Critique de concert Saïan Supa Crew

« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes c’est celui de chacun » Vian
Je me livre à un exercice plus que périlleux… exprimer avec des mots un moment d’exaltation. Hum, oui, Saïan Supa Crew était en concert hier au Rockstore de Montpellier. J’ai largement tendance à me répéter quant à l’acoustique déplorable de ce lieu, les balances ont dû être longues… car le son est massif. A l’extérieur une queue de 15 mètres, à l’ouverture, le public est résolument jeune, enthousiaste et impatient…acquis au crew… Je n’en fais pas partie, bien que j’aime leur musique et leur énergie. Il va donc falloir me convaincre !!
Après une heure d’attente le dj du groupe s’installe devant ses platines et réclame du bruit pour le SSC ; l’engouement est immédiat le public s’époumone. Le noir se crée, la tension plombe le souffle des baffles et un à un ils arrivent. Chacun à leur manière, le regard suspendu à leur corps on s’évertue à ne pas perdre une seconde du spectacle, courbés, droits, cambrés, torturés leurs phases sont scéniquement intéressantes.
Et puis le décompte s’en suit, en rythme le public égrène le sablier…l’explosion…leur présence magnétise, leur énergie se déverse dans mon esprit cloqué, qui se débloque, accueille le stock d’ondes ubuesques !! Ils se présentent : « Bienvenus dans la zonarisk » et morcelle le public, trois camps, trois arrêts qui s’affrontent dans le hurlement de l’ovation…résolument il offre tout son son, son bruit, son instinct…C’est bestial et tellement naturel, jungle quoi. Ils surprennent dans le sens où leurs talents sont innombrables et parfaitement équilibrés entre les membres du groupe, le point commun reste leur propension à déboîter leurs physique, à rendre leurs membres indépendants… Ils dansent comme ils chantent (en français courant), avec leur respiration, leurs inflexions, leurs prononciations, tout se ressent dans leur corps même si parfois cela est chorégraphié. Si complexe Leur langage corporel est à déchiffrer. Hold up sur l’auditoire, ils nous sollicitent et exigent notre participation. L’immense majorité joue le jeu de façon absolue. L’engagement est loin d’être subtil : ho, ha, hé mais cela sonne, les rythmes vont immanquablement crescendo…on ne peut que se laisser porter par les drums des platines, je résiste mais plus pour longtemps. Surtout lorsqu’ils reviennent sur leur 1er album… tuerie !!
Soudain l’attention se focalise sur Leeroy, son discours est incisif, son articulation quasi parfaite, il slame, enchantant, le métronome dans les mots. Bien loin du rap merdique qui se déverse sur les télés (je ne vise personne lol) un poète du vers nouveau, je ne sais comment se gère l’écriture des lyrics mais la pertinence de leurs textes est indubitable. La reprise est assurée par Féfé, le chauffeur de salle, rôle attitré…il excelle dans la communication !!!
Les regards oscillent entre séduction et interrogation, ils partagent vraisemblablement la scène avec les gens venus là les écouter, les voir. L’entracte danse, si on estime qu’il y en a qu’une, intervient après la patte il me semble… le feat avec Will i.a.m de Black Eyed Peas..qui ne manque pas au Show !!! On profite de l’occasion pour enchaîner sur le concours de danse. Un gars, une fille du public qui assurent sur un sample de coupé décalé… je rigole, elle le hache le pauvre… la chaleur se perçoit sur leur front en suée… Le feceps s’agite… les regards salaces aussi..héhé…le sexy de l’histoire… Ils portent cela en eux, c’est visible et ils sont loin de le cacher…les yeux qui s’égarent dans le public, la fulgurance de la beauté, voilà la quête.
La voix ensoleillée de Sir Samuel éveille l’envie de se lover mais accentue la douleur des syntagmes… il féminise le crew, un atout indispensable, l’assoupli, révèle les nuances. Ses influences reggae métisse ce hip hop lourd et brut. On apprécie. Sur Rouge sang ou Angela ça n’est que plus vrai. L’harmonie devient possible, surtout lorsque Vicelow double son vibrant. Ce dernier pour moi évoque la basse, l’instrument du groove par excellence, ses qualités vocales subliment les chœurs, dans ses solos on perçoit l’excitation mais aussi la concentration, derrière ses petites lunettes on peut saisir à quel point son regard est à l’écoute des autres membres du crew…La complicité avec Féfé est éclatante, peut être due à leur travail sur OFX…
Puis tout le groupe quitte la scène à l’exception du dj qui solise, aux scratchs c’est un génie… bientôt relayé, ou éjecté par… Sly the mic Buddah… Alors là, pause, j’avoue je ne peux rien faire pour que vous compreniez… Le dieu du Human BeatBox !!! pull up !!! J’hallucine, je suis bluffée, j’exulte…il scratch, percussionne, harmonise, chante… avec son mic et ses cordes, j’entend les nodules qui vibrent…c’est plus qu’étonnant, épreuve de force, plus de 15 minutes de musique vocale, d’acoustique alors qu’on pressent des dizaines d’instruments. Hommage à lui !!! Je clamse quand il entonne Satisfaction. Mieux c’est impossible !!! Pas de fausse note… En écho, les heures, les jours, les années de travail !!
