Critique de concert S.S.M + Nation all dust

Ils repartent pour la Suisse dans leur mini bus blanc aux bas de portières rongées par la rouille; il est un peu plus de 02h00. Je les regarde partir dans la rue Ferrari alors qu'on vient de sortir par la porte de derrière de la Tasca, et je me dis : waow.
La route va être longue, c'est pas vraiment un "tour bus" dernier cri...
Mais ils s'en foutent pas mal. Ouais, ils s'en foutent, ce qui les intéresse, c'est autre chose. Jouer. Fort. Sourire. Beaucoup. Hurler la tête penchée en arrière les yeux un peu révulsés. Tous. Marty, le petit aux longs cheveux roux, Dave, le colosse hilare et John, l'ovni dépenaillé... Ou si on préfère, John Szymanski, Dave Shettler et Marty Morris, soit S.S.M, le trio américain le plus lourdement disjoncté qu'il m'a été donné de voir depuis longtemps. Mes oreilles sifflent encore (beaucoup), on s'est tapé dans le dos en sifflant des bières quand la nuit s'est mise à s'étirer, j'ai usé mon anglais claudiquant jusqu'à la corde à raconter des blagues françaises intraduisibles mais ça aussi, ils s'en foutent, ça les fait rire quand même, même mon briquet fantaisie acheté au colporteur d'un autre bistrot, qui s'allume par en dessous pour afficher une pétasse en soutien-george fleuri les amuse...
M.a.P, le chanteur de Nation All Dust s'en est bien mieux sorti que moi bien sûr... Lui, quand il raconte une blague en anglais, on rit pas de son inintelligibilité mais bel et bien de la blague elle-même. Et puis, il a encore des paillettes autour de l'oeil.

Parce que oui, il y a les gars de Nation All Dust aussi. Les trois. Le quatrième a disparu en cours de route. L'éternelle histoire du rock.
Et faut voir les trois Nation All Dust titubants s'esclaffer le long du comptoir avec les trois S.S.M titubants, tous ces gestes désordonnés, ces éclats de voix, ces pintes qui se vident et se re-remplissent aussi secs... Ouais, il est 02h00 et des poussières.
Après les gros orages, quand la pluie cesse, on est souvent planté dans un jean détrempé qui colle méchamment aux cuisses, le cheveu gouttant sur le nez des gouttes puantes, un frisson humide et froid dans le dos... Là, c'est un peu pareil. Mes oreilles vrombissent, je marche moyennement droit, et je suis un peu hagard.

Faut dire, ce double orage a été assez touffu. Nation All Dust a commencé à faire péter des éclairs dès le départ, avec un son énorme, et malgré quelques longueurs entre les titres (péter les planches juste à trois et pour la première fois à trois, ça nécessite forcément quelques ronds de jambe)tout y est passé : sauts vaudous, cassage de cordes, envolées de baguettes impromptues, blagues foireuses, et tout autour, tout le long, un enchaînement de hits imparables. On avait beau être moins de 100 (dédicace à tous les connos qui se sont dévidés le cortex devant leur télé ou pire, sur un strapontin du stade Vélodrome pour voir nos footballeurs millionnaires locaux prendre une énième grandiose dérouillée...)tout s'est envolé sans efforts, dans un mur de son maitrisé, plein d'élégance, de bavures et de clameur... C'est beau, c'est bon, c'est fort. Est-il encore besoin de dire que Nation All Dust est LE groupe d'indie-rock de Marseille ?

