonique, drolatique et maxi revendicatif de l'ex Dead Kennedys Jello Biafra avec son nouveau groupe, le bien nommé The Guantanamo School Of Medicine. Là on est à des années lumières du punk FM pour adolescents boutonneux se tirant sur la nouille à longueur de journée ; dès le premier morceau, on prend une décharge de heavy punk avec chant arrogant, chevrotant et acerbe circa 1977, à la Johnny Rotten. La rythmique basse/batterie cogne très fort, les guitares hurlent salement et Jello B. fait le pitre en racontant des choses vraies, vécues et bien senties sur le capitalisme, la guerre, la dictature de l'internet, la répression policière, la politique immobilière des grandes villes, Obama, Sarkozy and co. Il vomit avec délectation sur tout ce qui bouge, et ça fait vraiment du bien d'entendre ça ! Notre bien aimé président est trainé dans la boue et insulté à tire larigot à chaque intervention ; son comportement peu amène envers les Roms semblant énerver tout rouge même outre Atlantique, c'est dire ! Cerise sur la gâteau punk, Mr Biafra - roi du mime de ses textes et des poses débiles -, est un showman inné doublé d'un charismatique chanteur. Chacun de ses gestes ou mots est suivi attentivement par le public qui ne tarde pas à faire un remake de 77 avec force cris et pogos ayant pour conséquence un capharnaüm monstre devant la scène de L'Industrie. Les nouveaux titres, tendance punk avec quelques embardés hard rock, sont hyper virulents tout en bottant le cul dans les règles de l'art et la set list de rêve permet de prendre une bonne dose de Dead Kennedys en intra veineuse : California Uber Alles au début du set, Holiday in Cambodia et Too drunk To fuck en final et Let's Lynch the Landlord en rappel ! En digne fils spirituel d'Iggy Stooge, Jello Biafra semble inaltérable et indestructible ! Longue vie à lui !

Après cette mémorable journée à Rock en Seine, on peut rejoindre les bras de Morphée avec une nouvelle belle moisson de souvenirs musicaux en tête ! C'était simplement par – fait !






A lire également, le compte rendu de la journée du dimanche 29 août à Rock en Seine 2010 avec Arcade Fire, Roxy Music, Beirut, Eels et Wave Machines


Liens : www.rockenseine.com, www.myspace.com/rockenseine, www.qotsa.com, http://lcdsoundsystem.com, www.myspace.com/jellobiafraandthegsm, http://jonsi.com, www.myspace.com/martinatopleybird, www.myspace.com/twodoorcinemaclub.

Photos : Nicolas Joubard sauf QOTSA, Sylvere H.


 


Jonsi 


  5 étoiles
Jonsi + Glasser
le 7 juin 2010 - Le Bataclan, Paris (par Pierre Andrieu)
 

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