Quand tous remontent on stage... on est ressourcé, prêts à repartir… Originales, les filles hurlent, hystériques lorsqu’ils ondulent du bassin…drôle !! J’avoue je m’y met lorsque 96 degreez commence…souvenir du Zenith de Paris où le SSC a duetté avec Patrice. Retour aux rythmes créoles… Jacko : jump up, zouk, influence gwoka etc…on danse c’est sur…rememba Gwada !! Un plaisir !!!
Mais bientôt abasourdis on constate l’endormissement de SSC sur les planches du rockstore, couchés alors qu’une berceuse se fait entendre… ils nous quittent pour revenir, grisés par le « stomp » des pieds sur le sol, des cris, des applaudissements…un au revoir sous forme de rap déclamé. petite hésitation pour mister Pompom, le visage défait !!! T’inquiète tu assures déjà tellement ! (j’ai fini par me baisser et à participer !) J’aime !
La technique vocale est d’une rare précision, mais paraît presque innée, leur professionnalisme est explicite, un spectacle huilé, coulant, fluide, attrayant, rodé, implosif. L’énergie déployée est inestimable, et pourtant ils promettent un after-show en club et Sly signe de nombreux autographes ! Une vitalité aux sons inexprimables, métis, colorés. Le public montpelliérain number 1 , Le SSC meilleur live-performers de France. Une rencontre alchimique ! Les bémols : la frustration, la montée en acmé n’a pas été respectée, la fin nous ne nous y attendions pas ! Et l’agressivité de la production qui entache le naturel des artistes ! Cela reste un business nous l’avons compris !
Je me livre à un exercice plus que périlleux… exprimer avec des mots un moment d’exaltation. Hum, oui, Saïan Supa Crew était en concert hier au Rockstore de Montpellier. J’ai largement tendance à me répéter quant à l’acoustique déplorable de ce lieu, les balances ont dû être longues… car le son est massif. A l’extérieur une queue de 15 mètres, à l’ouverture, le public est résolument jeune, enthousiaste et impatient…acquis au crew… Je n’en fais pas partie, bien que j’aime leur musique et leur énergie. Il va donc falloir me convaincre !!
Après une heure d’attente le dj du groupe s’installe devant ses platines et réclame du bruit pour le SSC ; l’engouement est immédiat le public s’époumone. Le noir se crée, la tension plombe le souffle des baffles et un à un ils arrivent. Chacun à leur manière, le regard suspendu à leur corps on s’évertue à ne pas perdre une seconde du spectacle, courbés, droits, cambrés, torturés leurs phases sont scéniquement intéressantes.
Et puis le décompte s’en suit, en rythme le public égrène le sablier…l’explosion…leur présence magnétise, leur énergie se déverse dans mon esprit cloqué, qui se débloque, accueille le stock d’ondes ubuesques !! Ils se présentent : « Bienvenus dans la zonarisk » et morcelle le public, trois camps, trois arrêts qui s’affrontent dans le hurlement de l’ovation…résolument il offre tout son son, son bruit, son instinct…C’est bestial et tellement naturel, jungle quoi. Ils surprennent dans le sens où leurs talents sont innombrables et parfaitement équilibrés entre les membres du groupe, le point commun reste leur propension à déboîter leurs physique, à rendre leurs membres indépendants… Ils dansent comme ils chantent (en français courant), avec leur respiration, leurs inflexions, leurs prononciations, tout se ressent dans leur corps même si parfois cela est chorégraphié. Si complexe Leur langage corporel est à déchiffrer. Hold up sur l’auditoire, ils nous sollicitent et exigent notre participation. L’immense majorité joue le jeu de façon absolue. L’engagement est loin d’être subtil : ho, ha, hé mais cela sonne, les rythmes vont immanquablement crescendo…on ne peut que se laisser porter par les drums des platines, je résiste mais plus pour longtemps. Surtout lorsqu’ils reviennent sur leur 1er album… tuerie !!