Bref, en parlant de mur, faut pas oublier qu'on est aussi venu voir des gars de Detroit. Ceux qui avalent des kilomètres à n'en plus finir collés les uns contre les autres dans un van pourri. Ceux qui jouent du power rock à trois, mais sans basse et avec des claviers. Ceux qui font partir la quasi-totalité de leurs compositions en vrille dans toutes les directions possibles, dans un vacarme assourdissant où ils s'autorisent des contre-chants impeccables, des choeurs à la tierce, des riffs troglodytiques sur une SG burinée, des roulements nonchalants à la puissance assommante, et des virevoltages de clavier qui entourbillonent ce rock lourd, méchant, foutraque, massif et metallique dans une vague surréaliste de gammes hallucinées...
Ouais, il est 02h00, et je commence à avoir un peu froid, alors j'essaie de marcher un peu plus vite mais putain, elle monte bien cette rue Ferrari ?... Trois. C'est peut-être le chiffre magique, trois, finalement. Pour faire décoller les planches. Pour faire rêver les filles. Pour faire boire les mecs plus que de raison. Pour faire rentrer les gens chez eux après 02h00, légèrement hagards.
Sacré putain de rock'n roll...
A la plaine, tout est vide, nu, froid et calme. Les supporters sont allés se coucher, vaguement déprimés. Certains doivent probablement se tabasser un peu plus bas, vers le port, dans des ruelles.
Moi, j'ai les oreilles qui vrombissent.
Sacré putain de rock'n roll.
Photos : Yoan-Loic Faure
La route va être longue, c'est pas vraiment un "tour bus" dernier cri...
Mais ils s'en foutent pas mal. Ouais, ils s'en foutent, ce qui les intéresse, c'est autre chose. Jouer. Fort. Sourire. Beaucoup. Hurler la tête penchée en arrière les yeux un peu révulsés. Tous. Marty, le petit aux longs cheveux roux, Dave, le colosse hilare et John, l'ovni dépenaillé... Ou si on préfère, John Szymanski, Dave Shettler et Marty Morris, soit S.S.M, le trio américain le plus lourdement disjoncté qu'il m'a été donné de voir depuis longtemps. Mes oreilles sifflent encore (beaucoup), on s'est tapé dans le dos en sifflant des bières quand la nuit s'est mise à s'étirer, j'ai usé mon anglais claudiquant jusqu'à la corde à raconter des blagues françaises intraduisibles mais ça aussi, ils s'en foutent, ça les fait rire quand même, même mon briquet fantaisie acheté au colporteur d'un autre bistrot, qui s'allume par en dessous pour afficher une pétasse en soutien-george fleuri les amuse...
M.a.P, le chanteur de Nation All Dust s'en est bien mieux sorti que moi bien sûr... Lui, quand il raconte une blague en anglais, on rit pas de son inintelligibilité mais bel et bien de la blague elle-même. Et puis, il a encore des paillettes autour de l'oeil.

Parce que oui, il y a les gars de Nation All Dust aussi. Les trois. Le quatrième a disparu en cours de route. L'éternelle histoire du rock.
Et faut voir les trois Nation All Dust titubants s'esclaffer le long du comptoir avec les trois S.S.M titubants, tous ces gestes désordonnés, ces éclats de voix, ces pintes qui se vident et se re-remplissent aussi secs... Ouais, il est 02h00 et des poussières.
Après les gros orages, quand la pluie cesse, on est souvent planté dans un jean détrempé qui colle méchamment aux cuisses, le cheveu gouttant sur le nez des gouttes puantes, un frisson humide et froid dans le dos... Là, c'est un peu pareil. Mes oreilles vrombissent, je marche moyennement droit, et je suis un peu hagard.

Faut dire, ce double orage a été assez touffu. Nation All Dust a commencé à faire péter des éclairs dès le départ, avec un son énorme, et malgré quelques longueurs entre les titres (péter les planches juste à trois et pour la première fois à trois, ça nécessite forcément quelques ronds de jambe)tout y est passé : sauts vaudous, cassage de cordes, envolées de baguettes impromptues, blagues foireuses, et tout autour, tout le long, un enchaînement de hits imparables. On avait beau être moins de 100 (dédicace à tous les connos qui se sont dévidés le cortex devant leur télé ou pire, sur un strapontin du stade Vélodrome pour voir nos footballeurs millionnaires locaux prendre une énième grandiose dérouillée...)tout s'est envolé sans efforts, dans un mur de son maitrisé, plein d'élégance, de bavures et de clameur... C'est beau, c'est bon, c'est fort. Est-il encore besoin de dire que Nation All Dust est LE groupe d'indie-rock de Marseille ?

Bref, en parlant de mur, faut pas oublier qu'on est aussi venu voir des gars de Detroit. Ceux qui avalent des kilomètres à n'en plus finir collés les uns contre les autres dans un van pourri. Ceux qui jouent du power rock à trois, mais sans basse et avec des claviers. Ceux qui font partir la quasi-totalité de leurs compositions en vrille dans toutes les directions possibles, dans un vacarme assourdissant où ils s'autorisent des contre-chants impeccables, des choeurs à la tierce, des riffs troglodytiques sur une SG burinée, des roulements nonchalants à la puissance assommante, et des virevoltages de clavier qui entourbillonent ce rock lourd, méchant, foutraque, massif et metallique dans une vague surréaliste de gammes hallucinées...
Ouais, il est 02h00, et je commence à avoir un peu froid, alors j'essaie de marcher un peu plus vite mais putain, elle monte bien cette rue Ferrari ?... Trois. C'est peut-être le chiffre magique, trois, finalement. Pour faire décoller les planches. Pour faire rêver les filles. Pour faire boire les mecs plus que de raison. Pour faire rentrer les gens chez eux après 02h00, légèrement hagards.
Sacré putain de rock'n roll...
A la plaine, tout est vide, nu, froid et calme. Les supporters sont allés se coucher, vaguement déprimés. Certains doivent probablement se tabasser un peu plus bas, vers le port, dans des ruelles.
Moi, j'ai les oreilles qui vrombissent.
Sacré putain de rock'n roll.
Photos : Yoan-Loic Faure
Signature : vaccuopilot
le 12/12/2007
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le 07 septembre 2007 - Poste a Galene - Marseille (par VaccuoPilot)
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