Critique de concert Sébastien Schuller + Bachelorette

Superbe retour sur scène pour Sébastien Schuller, avec un aussi planant que prenant concert de rentrée à La Machine du Moulin Rouge (excellente salle située juste à côté du fameux cabaret de Pigalle à Paris)... Désormais exilé aux Etats-Unis, le songwriter électro pop français a pu donner lors de ce show exceptionnel un très bel avant goût sur son futur album, avec une flopée de titres très électroniques joués avec trois acolytes parfaits (aux synthés et à la basse, à la batterie et, enfin, à la guitare, sur une poignée de morceaux pour ce dernier).
Après une très belle prestation de Bachelorette en ouverture (un set électro pop avec voix féminine aérienne, bidouillages électroniques atmosphériques, montées électro et parfois déluges de beats), Sébastien Schuller fait son apparition sur scène. Il est toujours aussi discret et antistar, bien planqué dernière sa casquette, ses machines et des éclairages très vaporeux. C'est parti pour un court mais envoutant voyage dans la psyché torturée de l'ultra sensible artiste ; le premier morceau donne le ton avec des enchevêtrements de son synthétiques célestes et l'absence de parties vocales. Le virage électronique est très clair, et fonctionne à plein (cf l'inédit Nightlife), force est de le constater. Surtout quand, par la suite, Mr Schuller se saisit discrètement de son micro pour placer des nappes de voix noyées d'écho et d'effets intersidéraux, ce qui évoque immanquablement à l'auditeur une sorte de chant des sirènes émanant d'une colonie de femmes poissons installée sur La Lune ou sur Mars.
Avec ses compositions magistralement atmosphériques et un choix d'arrangements proprement fascinants - presque garanti 100% non organiques -, Sébastien Schuller propulse immédiatement La Machine du Moulin Rouge (très bien remplie !) dans la voie lactée, les très belles projections sur écran géant de villes, d'autoroutes et d'aéroports américains la nuit (c'est beau une ville... bla bla bla) renforçant encore, s'il était besoin, le côté spatial de cette grand messe réservée exclusivement aux personnes aimant faire des rêves éveillés presque maladivement mélancoliques. Quel trip intégral ! Surtout que le préposé aux synthés/bassiste se met à délivrer des lignes de basse (justement... ) dignes de celles de Cure ou de Joy Division et New Order. Peter Hook sort de ce corps, je le veux ! Heu, non, en fait, c'est très bien comme ça... Le mélange entre l'électro pop élégiaque, la cold wave sombre, le trip hop froid à la Massive Attack et le chant émouvant d'un ange se poignardant le cœur est tout bonnement jubilatoire. Pour les personnes heureuses d'être légèrement tristes l'espace d'un concert, bien évidemment...

Après une courte pause pour permettre au maitre de cérémonie de reprendre briévement ses esprits, le rappel vient confirmer le statut à part de ce concert événement : Sébastien Shuller y interprète avec maestria son tube Weeping Willow au milieu de titres à tomber à la renverse de bonheur. C'est juste magique, merci pour les émotions Monsieur ! Et à très bientôt, espérons-le...
Liens : www.myspace.com/sebastienschuller, http://sebastienschuller.com, www.myspace.com/bachelorettepop, www.lamachinedumoulinrouge.com.
Photos du concert : Flore-Anne Roth www.floreanneroth.com
Signature : pierre andrieule 16/09/2010
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Photographe : flore-anne roth
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le 21 septembre 2005 - Poste à Galène - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 21 septembre 2005 - Poste à Galène – Marseille (par @nnie)
La Machine du Moulin Rouge, Paris
le 9 novembre 2011 - La Machine du Moulin Rouge, Paris (par Stéphane Pinguet)
le 25 juin 2011 - Loges de la Machine du Moulin Rouge, Paris (par Lebonair)
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