Critique de concert Rodolphe Burger + Marcel Kanche

Soirée classieuse à la Coopé avec Marcel Kanche et Rodolphe Burger, deux artistes français aux univers singuliers : jamais très loin de Serge Gainsbourg mais toujours à mille lieux des sentiers battus...

Marcel Kanche :
Le spectacle commence avec une heure de concert de Marcel Kanche et de ses excellents musiciens (chœurs, violon, violoncelle, guitare électrique... ). La noirceur du premier morceau – interprété au piano par Monsieur Kanche – a de quoi donner le tournis... L'auditeur hésite un instant à plonger dans l'océan de noirceur que les musiciens et leur leader créent de toutes pièces avec talent, avant de se laisser aller corps et âme dans cette musique étrangement rock, violemment sombre et ces textes sacrément bien écrits. La voix grave (qui évoque parfois Alain Bashung), les textes ultra désespérés et les arrangements minimalistes et originaux (entre rock et chanson habitée par des chœurs féminins envoutants) tranchent avec la chanson française d'aujourd'hui : c'est véritablement enivrant de se laisser submerger par les morceaux pleins d'aspérités et de vécu de Marcel Kanche. Et même si le chanteur fait mine de se pendre avec sa corde de guitare cassée, ça ne donne pas du tout envie d'en finir avec la vie. Au contraire ! C'est le désir de connaitre un peu mieux le monde poétique de cet auteur unique et intransigeant qui prévaut à la fin de ce concert très marquant.

Rodolphe Burger :
Quand Rodolphe Burger apparaît avec ses deux précieux musiciens (basse/machines et batterie), la soirée prend tout à coup une direction world/blues/rock. Armé de ses guitares délivrant des sons blues, noise ou planants, et de son micro, l'ex Kat Onoma démontre en un clin d'œil l'étendue de ses talents de guitariste et de chanteur. Les textes parlés - aussi corrosifs et philosophiques - évoquent d'une voix Gainsbourienne des sujets poétiquement ancrés dans le réel. Le road movie musical que propose Rodolphe Burger permet au public d'embarquer à destination d'un univers entre blues aride à la Ali Farka Touré, rock planant à la Kat Onoma et électro world stupéfiant... Au fil des morceaux, l'effet se révèle saisissant : impossible de décrocher une seule seconde, tant l'intensité des titres (majoritairement extraits du troublant album No Sport) ne se dément pas. Jusqu'à la fin du concert, avec en point d'orgue des rappels très réussis, le public reste délicieusement bloqué dans les atmosphères cultivées par un artiste en pleine possession de ses moyens de storyteller/chaman musical. C'est avec des étoiles plein les yeux, des rêves éveillés plein la tête et le sentiment prégnant d'avoir voyagé autour du globe que Rodolphe Burger laisse son public, aux anges.
Sites Internet : www.rodolpheburger.fr/, www.myspace.com/rodolpheburger, www.marcelkanche.com, www.lacoope.org.

Marcel Kanche :
Le spectacle commence avec une heure de concert de Marcel Kanche et de ses excellents musiciens (chœurs, violon, violoncelle, guitare électrique... ). La noirceur du premier morceau – interprété au piano par Monsieur Kanche – a de quoi donner le tournis... L'auditeur hésite un instant à plonger dans l'océan de noirceur que les musiciens et leur leader créent de toutes pièces avec talent, avant de se laisser aller corps et âme dans cette musique étrangement rock, violemment sombre et ces textes sacrément bien écrits. La voix grave (qui évoque parfois Alain Bashung), les textes ultra désespérés et les arrangements minimalistes et originaux (entre rock et chanson habitée par des chœurs féminins envoutants) tranchent avec la chanson française d'aujourd'hui : c'est véritablement enivrant de se laisser submerger par les morceaux pleins d'aspérités et de vécu de Marcel Kanche. Et même si le chanteur fait mine de se pendre avec sa corde de guitare cassée, ça ne donne pas du tout envie d'en finir avec la vie. Au contraire ! C'est le désir de connaitre un peu mieux le monde poétique de cet auteur unique et intransigeant qui prévaut à la fin de ce concert très marquant.

Rodolphe Burger :
Quand Rodolphe Burger apparaît avec ses deux précieux musiciens (basse/machines et batterie), la soirée prend tout à coup une direction world/blues/rock. Armé de ses guitares délivrant des sons blues, noise ou planants, et de son micro, l'ex Kat Onoma démontre en un clin d'œil l'étendue de ses talents de guitariste et de chanteur. Les textes parlés - aussi corrosifs et philosophiques - évoquent d'une voix Gainsbourienne des sujets poétiquement ancrés dans le réel. Le road movie musical que propose Rodolphe Burger permet au public d'embarquer à destination d'un univers entre blues aride à la Ali Farka Touré, rock planant à la Kat Onoma et électro world stupéfiant... Au fil des morceaux, l'effet se révèle saisissant : impossible de décrocher une seule seconde, tant l'intensité des titres (majoritairement extraits du troublant album No Sport) ne se dément pas. Jusqu'à la fin du concert, avec en point d'orgue des rappels très réussis, le public reste délicieusement bloqué dans les atmosphères cultivées par un artiste en pleine possession de ses moyens de storyteller/chaman musical. C'est avec des étoiles plein les yeux, des rêves éveillés plein la tête et le sentiment prégnant d'avoir voyagé autour du globe que Rodolphe Burger laisse son public, aux anges.
Sites Internet : www.rodolpheburger.fr/, www.myspace.com/rodolpheburger, www.marcelkanche.com, www.lacoope.org.
Signature : pierre andrieule 08/03/2008
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