Soudain l’attention se focalise sur Leeroy, son discours est incisif, son articulation quasi parfaite, il slame, enchantant, le métronome dans les mots. Bien loin du rap merdique qui se déverse sur les télés (je ne vise personne lol) un poète du vers nouveau, je ne sais comment se gère l’écriture des lyrics mais la pertinence de leurs textes est indubitable. La reprise est assurée par Féfé, le chauffeur de salle, rôle attitré…il excelle dans la communication !!!
Les regards oscillent entre séduction et interrogation, ils partagent vraisemblablement la scène avec les gens venus là les écouter, les voir. L’entracte danse, si on estime qu’il y en a qu’une, intervient après la patte il me semble… le feat avec Will i.a.m de Black Eyed Peas..qui ne manque pas au Show !!! On profite de l’occasion pour enchaîner sur le concours de danse. Un gars, une fille du public qui assurent sur un sample de coupé décalé… je rigole, elle le hache le pauvre… la chaleur se perçoit sur leur front en suée… Le feceps s’agite… les regards salaces aussi..héhé…le sexy de l’histoire… Ils portent cela en eux, c’est visible et ils sont loin de le cacher…les yeux qui s’égarent dans le public, la fulgurance de la beauté, voilà la quête.
La voix ensoleillée de Sir Samuel éveille l’envie de se lover mais accentue la douleur des syntagmes… il féminise le crew, un atout indispensable, l’assoupli, révèle les nuances. Ses influences reggae métisse ce hip hop lourd et brut. On apprécie. Sur Rouge sang ou Angela ça n’est que plus vrai. L’harmonie devient possible, surtout lorsque Vicelow double son vibrant. Ce dernier pour moi évoque la basse, l’instrument du groove par excellence, ses qualités vocales subliment les chœurs, dans ses solos on perçoit l’excitation mais aussi la concentration, derrière ses petites lunettes on peut saisir à quel point son regard est à l’écoute des autres membres du crew…La complicité avec Féfé est éclatante, peut être due à leur travail sur OFX…
Puis tout le groupe quitte la scène à l’exception du dj qui solise, aux scratchs c’est un génie… bientôt relayé, ou éjecté par… Sly the mic Buddah… Alors là, pause, j’avoue je ne peux rien faire pour que vous compreniez… Le dieu du Human BeatBox !!! pull up !!! J’hallucine, je suis bluffée, j’exulte…il scratch, percussionne, harmonise, chante… avec son mic et ses cordes, j’entend les nodules qui vibrent…c’est plus qu’étonnant, épreuve de force, plus de 15 minutes de musique vocale, d’acoustique alors qu’on pressent des dizaines d’instruments. Hommage à lui !!! Je clamse quand il entonne Satisfaction. Mieux c’est impossible !!! Pas de fausse note… En écho, les heures, les jours, les années de travail !!
Quand tous remontent on stage... on est ressourcé, prêts à repartir… Originales, les filles hurlent, hystériques lorsqu’ils ondulent du bassin…drôle !! J’avoue je m’y met lorsque 96 degreez commence…souvenir du Zenith de Paris où le SSC a duetté avec Patrice. Retour aux rythmes créoles… Jacko : jump up, zouk, influence gwoka etc…on danse c’est sur…rememba Gwada !! Un plaisir !!!
Mais bientôt abasourdis on constate l’endormissement de SSC sur les planches du rockstore, couchés alors qu’une berceuse se fait entendre… ils nous quittent pour revenir, grisés par le « stomp » des pieds sur le sol, des cris, des applaudissements…un au revoir sous forme de rap déclamé. petite hésitation pour mister Pompom, le visage défait !!! T’inquiète tu assures déjà tellement ! (j’ai fini par me baisser et à participer !) J’aime !
La technique vocale est d’une rare précision, mais paraît presque innée, leur professionnalisme est explicite, un spectacle huilé, coulant, fluide, attrayant, rodé, implosif. L’énergie déployée est inestimable, et pourtant ils promettent un after-show en club et Sly signe de nombreux autographes ! Une vitalité aux sons inexprimables, métis, colorés. Le public montpelliérain number 1 , Le SSC meilleur live-performers de France. Une rencontre alchimique ! Les bémols : la frustration, la montée en acmé n’a pas été respectée, la fin nous ne nous y attendions pas ! Et l’agressivité de la production qui entache le naturel des artistes ! Cela reste un business nous l’avons compris !
Signature : Oriana
le 15/04/2006

le 11-14 juillet - Festival de Dour (Belgique) (par M. Verriez)
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Lundi 28 mai 2012 : 9054 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD. 














